samedi 15 novembre 2014

Blanche De Castille, c'est fini ?

Voilà un bon bout de temps que j'ai déserté mon blog. Manque d'envie, d'intérêt, d'inspiration ? Mon énergie s'est focalisée ailleurs ces derniers temps, et un nouveau projet tout beau va naitre dans quelques jours, sous le nom de "Baila Blanca" : Blanche De Castille s'hispanise ! Pour en suivre les nouvelles aventures, allez voir par là : http://tangomioandco.com/

Je vous y verrai ?
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samedi 16 août 2014

Impromptu

Les terrasses étaient bondées ce jeudi-soir là. Il faisait doux et on ressentait parfois des bourrasques d'air chaud, rappelant la journée estivale qui se terminait. Rires, verres qui s'entrechoquaient, discussions animées : l'ambiance était aux vacances, à l'insouciance, à la joie. 
Après avoir badiné avec le serveur, je sirotais un verre en discutant avec l'ami que j'avais rejoint. Nous parlions de voyages, de découvertes, de passions. Nous nous évadions dans les mots, les souvenirs, les rêves. Deuxième verre. J'aime la légèreté qu'apporte l'été. La discussion s'animait, passionnante, et rien n'aurait pu nous arrêter que cette lente complainte qui s'echappa soudain de l'accordeon d'un musicien des rues. Un tango. Je rougissait de plaisir et le vin me montait aux joues. "Tu sais, je serais capable, là, maintenant, de danser. Après tout, on ne sait pas quand on redansera ensemble, puisque tu pars vivre à l'etranger dans quelques jours" dis-je, joueuse, taquine. Une gorgée de vin, et je le vois se lever, un sourire aux lèvres. "Allons-y". Je m'illumine, je n'ecoute pas la peur qui essaye de paralyser mes jambes. Il doit y avoir des centaines de gens attablés dans cette rue piétonne. Je confie mon sac à main à de parfaits inconnus, et je vole presque jusqu'à ses bras. Nous sommes au milieu de la rue, face à l'accordeonniste. Je l'imagine surpris et souriant. Je ferme les yeux, je prends une grande inspiration, et mon ami m'entraine sur la musique. En une seconde, je suis ailleurs, transportée dans le temps et l'espace. J'ai l'impression que mes pieds touchent à peine le sol, seul compte cet embrasement dans ma poitrine, cette joie pure de danser. Je ne pense même pas à tous ces gens qui doivent nous regarder. Je suis en sandales, sans doute je vais glisser. Mais peu importe. Seul compte cet instant suspendu, cet accordéon qui guide nos pas, ce danseur qui me fait virevolter avec tant de douceur et de précision. Je ne pense plus à rien. Cela n'etait pas arrivé depuis longtemps. Je m'apaise, tout mon corps respire. Je me souviens alors de la magie du tango, cette magie que je croyais perdue depuis quelques temps. Cette magie qui nous permet d'être dans l'instant, d'effacer tout le reste. Il n'y a pas d'avant ni d'après, juste un maintenant. Ces quelques minutes valent toutes les souffrances, les humiliations, les doutes, la douleur qu'engendre le tango. 
La musique se tait, je vacille presque. On nous applaudit, merci, merci. Nous retournons nous asseoir en pouffant, notre conversation reprend, en même temps que des dizaines d'autres. L'instant est passé, fugace, puissant, inoubliable. 

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mardi 6 mai 2014

Je suis riche !

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Je regardais les photos de Buenos aires d'une copine blogueuse et beaucoup d'endroits m'étaient familiers. Un peu nostalgique, je me suis replongée dans mes propres photos, puis dans mes carnets, puis j'ai écouté toutes ces chansons que j'ai découvertes là-bas. Peu à peu j'ai dérivé sur tous les souvenirs des moments forts que j'ai vécus, toutes les découvertes, les émotions qui m'ont nourrie et enthousiasmée, celles qui m'ont assombries et rendues triste. Toutes ces choses qui m'ont fait grandir, à leur manière. J'ai repassé dans ma mémoire les visages de tous les gens que j'ai laissé derrière moi. Combien d'entre eux reverrai-je? Voyager pousse à s'ouvrir, à expérimenter, à oser. J'avais fait ce constat en Inde. On se découvre une multitude de facettes, de ressources. J'ai découvert que plus j'aime, plus je suis capable d'aimer. Ces gens que je ne verrai peut-être plus pour la plupart, ils m'habitent tous, ils sont dans mon cœur, ils m'ont accompagnée sur un bout de chemin, même très court, et ils font entièrement partie de moi. J'ai parfois, dans des moments de doutes ou d'incertitude, des reminiscences de regards, de sourires, qui me réconfortent et m'apaisent. Je ne vis plus parmi eux aujourd'hui, mais j'ai eu la chance d'y être pour un moment. Ils appartiennent au passé bien sûr, mais me voilà tellement riche ! Ces centaines de gens qui ont traversé ma vie depuis toujours, mais encore plus depuis bientôt deux ans, c'est à en avoir le tournis. Je suis si riche ! Riche d'experiences, de souvenirs d'instants délicieux, de fêtes, de joies et de rires. Je suis riche d'amities pures, bienveillantes. C'est parfois dur d'etre loin, dur d'apprendre qu'une très bonne amie au bout du monde va mal et que je ne peux rien faire. Comment gérer tout cela, gérer les manques, accepter aussi que je vis une nouvelle aventure et que des rencontres magnifiques m'attendent encore, des découvertes incroyables, des regards à couper le souffle, des lumières du couchant inspirantes, des mélodies à fredonner, des lieux à habiter? C'est comme lorsqu'on quitte les bras d'un danseur avec qui on a partagé un moment si intense qu'on a l'impression qu'on ne vivra jamais quelque chose d'aussi fort. Pourtant c'est faux. Toutes les danseuses le savent.... 
Je repense à tout ce que j'ai vécu, cela m'anime tous les jours, et pourtant semble si loin, diaphane, impalpable. Est-ce que tout cela a réellement existé? 

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mardi 29 avril 2014

Une conférence passionnante

Il y a un an je découvrais tout un monde à Auroville. Spiritualité, modes de vie, d’éducation et d’économie alternatifs, j’ai été confrontée chaque jour à la nécessité de changer ma façon de fonctionner, ma manière de penser à l’occidentale sur de nombreux sujets (l’Inde en général m’a bien aidée à cela d’ailleurs, même si je déplore qu’on retombe malheureusement assez vite dans certains travers).  Ce monde m’a fascinée, m’a ressourcée et m’a fait découvrir un champ des possibles intérieur (mais aussi extérieur) très vaste. J’y ai fait de belles et intéressantes rencontres. Un peu plus tard, je suis allée faire une retraite silencieuse dans un monastère zen, dans les montagnes. C’était un moment de suspend très intense. J’y ai découvert Eckhart Tollé, entre autres, qui m’a aidée à comprendre plus finement certains comportements ou réactions que je pouvais avoir, et m’a donné des clés pour vivre en meilleure conscience dans l’instant présent. Cela poursuivait le travail entamé à Auroville. Revenir à une réalité plus ancrée dans le monde m’a un peu éloignée de tout cela mais je m’efforce d’y revenir, le plus possible. C’est pourquoi il y a un mois, lorsqu’on m’a parlé de l’évènement que les éditions qui publient des auteurs comme E. Tollé (ed. Ariane) organisaient à Toulouse, derrière chez moi ou presque, autour des nouveaux paradigmes socio-économiques d’une part, avec des intervenants qui font partie de ceux qui participent activement au changement de société (je pense à la géniale Antonella Verdiani et à son Education à la Joie, ou encore des représentants des Colibris) et d’autre part autour de la conscience nouvelle, j’ai vu un signe ! 

Des gens viennent de partout pour assister à ces journées de conférences et d’ateliers, pendant trois jours. Il va être question d'Auroville, mais aussi d'autres lieux et initiatives de gens qui souhaitaient proposer un mode de fonctionnement différent et des directions possibles aux changements majeurs de notre temps. Décryptage des changement de société et tentatives de construction du monde de demain, aujourd'hui, les magazines sur ces sujets se multiplient (We Demain, Clés, Happinez, Simple Things etc.) et ce genre d'évènement rassemble de plus en plus de personnes d'univers aussi différents que l'économie, la politique, l'éducation ... Cela s'annonce passionnant ! J’y vais sans autre attente que d’être étonnée. J'ai hâte de confronter cela à mon expérience aurovillienne...

Voilà ce qu'on en dit : Les nouveaux paradigmes sociaux et économiques

"Et si ce n'était pas une crise mais une mutation ? Si l'époque n'était pas qu'une longue chute ? Si ces gens, ces collectifs, qui inventent ici et là d'autres façons d'échanger, de produire, de consommer, d'habiter n'étaient pas des marginaux mais les vrais représentants de leur temps ? Face à ce que l'on appelle la crise, il se passe peut-être quelque chose. Quelque chose qui s'affirme au fil des mois mais peine à faire récit et à devenir visible..."  Libération - 14 septembre 2013

Nous sommes face à une transformation de la  civilisation mondiale ;  nous sommes en train d'aborder une nouvelle civilisation plus respectueuse de l'environnement et de la justice sociale, orientée vers des valeurs de VIE.
Cette transition n'est pas facile : nos institutions ont été programmées dans un objectif de croissance industrielle au détriment de l'humain. Comment s'orienter vers une société qui soutienne la Vie ? Des solutions existent : une  multitude d'initiatives commencent à construire des alternatives dans notre manière de penser, de vivre et d'agir. Des groupes s'organisent pour avancer ensemble dans cette direction.

Marc LUYCKX GHISI, auteur du livre "Surgissement d'un Nouveau Monde" (Ed. l'Harmattan,formé à la philosophie, à la théologie et aux sciences, fort d'une expérience incomparable de dix années à la Cellule de prospective de la Commission européenne, a choisi de réunir des intervenants engagés dans cette transition sociétale pour une journée de réflexion sur la transformation sociale et économique de notre civilisation. Il propose d'offrir aux participants des perspectives innovatrices dans ces différents domaines, et de projeter concrètement des solutions collectives d'un autre monde à bâtir.
Avec Philippe DERUDDER, Guibert DEL MARMOL (Lunt Foundation), Sophie RABHI (La Ferme des Enfants),  Cyril DION (Les Colibris) , Philippe DESBROSSES (L’Intelligence Verte), Thanh NGHIEM,  Antonella VERDIANI (L’Education à la joie),  Frédéric LALOUX, Marc LUYCKX GHISI, Patrice VAN EERSEL, journaliste.

Qu'en dites-vous ?
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mercredi 12 mars 2014

Venir de partout

J’étais l’autre soir à une milonga (bal de tango), ma première depuis Buenos Aires, ma première ici dans cette nouvelle ville. On me demandait d’où je venais. C’est une question simple, mais je me suis plusieurs fois retrouvée sotte et bredouille. Dire « Paris » serait réduire considérablement la chose, même si c’est un fait. J’ai plutôt cette étonnante sensation de venir de tous les endroits par lesquels je suis passée ces derniers temps. Lorsque je croise un indien, j’ai l’impression de retrouver un frère, si j’entends de l’espagnol, je suis transportée à Barcelone, à Buenos Aires. On se construit de toutes nos expériences, qui permettent d’explorer notre formidable capacité d’adaptation, de transformation, d’épanouissement de notre être. Chaque voyage, chaque rencontre, permet de développer une facette toujours différente, qui nous étoffe un peu plus chaque fois. C’est troublant. M’auriez-vous vu il y a deux semaines travailler à Florence, jamais vous n’auriez deviné que j’ai pu voyager dans la poussière indienne pendant un an, dans des conditions parfois plus que douteuses. Ce n’est pas non plus la même image que vous auriez de moi si je vous racontais les après-midi argentines à lézarder sous un rayon de soleil, à la terrasse d’un café, à écrire pendant des heures.

Ce sont comme des vies parallèles qui attendent chacune leur heure pour s’exprimer, s’épanouir. Et je me sens chez moi partout. Buenos Aires, Auroville, Barcelone, ce sont mes maisons. J’y retourne parfois en pensées, au détour d’une rue je m’y sens presque. C’est douloureux d’en être loin, mais en même temps quelle joie de savoir que ces lieux que j’aime tant existent et sont à ma portée…
Un ami me disait, avant mon départ en Argentine, que même là-bas je me sentirais un peu chez moi grâce au tango : les musiques sont les mêmes partout dans le monde, c’est comme retrouver un vieil ami, c’est doux et rassurant. Lorsque je suis entrée dans cette milonga l’autre jour, dès la première musique, j’ai été projetée des semaines, des mois en arrières. Des scènes me sont revenues, des visages, des sourires. Et j’ai eu confiance pour danser, forte de tous ces instants joyeux et intenses passés sur ces mêmes morceaux. 
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mercredi 5 mars 2014

Le manque


Il nous prend par surprise, lorsque l'on s’y attend le moins. Une baisse d’énergie, un découragement, de la fatigue. On pense à quelque chose d’anodin, et le manque nous frappe au visage. C’est un coup dans l’estomac, on a le souffle coupé, les larmes qui ne peuvent s’empêcher de couler. On se croyait fort, intouchable, on savait qu’on aller se reconstruire, avancer la tête haute. On s’en persuadait, on était fiers, on minimisait tous les sentiments qu’on pouvait avoir. On les reléguait loin. Mais on s’effondre à la moindre occasion. Un être nous manque alors qu’on se croyait au-dessus de cela, et notre fragile équilibre vole en éclats. Pour moi, c’était aujourd’hui devant une caissière exténuée qui n’en pouvait plus de sa journée et qui devrait encore supporter les bip-bip de sa caisse pendant plusieurs heures.

J’ai quitté Buenos Aires chamboulée, incapable de me rendre compte de ce qu’il m’arrivait. Une heure à peine avant l’arrivée de mon taxi pour l’aéroport, je prenais tranquillement mon petit-déjeuner dans mon salon de thé habituel, inconsciente. J’ai essayé de me focaliser sur mon départ pour un voyage professionnel à Florence moins de deux jours après mon arrivée à Paris. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir à ces deux mois que je venais de vivre, qui ont été un flot continu d’émotions, de rencontres, de découvertes. Je suis rentrée après cinq jours en Toscane, j’ai débarqué à Toulouse, cherché un appartement, me suis installée. J’ai encore une fois été à mille à l’heure, sans me reposer vraiment, ni le corps ni l’esprit. Aujourd’hui j’ai pris conscience que j’étais rentrée, que ma vie serait ici désormais, du moins pour les six prochains mois, et les milliers de kilomètres qui me séparent de l’Argentine et de gens que j’aime se sont faits sentir. Ca a été une gifle. Je me suis effondrée. Le souvenir d’un regard, l’écho d’un rire qui résonne dans mon oreille mais qui s’efface et bientôt tombera dans les méandres du souvenir, la sensation d’une caresse, la chaleur d’une embrassade, la présence réconfortante d’amis. Certains êtres ont laissé sur moi une trace indélébile. Tout semble se perdre déjà pour laisser place au neuf. Je ne veux pas de ce neuf, je veux garder cette chaleur confortable que j’ai connue, je veux poursuivre ce qui a été commencé. Mais je ne peux m’en saisir, cela s’étire, s’éloigne de moi. Je ne veux pas oublier, et je crois aussi que je ne veux pas qu’on m’oublie. Je repense à des moments doux, des conversations passionnantes, de la complicité. Je me repasse en boucle toutes ces choses que j’aurais voulu dire et que j’ai préféré garder. Toutes ces journées remplies de vie. J’essaye de ne pas avoir le regret de certaines choses, mais aujourd’hui cela m’a fouetté le visage avec une violence que je n’aurais jamais imaginée. Le manque. Le manque des êtres qu’on aime, le manque de ce qu’on a vécu, le manque des lieux, le manque de soi au passé, la crainte de ne plus jamais être heureux ou épanoui comme on a pu l’être. Pourtant, Buenos Aires ne m’a pas apporté que de la joie, au contraire.
Chaque phase exaltante de ma vie m’a fait passer par des moments de doutes, de désarroi, de tristesse. De détresse même. Et chaque fois, quelque chose de plus merveilleux est arrivé. Mais ce manque qui me tord le ventre, le manque d’un sourire, d’une voix, est-ce que ce manque-là va passer ? Est-ce qu’on se remet d’un tel manque viscéral ? J’ai l’impression que c’est incommensurable. J’essaye de reconstruire en pensées les visages, les lieux, la lumière. Mais cela ne fait que me rappeler que j’en suis loin, irrémédiablement trop loin.  Tous ces instants qui se dissipent, je les ai vécus en pleine conscience parce que je savais qu’il faudrait les conserver précieusement pour y voyager plus tard, et pourtant j’ai l’impression qu’ils appartiennent déjà à une autre. Je souffre du temps qui passe, des deuils successifs et inévitables de la vie. 

Je suis celle qui part, toujours. Mais je ne dois pas oublier que je suis aussi celle qui arrive. Ce matin je lisais : « Expériences, rencontres, sensations et souvenirs accumulés nous font baisser la vue mais enrichissent la vie ». J’ai grandi je crois, encore une fois, pendant ce voyage. Mais je n’en prends pas encore la mesure. Je dois accepter de laisser aller les choses et les êtres pour continuer à me construire. Mais c’est dur.

Lors d'une promenade dans les rues de Buenos Aires, la tête pleine de questions, je suis tombée sur cette phrase qui m'a aidée à trouver des réponses. Je devrais m'en saisir comme d'un adage...


Comment vous le gérez, vous, le manque ?
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samedi 22 février 2014

Être celle qui part, toujours




Etre en voyage a quelque chose de très excitant et désinhibant  Les pudeurs tombent, car on n'a pas le temps de s'embarrasser des bienséances et des convenances hbabituelles. On rencontre quelqu'un à l’aéroport  on se marre bien dans le taxi qu'on partage, et hop nous voilà a passer cinq jours de vie ensemble comme des amis de toujours alors qu'on ne se connaît ni d'Eve ni d'Adam, et que le sixième jour, on repartira chacun de son côté avec des souvenirs souvent extras et l'idée d'une rencontre surprenante. En voyage on peut se réinventer chaque matin. Pour ma part, j'ai déjà été présentée comme écrivain, cinéaste (je ne sais pas d'où ça sort), journaliste, danseuse, business woman, maîtresse d'école... Bref, vous donnez des bribes d'infos aux gens et ils vous collent parfois des étiquettes qui sont agréables car, si d'un côté elles limitent qui vous êtes, elles permettent aussi de vous ouvrir des portes. C'est ainsi qu'à Bombay je me suis retrouvée face a un producteur de Bollywood qui me demandait de lui écrire le sénario d'un film, entre autres choses complètement folles.

Les choses se font simplement, les masques tombent assez vite. On se plait : on reste ensemble. Quelque chose nous agace chez l'autre et on passe son chemin. On est finalement moins indulgent, moins patient que dans la vie quotidienne, dans nos relations. En ce qui me concerne, je préfère voyager seule que mal accompagnée. Ici je suis de passage, j'ai voyagé cinq jours sur sept semaines, ce qui m'a donné le temps de vraiment me sentir avoir un quotidien à Buenos Aires. J'ai rencontré des gens, comme je l'aurais fait à Toulouse ou Paris, je me suis fait des amis de qualité, des gens que je vais quitter avec beaucoup de tristesse demain, mais en même temps avec la joie d'avoir pu les rencontrer et faire un petit bout de vie avec eux. Lorsqu'on est ainsi de passage, on entre tel un ouragan dans la vie de gens pour qui ce qui nous parait extraordinaire fait partie de leur quotidien. Mais comme nous, voyageurs, nous sommes là pour une période très courte, on vit généralement (bon, je dois avouer que c'est mon cas, mais peut-être pas celui de tous les voyageurs ?) encore plus passionnément chaque chose, chaque jour, chaque rencontre. Tout se démultiplie, on fait sauter toutes les barrières, on veut tout dévorer.On se nourrit d'expériences incroyables, puis on refait son sac et on s'envole pour de nouvelles aventures, ou tout simplement on retourne vers notre propre quotidien, en tout cas on part. On quitte les gens dont on a investi la vie, qui nous ont fait une place dans leurs journées, leurs maisons, leurs cœurs. Trois personnes différentes hier m'ont demandé si je ne voulais pas rester un peu plus, et m'ont fait sentir que je les abandonnais et que j'étais responsable de ce départ qui allait laisser un vide dans leur vie. Bien sûr que j'aimerais rester, mais d'une part je ne peux pas éternellement voyager, j'ai d'autres choses passionnantes à accomplir de façon plus sédentaire, d'un autre côté, la saveur des rencontres serait certainement amoindrie si la date de départ était inconnue. Vous ne trouvez pas ? 

Et je me rends compte que depuis deux ans, je rencontre des gens formidables, qui m'aident à me construire, à faire mon chemin. Mais au final, c'est toujours moi qui pars. J'abandonne, de fait, les lieux et les gens, mais ils restent dans mon coeur, et je leur laisse une part de moi, et même si les aventures qui m'attendent toujours m'excitent, je souffre de dire au revoir...

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vendredi 14 février 2014

Ecoutez le silence !

Je suis dans un endroit ravissant à Buenos Aires, mon salon de thé préféré, caché dans un jardin, hors du temps. J’observe les gens qui m’entourent : que des couples, sans exception. Enfin, si, moi. J’aime passer du temps dans les cafés, à écrire. C’est un moment si privilégié. Alors que cela dérange tant de gens, j’adore déjeuner seule, passer des après-midi entière seule parmi la foule. J’observe, je détaille, mon esprit vagabonde. En ce jour des amoureux, je regarde autour de moi, confortablement installée sous un figuier dont les branches laissent filtrer quelques rayons de soleil qui me réchauffent, mon café à la main.
C’est drôle, un couple à table qui n’a rien  se dire. Aucun des deux n’assume cet instant de silence et l’embarras de chacun rend l’instant insupportable. On sent percer l’angoisse dans les regards, la fébrilité des mains, l’accélération des fourchettes. Alors qu’au fond c’est parfois bien agréable de ne rien dire, d’apprécier la présence de l’autre dans un silence partagé. Chacun regarde de son côté, très intensément, comme s’il avait vu la feuille de salade qui git dans la sauce de l’assiette faire soudain un dernier effort pour ne pas se noyer, ou qui espère que le verre vide, si on le regarde assez longtemps, va se remplir subitement tout seul. Un grain de beauté va attirer l’attention de façon alarmante, ou des fourches de cheveux vont soudain devenir la chose la plus importante au monde. J’ai expérimenté plusieurs cas de figure où l’autre tentait d’échapper à cette torture. Pourtant je n’envoie pas de signaux pour que le silence soit rompu, au contraire. J’ai déjà passé plusieurs heures de silence à regarder un ami dans les yeux, et à discuter ainsi sans mots, sans bruit, sans rien de convenu. Mais souvent, on tente par tous les moyens d’échapper de cette sellette où on a l’impression qu’on va périr en faisant faire périr d’ennui l’autre. Il y en a qui, pour ne plus entendre le bruit fracassant du silence, boivent verre sur verre et se demandent, en se couchant, pourquoi la tête leur tourne tant. D’autres posent les premières questions qui leur viennent en tête –et souvent, cela n’a ni queue ni tête et est complètement déconnecté de la situation, désarçonnant leur interlocuteur qui cherche à répondre à tout prix, à s’accrocher à cette perche salvatrice qui empêche le silence de s’installer et de remettre en cause les bases mêmes de la relation. Le plus facile est de s’embrasser. Le plus commun est de parler des autres qui les entourent. Le plus étrange est le clin d’œil : pour pallier à son mutisme, l’un des deux fait des clins d’œil, répétés si fréquemment qu’on se demande s’il n’a pas un problème. Ça m’est arrivé pendant tout un dîner, je vous assure que c’est étrange, et alors on ne peut pas se permettre de rire à gorge déployée, parce que l’autre est si timide que cela ne ferait que l’écrabouiller et le faire cligner des deux yeux ou s’enfuir en courant.  

Il y a une espèce de croyance qui veut que nous ayons toujours des discussions au restaurant, que nous fêtions la saint-valentin le 14 février, que nous soyons en famille à noël, que nous ne trempions pas nos tartines de pan con tomate dans du café con leche. Pourquoi doit-on se forcer à des choses qu’on ne ressent pas dans l’instant ? Ce midi, j’ai vraiment vu un couple d’amoureux qui semblait souffrir le martyre à chercher des sujets de discussion. Ça n'est pas grave ! C'est dur à accepter pour la plupart... Avec certains amis, il nous arrive de se dire excuse moi, mais ne parlons pas pendant quelques minutes. Et on est bien, ensemble.  Lorsque je suis bien dans un silence, souvent, il m’arrive de prendre une grande inspiration, pour faire entrer en moi tout ce silence partagé, pour l’épandre, le savourer dans un souffle. Mais c’est souvent pris pour un soupir, et l’autre en face, s’il ne sait apprécier ces instants et les considérer comme un partage plus fort que les mots, s’inquiète, se désole, panique. Du calme ! On n’a pas toujours besoin de remplir l’espace avec des mots ou du bruit ! Ecoutez ce silence, n’est-il pas merveilleux ? C’est ça l’amour, aussi…
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jeudi 13 février 2014

La traversee des nuages



L'avion perd de l'altitude, nous nous rapprochons des nuage. Ici, ils ont une allure cotonneuse et semblent palpables : j'aimerais soudain retrouver mon insouciance d'enfant et courir dessus, jouer comme seuls les enfants savent le faire. Des formes de distinguent et je me rappelle de ces longues après-midi passées allongée dans l'herbe à laisser mon imagination vagabonder sur les joues rebondies des nuages. Soudain nous les traversons et toute leur apparente consistance meringuée s'évanouit. On ne voit plus rien, nous sommes comme dans un entre-deux monde. On quitte presque immédiatement ces limbes et la terre s'offre à nous. Il n'y a que des arbres, a perte de vue. C'est magique, une forêt d'une immensité rare. On s'en approche, toujours un peu plus, et j'ai l'impression que la cime des arbres est à portée de main... La piste est invisible et on a l impression qu on va plonger dans ces décors verdoyants...



La prochaine fois je vous raconterai dans quel incroyable endroit j ai atterri...



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mardi 4 février 2014

La magie des voyages

S'installer quelque part, même pour quelques semaines seulement, entraîne inévitablement des habitudes. La boulangère, le pharmacien, le vendeur de journaux, le kiosque qui me recharge ma carte de téléphone ou la loterie qui me recharge ma carte de bus. Le portier, le café d'en bas, bref, même loin de chez soi et de sa "vraie vie", on se recrée un quotidien. C'est cela que j'aime lorsque je voyage. Encore hier un ami me disait "tu es bien partout où tu es!" C'est vrai, en partie. Je dois pouvoir me sentir chez moi, à chaque instant j dois pouvoir me dire "je pourrais poser mes valises et vivre là, prendre ce bus, aller travailler tous les jours". Finalement il me semble que c'est une question d'être bien avec soi, non? Je me souviens de l'an dernier à Noël, j'explosais car je ne trouvais plus ma place, le voyage ne répondait plus à ce que j'en attendais. Il aura fallu aller à Auroville pour retrouver du sens à je que je vivais.

Je l'ai déjà dit plusieurs fois je le sais bien, mais chaque jour cela m'interpelle. On rencontre donc des gens qui, sans nous connaître, entrent dans nos vies. Et on entre dans la leur! J'aime cela, cet intérêt pour les autres, ce soin même ténu. Il me semble qu'en France, à Paris du moins, les rapports sont bien plus froids et distants.
En Milonga, on rencontre énormément de monde sans connaître personne finalement, mais en même temps, on se recroise quasiment tous les soirs et je suis toujours surprise quand untel se souvient de choses que j'ai pu lui dire entre deux danses, il y a plusieurs jours. Cela glisse simplement. J'ai fait de jolies rencontres a Buenos aires, que cela soit dans le tango ou en dehors. Elles ont donné une couleur a ce voyage qui, comme mon périple indien, est un voyage initiatique qui me fait grandir, sur bien des aspects (il y a des embûches évidemment, des moments de doutes et de questionnements). J'ai recroisé ici des gens rencontrés à Paris, en Normandie, à Barcelone, en Inde. J'ai découvert avec des inconnus des connaissances communes et je me rend compte que le monde est très petit, tango ou pas. Après un mois à Buenos aires, passé à danser, me promener, découvrir lieux, nourriture et gens, je pars jeudi pour une dizaine de jours de voyage dans le nord argentin. J'ai hâte car cela me rappellera mon itinérance indienne, et en même temps j'ai cette boule au ventre de quitter le connu, défaire mes repères, m'en créer de nouveaux. C'est un mélange de crainte (ne pas savoir faire, me perdre...) mais surtout d'excitation, de l'imprévu, du nouveau. Me retrouver seule dans le silence de la forêt d’Iguaçu ou sur les routes rocheuses et colorées du nord-ouest, voilà une perspective qui m'enchante : lire, écrire, méditer... Cela me renvoie à mon séjour dans ce monastère zen du sud de l'Inde où j'ai passé du temps en juin dernier, ou encore cet endroit incroyable au Sri Lanka, il y a tout juste un an. Le monde a tant de choses à nous offrir, il y a tant de lieux qui nous attendent que cela donne le tournis !
Vous ne trouvez pas ?

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mardi 28 janvier 2014

Trois semaines, trois mois, trois ans...?

La perception du temps qui passe est étonnante parfois. Le temps court et s'étire, il semble jouer avec nous. J'ai l'impression d'être là depuis des lustres, mais à peine trois semaines se sont écoulées. Je me souviens il y a un an tout juste, je préparais mon voyage au Sri Lanka. J'étais affolée de devoir quitter l'inde, quitter Auroville que j'aimais tant. Je n'avais pas encore découvert le tango, qui a radicalement changé ma vie. Il y a un an, je voulais vivre en Inde, y trouver un stage puis un métier. Aujourd'hui je reve de Buenos aires. La vie est elle ainsi toujours faite de découvertes plus merveilleuses les unes que les autres? Je me sens chez moi ici, je peux m'imaginer y vivre. Mais n'est-ce pas ce qu'on se dit toujours lorsqu'on est en vacances dans un lieu qui nous plait? Pourtant je ne me sens pas en vacances, j'ai recréé un quotidien que j'aime, j'ai mes habitudes tout en restant ouverte, en m'offrant la possibilité de découvrir quotidiennement de nouvelles choses. Cette ville mélange le raffinement parisien, la vie nocturne barcelonaise, le chaos bombayite, la mixité stambouliote, la gastronomie toscane... Et tant d'autres choses! La ville draine des gens et des idées, je sens une ville a la personnalité a la fois ancrée dans sa personnalité mais en perpétuelle construction et mutation. Tout m'interpelle et me fascine, peut être que je m'enthousiasme pour peu de choses, mais je sens cette ville grouiller de créativité, de jeunesse, d'envie de devenir capitale du monde. Buenos aires a des choses merveilleuses a offrir, tant dans la beauté de certains bâtiments, l'heteroclisme de l'architecture, les rues aux trottoirs différents tous les 8 mètres, des anciennes rues pavées et arborées, on trouve des boutiques de tout, des gens chaleureux aux ascendances et histoires de famille plus incroyables les unes que les autres. Il y a un an, je disais que l'Amérique du sud, ce n'était pas pour moi, que je n'étais pas encore prête, que l'Inde était mon pays. Voilà un nouveau pays où je pourrais vivre, avec encore plus d'assurance. L'Inde est un pays dur pour une femme. Buenos aires n'est pas de tout repos mais tout semble possible...quelle autre destination me donnera encore envie de me diviser pour pouvoir vivre dans tous ces lieux que j'affectionne tant?!
Un stage passionnant m'attend en France. Sans lui, je poserais mes bagages, je crois...

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mardi 21 janvier 2014

Une soirée à la bougie

Je rentrais d'une longue journée faite de cours de tango et de promenades. Il était 20h, la journée avait étrangement commencé mais jamais je ne me serais attendue à la soirée qui allait suivre. En entrant dans la cuisine je suis tombée sur ma colocataire mexicaine en pleine préparation d'un diner excellent (elle étudie la gastronomie, c'est plutôt sympa d'avoir un tel cordon bleu a la maison!) et ma logeuse, très mal en point suite à un gros accident de voiture de la veille. Je voulais dormir un peu avant de partir danser. Mais je me suis installée là et n'ai pratiquement pas bougé de ma chaise jusqu'à 4h30 du matin. En discutant, l'envie de danser est retombée, et je pensais profiter de cette soirée pour avancer mon mémoire de fin d'études (à rendre dans 15 jours...). Mais une coupure d'électricité généralisée du quartier s'est déclenchée. Il faisait une chaleur incroyable malgré les ventilateurs grinçant, et lorsqu'ils se sont coupés, nous plongeant dans le silence qui accompagnait les ténèbres, nous en étions presque à nous allonger sur le carrelage de la cuisine pour avoir une sensation de fraîcheur. Bougies et lampes torches ont apporté un peu de lumière pour poursuivre joyeusement notre passionnante conversation. Notre logeuse était partie ailleurs dans là appartement et nous étions, ma colloc et moi, en train de tranquillement refaire le mode alors qu'on sentait l'angoisse monter dans le salon. Tout a coup ont surgit dans la cuisine des voisins en panique et six pompiers bottés et casqués. Dans l'ascenseur principal, qui donne dans le salon,étaient coincés un couple et un gros chien (l'ascenseur fait un mètre carré) au niveau de notre étage. Tout l'immeuble s'est donné rdv là, de nombreux corps aux visages quasi non identifiables dans l'obscurité on fait leur apparition.  Notre logeuse s'est armée d'une palette à coupe les gâteaux pour tenter d'ouvrir les portes de l'ascenseur (très vielle chose bringuebalante). Y aller n'aurait servi a rien, il étaient plus de dix la-bas. Ont défilé le portier, toujours très bien mis et qui s'est présenté en caleçon-chaussettes-tongs-débardeur, sa femme avec des bigoudis dans les cheveux et en petite tenue, une voisine argentine qui s'est mise à me parler dans un français impeccable et s'est avérée être la traductrice de J.L.Borges, le père de la jeune fille coincée, torse nu et en panique. Tout cela ajouté à l'état de l'appartement : la chambre que je loue était une sorte de remise où s'accumulaient des monceaux de choses qui stagnent dans le salon. C'était absolument improbable, digne de Ionesco. Nous deux, complètement déconnectées du chahut ambiant, demandant à chaque personne qui passait si on pouvait servir à quoi que ce soit là-bas, et distribuant des verres d'eau... Le comique de situation fut à son comble lorsque les rescapés ont enfin fait irruption avec le chien dans la cuisine plongée dans le noir. 
Apres toutes ces rencontres impromptues et ces émotions fortes, l'électricité est revenue et il a fallu gérer le besoin d'écoute et d'attention de nos logeurs, complètement traumatisés par leur accident après lequel ils ne sont pas allés en observation à l'hôpital (malgré des côtés cassées, des hématomes et des chocs sérieux à la tête). On a eu beau insister, impossible de leur faire accepter l'idée d'appeler une ambulance. Une chose est certaine : ma colloc et moi, on a de drôles de souvenirs en commun ! 
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jeudi 16 janvier 2014

Une jolie soirée au rythme d'un bandonéon

L'autre soir, un ami m'a emmenée dans un petit café a l'ancienne comme j'aime, où on passe de vieux vinyles aux pochettes écornées, sur une platine qui s'essouffle et rend un son un peu grailleux absolument délicieux. C'est un lieu sans prétention, où les serveurs sont gentils et souriants. Il y a un petit patio pour se rafraîchir lors de grosses chaleurs. Lorsqu'on va au fond du café  derrière un rideau noir, alors qu'on peut penser qu'il n'y a là que la réserve de bouteilles ou les poubelles, une salle de spectacle de dévoile! Il y a une petite scène avec un piano demi-queue, des tables en bois un peu partout sur les côtés, et le centre de la pièce est dégagé... Vous l'avez compris? C'est une salle de tango! Tous les lundis, il y a des cours de tango débutant, puis un concert gratuit et ensuite on peut danser. 

Le groupe qui jouait ce soir-là est un duo guitare-bandonéon qui avait invité un pianiste pour quelques morceaux. Le répertoire était principalement des reprises de Piazzola. Pour la petite histoire, apparemment Fernando Suarez Paz, célèbre violoniste de Piazzola,  a pas mal travaillé avec eux...


Je n'avais jamais vu un concert de tango, j'avais déjà dansé avec un orchestre en live seulement. C'était magique! Ils étaient passionnés, c'était beau de voir les regards qui s'échangeaient entre les musiciens, l'harmonie qui se dégageait, la parfaite entente. Moi qui pensais ne pas aimer ce compositeur, j'ai été très agréablement surprise. C'était entraînant, profond, superbe ! J'ai adoré. J'ai dansé un peu ensuite mais la piste était tellement minuscule que je suis vite partie pour une Milonga un peu plus grande!
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mardi 14 janvier 2014

Une semaine plus tard...

Voilà une semaine que je suis ici et pourtant j'ai l'impression encore une fois que le temps est élastique, distendu, sans prise. Je vis au jour le jour, au gré des rencontres et des envies. Je me passionne de chaque chose nouvelle, qui m'enchante et me désarme. Tout semble tellement similaire et pourtant diamétralement opposé à ce que nous connaissons ! Je ne me presse pas à visiter à tout prix, sillonner les rues un plan à la main, cocher les musées et les lieux touristiques vus. Non, je préfère marcher où mes pas me portent, m'installer à la terrasse d'un café et regarder la vie autour. Comme en Inde, comme à Barcelone, j'ai besoin de sentir que je vis là, que j'appartiens aux lieux où je suis. Je commence à créer du lien, d'abord avec le portier de mon immeuble, puis la boulangère, le serveur du café d'en bas, les chauffeurs de bus (j'ai déjà croisé le même plusieurs fois, qui se souvient de moi et me demande comment vont mes cours de tango !). J'ai une routine qui s'installe : je me suis inscrite à la piscine du quartier (ça fait un bien fou de nager dans la matinée, avant de sortir), je vais à mes cours de tango trois fois par semaine, je fais mes courses, je vais danser. Les gens sont bienveillants, heureux d'aider, comme ce pharmacien ce matin qui a fait des pieds et des mains pour me trouver un médecin homéopathe au plus vite, comme ce jeune homme épuisé qui a accepté de me faire des empañadas à minuit alors qu'il était en train de fermer son restaurant, les amis argentins ou français, rencontrés il y a peu pour certains et qui m'emmènent découvrir Buenos Aires, qui sont toujours prêts à aider, rendre service, et c'est très précieux. Je ne me sens pas seule malgré les 13000km qui me séparent de l'Europe. Je me sens bien.. J'ai un peu tiré sur la corde cette semaine, à sortir tous les soirs, mêler plein d'émotions diverses. J'en prends plein la vue, et je me compte me reposer un peu ces prochains jours, histoire de tenir le coup les six prochaines semaines.

Cette ville est fascinante, c'est un joyeux chaos qui ne dort jamais. Il y a des bus jour et nuit qui la traversent, des concerts, films ou pièces de théâtre à toute heure. Je trouve que c'est un heureux mélange de Paris et Barcelone. Certains quartiers me font penser à Saint-Germain des Prés, les petits cafés qui bordent les trottoirs ou sont abrités dans des jardins un peu cachés sont délicats et décorés avec un goût que je trouve très français. Pour ce qui est du mode de vie, c'est très barcelonais. Les rues sont complètement quadrillées, on mange tard, on vit la nuit, on joue énormément aux loteries, on peut négocier pas mal de choses, il n'y a pas de cohérence ou d'harmonie architecturale mais c'est ce qui rend les rues charmantes et sans équivalentes. On trouve des peintures murales qui sont de véritables œuvres d'art un peu partout, parfois dans des endroits improbables. Cela donne une identité intéressante aux lieux. Ce que j'aime surtout ici, c'est la lumière. Les journées sont longues, et le soleil est très lumineux, doré, caressant. Les rues sont très verdoyantes et il joue aux ombres chinoises. Je trouve les gens beaux, mélanges d'italiens, français, espagnols, mais aussi de péruviens, chiliens, boliviens. Cela donne des traits, des couleurs de peaux particulièrement intéressants. C'est un bien beau mélange qui reflète l'histoire de ce pays.

Je retrouve beaucoup de l'Inde aussi, dans le chaos. Au début, les grandes rues quadrillées de mon quartier me faisaient penser à Calcutta, mais peu à peu je rapproche plutôt Buenos Aires de Bombay. Si on lève la tête, on voit des fils électriques pendre un peu partout, les voitures n'en font qu'à leur tête, les bus n'ont aucun horaires, on trouve des vendeurs de rue, de la street food pour le petit déjeuner, des kiosques où l'on trouve de tout à n'importe quelle heure. Les trottoirs sont souvent défoncés (car chaque trottoir est à charge de l'immeuble, donc tous les 10 mètres, le trottoir change), les arbres ne sont pas taillés et des branches peuvent tomber sur les passants à n'importe quel moment...
Mais je sens une douceur de vivre, le plaisir de la bonne chair, des jolis lieux, des objets délicats. J'ai encore tant à découvrir, j'en trépigne de plaisir !

(voilà quelques photos en vrac, je n'en prends pas beaucoup, et presque jamais avec mon appareil, donc ça ne rend pas tout...mais ça peut donner une petite idée de tout ça ! )











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vendredi 10 janvier 2014

Milongas argentines

Je suis encore sortie hier soir, j'avais rdv avec un danseur rencontré dans une Milonga précédente (très important d'aller au milongas accompagner, sinon le risque de ne pas être invitée à danser est démultiplié!). Je suis arrivée là, il y avait une porte en fer sans rien écrit dessus mais d'où s'échappait une douce musique. Je suis rentrée, le cœur battant et la soirée aux lèvres comme chaque fois que je vais danser. Le lieu, comme les autres soirs, était vraiment chouette, très "underground", avec une ambiance chaude (il faisait même une température étouffante) et amicale. Très agréable ! Mon danseur n'était pas encore arrivé que je me suis faite inviter immédiatement, à peine mes chaussures attachées. Voilà une chose qui me surprend ici, c'est que je ne passe quasiment pas de temps sur ma chaise, je ne cesse de me faire inviter par des inconnus, alors qu'à Barcelone, bien que je connaisse du monde, je pense que je passais les moitiés de soirées assise. Il n'y avait aucun étranger, que des argentins, et je me suis sentie littéralement plongée dans les bajofondos  de Buenos aires. Je regardais ces couples tournoyer sur la piste, et j'avais presque les larmes aux yeux en me disant que j'y étais, dans cette ville qui ne dort jamais et qui est une sorte d'Eden aux yeux de milliers de danseurs dans le monde. Les gens sont ici très agréables, heureux de pouvoir baragouiner les mots de français qu'ils connaissent, bref, je suis aux anges ! Ce soir, je prends un cours avec un couple d'hommes, des maestros absolument incroyables, dont j'entends parler depuis des mois. Je les ai croisés au détour de la cuisine de la casa tango où je suis, tout simplement. J'aime cette proximité, cette façon d'intégrer le tango dans la vie quotidienne...
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mercredi 8 janvier 2014

Du tango a Buenos aires!

Cela devait arriver. Dés mon deuxième soir, je suis allée a une Milonga (bal de tango argentin) dans une casa tango du quartier de Palermo Hollywood, LE quartier branchouille de la ville (j'y vais aujourd'hui, j'en parlerai plus longuement).
J'avais peur de prendre une grande claque, car il faut bien avouer que je suis une très jeune danseuse de tango, et ici le niveau n'est pas celui de Barcelone... Mais en fait, le lieu était tellement chaleureux et amical, les gens simples et bienveillants, que finalement je ne suis quasiment pas restée assise. A un moment, il y a eu une "tanda social", c'est a dire 8 chansons qui se suivent et à chacune d'elle il faut changer de partenaire. C'est parfait car cela permet aux femmes d'inviter, et aux hommes parfois réticents a inviter des danseuses inconnues (c'est snob mais c'est ainsi malheureusement dans le tango) de "se mouiller un peu". Si c'est une catastrophe, pour l'un ou l'autre, cela ne dure que quelques minutes. J'ai découvert des danseurs extras, avec qui j'ai dansé par la suite. Je me suis vraiment amusée, et je suis bien heureuse que ma première sortie de tango de soit si bien passée, cela n'augure que du bon! Aujourd'hui, premier cours particulier. On verra ce que ça va donner...

Ah oui et ca y est, après l'incroyable pièce de bœuf, la tarte au queso y Jamon qui m'a plutôt rappelé une fondue savoyarde et m'a clouée plusieurs heures, j'ai enfin mangé mes premiers empanadas y cervesa! 

Source 1ère image : weheartit

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mardi 7 janvier 2014

Premier jour en Argentine !

Si j'avais prévu la chaleur, je n'avais certainement pas prévu la pluie. Il douche comme pendant la mousson de Bombay l'été dernier. Mais a l'inverse de l'Inde, ici il n'y a pas 50 centimètres d'eau au bout d'une heure. En tout cas pas encore! Mais malgré la grisaille, l'eau qui ruisselle dans mon cou et trempe mes jambes nues, je suis heureuse d'être là. J'aime la température de cette pluie d'été, l'odeur du goudron et de la terre détrempés, les feuilles qui boivent jusqu'à plus soif. Cela fait partie de l'été a Buenos Aires, et comme il fait presque 40 degrés, la pluie est très bienvenue. Protégée dans mon bus, je traverse la ville pour aller dans une maison de tango où réside un ami. Là, tous vivent au rythme du bandonéon. C'est une maison où chacun fait ce qu'il veut et où tous se retrouvent pour des moments de partage : tango, asado (gros barbecue où l'animal entier est cuit a la broche pendant des heures) et que sais-je encore. 

Qu'elle me paraît déjà loin, ma vie parisienne de ces dernières semaines! Je suis dans un autre hémisphère, a une autre saison, dans une autre culture. J'adore ca! Tout est nouveau et pourtant je me sens déjà d'ici. J'aime entendre l'espagnol chuintant des argentins, regarder les visages aux traits que je troue beau, observer les démarches, les façons d'être. J'ai déjà mangé une pièce de bœuf absolument incroyable, je reve d'empanadas pour mon prochain repas.... Bref, Je sens que je vais adorer l'argentine.

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