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jeudi 9 février 2012

L'enfer c'est les autres... Episode 4 : Les magasins

Que les blogueuses mode et beauté ne me conspuent pas ni ne me lapident trop vite. Soyez indulgentes: je déteste faire les magasins. Voilà, c’est dit. Il me semble que c’est une perte de temps, d’argent, de moral, d’énergie, bref, pour moi les magasins n’ont pas d’intérêt. Attention, je ne parle que magasins pour se vêtir, se chausser, se coiffer, se ganter, se vernir, se poudrer… bref, vous m’avez comprise. Mais bon, aujourd’hui, on ne peut plus se permettre de sortir sans rien sur le dos, et comme j’évite de mettre de trop vieilles fripes, il faut bien que je me force, de temps à autre, à aller « faire les magasins ».
Alors, parfois, je prends des forces, je me bourre de vitamines pendant deux jours, je booste mon moral et j’y vais. Je franchis la porte, et là c’est l’enfer. Les néons qui vous agressent, la musique violente et forte, des mastodontes pour vigiles, des tas de fringues partout. Je veux ressortir, mais je me dis que c’est nécessaire, pour ma survie sociale et professionnelle.
J’arrive dans les lieux maudits : et là, le désespoir me submerge. Des habits absolument partout, dont la moitié sera mal coupée pour moi, l’autre sera composée de pièces moches voire hideuses, chères, détestables. Mais si seulement on était seules face à ce malheur. Mais non. Il faut TOUJOURS qu’il y ait des gens autour de vous. Des gens (ou plutôt des nanas) qui vont prendre toute la place devant le portique de fringues, ne vous laissant aucune alternative que celle de poireauter bêtement derrière, en priant pour que cette petite robe bleue, la dernière, que vous avez vue de loin, ne plaise pas. Et dans ce cas, vous pouvez en être sûre : non seulement la fille va voir cette robe, mais en plus ça va être exactement sa taille, et elle la prendra d’un air satisfait et content de soi. Elle va se retourner, voir votre mine déconfite et vous lancer un méprisant « Pardon » marmonné parce qu’il ne faut surtout pas avoir l’air chaleureux, gentil, aimable, humain. Dans les magasins, tout le monde se déteste, personne ne se parle mais chacun détaille les autres de la tête aux pieds, cherchant la faille, trouvant des raisons de se dire « Moi, je vaux mieux qu’elle… »
Dans les magasins, les gens ne prennent soin de rien. Ils font tomber quelque chose, ils le laissent traîner dans la poussière. Si une ceinture se détache du vêtement, croyez-vous qu’ils vont la remettre ? J’ai acheté deux trucs pendant les soldes. En rentrant chez moi, je me suis apperçu que ces deux tuniques étaient supposées avoir une ceinture. Sympa.
Dans les magasins, les gens râlent en permanence, contre tout. Trop de queue, trop d’attente, ça m’ira jamais, c’est trop moche, j’en ai marre… On a le droit de connaître toute la vie de notre voisine de rayon, qui, soit parle dans son portable en hurlant, soit a réussi à entrainer une copine et lui parle en hurlant aussi. Il y a celles qui poussent, qui tirent, qui s’énervent, qui sont prêtes à tout pour avoir ce qu’elles ont repéré dans les mains, même si c’est un 38 et qu’elles font du 44.
Dans les magasins, on se sent traquée en permanence, on n’est jamais entièrement sereine. Du coup, on devient très sauvage, tout n’est plus qu’une question de survie. Et les autres, elles font pareil… On a le droit alors à une ménagerie incroyable, chacun s’aboyant presque dessus dès qu’il se passe quelque chose. Sans être violent ou insultant, mais insidieux et odieux : « Non mais allez-y, si vous dites que vous étiez avant moi, c’est bon…pfff les gens j’te jure, tout ça pour une place dans la queue quoi… », le tout accompagné d’un air blasé, d’un haussement de sourcils, d’un regard qui se perd dans le lointain (ou au rayon des bijoux, près de la caisse, là, on ne sait pas trop).
En fait, dans les magasins, on est tous, vraiment, un enfer ambulant. Nous-mêmes compris.
Je n’ai mis les pieds dans un magasin de fringues qu’une seule fois en plusieurs mois, alors je suis un peu rouillée, dites-moi, l’enfer des autres dans les magasins, pouvez-vous me rafraîchir la mémoire ? Et puis moi, j’ai trouvé une solution… le vide-dressing des copines. Ca, c’est bon.

Article écrit pour le blogzine So Busy Girls que vous pouvez retrouver ici

Source image : weheartit
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jeudi 2 février 2012

L’enfer c’est les autres… épisode 3 : le cinéma

J’allais samedi soir au cinéma avec une amie, et j’espérais que les gens seraient un peu plus civilisés que dans le métro bondé que je venais de quitter. Là, les voyageurs, tels des bœufs affolés, poussent, tirent, font les gros yeux, se crient dessus, critiquent, insultent, ignorent les autres et marchent sur tout le monde. Au cinéma (quelle idée aussi de vouloir aller sur les Champs…), les gens sont toujours les mêmes brutes égoïstes et pressées. Dès la queue, alors que nous arrivions en même temps qu’un couple à une borne, la fille a marmonné méchamment « Bon, allez ok, super, passe-moi devant je te dirais rien ! ». Je me suis tournée et lui ai dit « Ah, mais allez-y je vous en prie, il n’y a pas de problème », et je me suis éloignée. Surprise que je ne lui ai pas rétorqué une insulte ou applati mon poing sur son nez, l’homme, soudain soucieux de protéger sa belle, m’a aboyée dessus : « Mais c’est bon, laissez-nous le temps quoi ! » « Pas de problème monsieur je vous l’ai dit, je ne suis pas pressée, regardez, il y a une autre borne libre ». Je pense qu’il a mis du temps à se remettre de ma non-agressivité. Les gens vont se divertir au cinéma, et ils sont toujours aussi tendus, sur le qui-vive, comme si on allait leur voler leur place. D’ailleurs, devant les salles, personne ne se gêne pour vous passer devant impunément, en vous poussant grossièrement, pour avoir la place au milieu de la salle, au milieu de la rangée. Et arriver les premiers, pour être les conquérant de la salle. C’est très important pour eux.
Dans la file, on a aussi droit aux commentaires de ceux qui sortent d’une salle et descendent le film que vous allez voir. Il m’est aussi arrivé qu’une ouvreuse me dise que franchement, The Lady, c’est une bonne merde à la Besson. Merci, je viens de payer 10 euros pour entendre ça alors que je ne suis même pas encore assise. Salope.
Une fois passés les émois de la file d’attente pour les billets et celle pour entrer dans la salle, arrive le moment de regarder le film. Et là, vous regrettez déjà le canapé moelleux de votre salon, le silence qui règne tandis que vous vous régalez de ces images. Au cinéma, impossible de se régaler, les autres vous en empêchent par tous les moyens. Il y a ceux qui commentent absolument tout, et très fort, comme si vous n’étiez pas à 40 cm d’eux. Ceux-là sont insupportables parce que souvent, ils ne comprennent rien au film ou bien qui tentent d’y apporter une explication philosophico-quelque chose alors qu’on en est qu’au premier quart d’heure. Les autres, souvent, ce sont des jeunes filles qui pouffent à chaque scène un peu érotique, et les personnes agées qui se scandalisent de voir un bout de sein, et le font savoir à toute la salle. Lorsque je suis allée voir The Lady, j’ai eu droit, au fond de la salle, à un homme qui s’exclamait sans cesse « Putain ! » lorsqu’on voyait les massacres birmans, les émeutes… Désolée mon gars, si tu es sensible, il y a Mon Voisin Totoro dans la salle à côté. Dans l’éventail des bruyants, il y a aussi ceux qui respirent très fort, ceux qui reniflent en permanence, ceux qui sont pris d’une quinte de toux si forte que vous avez envie de les étrangler pour abréger leurs souffrances. Bien entendu, tous ces bruits incongrus ou ces discussions pénibles arrivent aux moments cruciaux du film, souvent aux moments tristes ou romantiques. Il y a aussi ceux qui ouvrent des paquets de biscuits, farfouillent longuement dans leur sac, mangent des pop-corn en faisant « schrounch, schrounch » et finissent de boire en faisant « hhhumaaa ». Parfois, on a de la chance car ceux-là nous offrent un rot bien immonde. Sans oublier les amoureux qui seraient prêts à faire un bébé devant vous, avec leurs baisers qui font un bruit de suscion bien désagréable. 
Après le son, les odeurs. Samedi, ma copine a eu droit à un monsieur incontinent à côté d’elle. Pourtant, ce n’était pas le genre de film à se faire pipi dessus… Parfois on a le droit à ceux qui enlèvent leurs chaussures, franchement je ne sais pas ce qui est pire. Certains mangent des choses abominables qui empestent, comme un bon vieux fromage, c’est une histoire vraie de la belette. On a la chance aussi d’être à côté d’un chanceux qui a marché dans une crotte, un gros bonhomme qui a couru pour être à l’heure, à une vieille dame sentant le renfermé, à un homme puant la bière et la vinasse, à une femme s’étant aspergée d’un parfum à la mode type Abercrombie et qui empeste les Champs-Elysées, il y a ceux, juste à côté de vous, qui tentent de vous parler mais ont une haleine si fétide que vous avez envie de partir en courant…
Au cinéma, il y a ceux qui sont toujours trop grands, et vous contraignent à voir le haut de leur crâne sur un bout de l’écran, ceux qui s’étalent et prennent trois sièges pour leurs manteaux, ceux qui téléphonent, fument, envoient des textos. Il y a ceux qui jettent leurs papiers et chewing gum par terre puisqu’une bonniche ramassera, n’est-ce pas ? Mais avant la bonniche, c’est vous qui passez et le chewing gum bien collant se retrouve sous votre chaussure, à votre grande joie.
Au cinéma, rien n’est jamais très joyeux, il y en a toujours un pour vous casser les pieds à chaque moment du film. Pénible, non ?


Source images : Weheartit

Cet article a été écrit dans le cadre du Webzine So busy Girls : retrouvez-le ici ! 
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jeudi 26 janvier 2012

L’enfer c’est les autres…épisode 2 : le supermarché


Le supermarché… lieu de désirs et de frustrations, d’énervements et de petits plaisirs coupables. C’est le lieu incontournable si vous voulez perdre du temps et sortir de vos gonds à tout instant. Aller chez le boucher, le maraicher, le poissonnier, le fromager, voilà qui est une promenade agréable, où vous rencontrez des gens fort sympatiques généralement, et avec qui vous pouvez discuter allègrement de la pluie et du beau temps. Mais encore faut-il en avoir le temps et les moyens. A défaut, vous vous retrouvez avec votre chariot dans les rayons encombrés, où vous faites 4 fois le tour du magasin parce que les petits pois ont encore changé de place, vous avez oublié quelque chose à l’autre bout du magasin… bref c’est l’enfer. Enfin, ça ne le serait pas trop, s’il n’y avait pas tous ces gens. On y serait seul, ça serait le paradis. Ne croyez pas que c’est une question d’horaires. J’ai presque tout essayé. Il m’arrive le matin, avant d’aller travailler, de m’arrêter au Franprix du coin pour réapprovisionner ma réserve de lait, sous mon bureau (j’en parlais là). Et bien, systématiquement, bien que le supermarché semble vide, lorsque j’émerge de mon rayon, un pack de lait à la main, il y a toujours (toujours !) au moins une femme qui est à la caisse et qui a fait ses courses pour la semaine.
Parce que oui, l’attente en caisse c’est insupportable mais c’est le jeu. Par contre, les gens y sont toujours infects. Parfois, ils oublient quelque chose et vous voient, misérable et pressée avec votre brique de soupe et vos deux pommes, vous demandent doucereusement s’ils peuvent aller chercher leur Boursin aux figues et noix qu’ils ont oublié. Pourquoi se sentent-ils obliger de le préciser ? Et vous proposeraient-ils de passer devant eux ? Quasiment jamais. Il y a ceux qui mettent un quart d’heure à ranger leurs courses dans des sacs de façon organisée, un sac pour les produits laitiers, un autre pour les fruits et légumes, un autre pour les gâteaux… c’est à n’en plus finir. La caissière et vous tentez de trouver du réconfort et de la compassion dans le regard l’une de l’autre.  Mais c’est peine perdue. Il y a encore ces personnes qui laissent leur caddie dans la queue et font leur course en revenant à la caise les bras chargés de victuailles et produits en tous genres, et lorsqu’ils ont fini, pratique : ils n’ont pas à faire la queue. Il y a ces gens aussi qui ne trouvent jamais leur monnaie, leur portefeuille, leur carte de fidélité. Il y a aussi ces charmantes dames qui demandent des comptes à la pauvre caissière désemparée : comment marche la carte, pourquoi on ne l’informe pas, quel est le quota de points, pourquoi cet article n’a pas comptabilisé plus de points que cela… ?
Je pense que le pire sont ces personnes qui ont cédé à de nombreuses pulsions et n’ont qu’une somme spécifique, en monnaie, à dépenser. Pas de carte bleue, pas de chéquier. Comme par magie. Arrivées au montant total, elles se rendent compte qu’elles n’ont pas les 57,40€ requis mais seulement 35. Alors s’ensuit une longue réflexion, quasi vitale : quels articles vais-je retirer ? Bien entendu, le caissier doit appeler son responsable, pour passer la carte magique permettant d’annuler les articles. Et vous perdez encore 20 minutes à la caisse. Merci, j’avais un RDV chez le dentiste dans 10 minutes.
Dans les supermarchés, outre toutes les tragédies énervantes des caisses, on a souvent le bonheur de trouver des caddies bourrés, lourds, qui entravent le passage. Ou pire : les poussettes. On n’ose pas les déplacer, de peur que la maman qui est 3 rayons plus loin, ne s’imagine qu’on essaye de lui voler son bébé, comme dans le film « Ensemble, c’est tout ». Il y a toujours des gens qui obstruent votre vision parce qu’ils lisent toutes les étiquettes DEVANT les produits : et ils vous forcent à prendre le gruyère rapé en vous contortionnant dans tous les sens parce que soit-disant ils ne vous voient pas galérer et demander de se pousser avec gentillesse. Oui, parce que les gens, dans les supermarchés, ils deviennent subitement sourds-muets et aveugles. Ils vous poussent sans soucis, ne vous entendent pas demander pardon mais lorsque vous vous énervez, leur surdité s’est tout à coup évaporée et leur gorge s’est éclaircie car, s’ils ne savent s’excuser pour passer en vous poussant, ils savent parfaitement vous incendier parce que vous vous énervez et êtes un sale jeune irrespectueux.
Après, il y a aussi toutes ces choses agaçantes comme les chewin-gum collants, noirs et dégoûtants, qui ornent le fond de votre panier, les yaourts planqués dans les rayons de conserves parce que le rayon frais était trop loin pour reposer les yaourts, du coup, ils vont être jetés à cause de la flemmardise de ce cher client, parce qu’il aura rompu la chaîne du froid. Il y a aussi ceux qui lâchent un pot de sauce tomate et partent en catimini du rayon, laissant là les traces de leur crime et de leur lâcheté. Il y a ceux qui tripotent tous les fruits de leurs doigts crasseux qui, quelques instants plus tôt, enserraient les barres du métro.
Bref, au supermarché, l’enfer, c’est franchement les autres, vous ne trouvez pas ? Et encore, je ne parle pas des malotrus qui empestent, qui vous draguent, qui vous roulent sur les pieds avec leur caddie, ni de ceux qui mangent des trucs et reposent le paquet vide dans les rayons, une fois les emplettes et la « pause goûter » achevées… et au supermarché, les gens font toujours la tronche.

Faire les courses sur Internet serait-il LA solution ?
Vous aussi, les gens vous horripilent au supermarché ? Que faites-vous pour passer votre rage ?

Source images : Weheartit

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jeudi 19 janvier 2012

L'enfer c'est les autres... Episode 1 : Les voisins


Ah, les voisins. Tout un programme : je pourrais écrire un livre dessus. Si je savais dessiner, je vous ferais des BD qui vous illustreraient parfaitement l’horreur que m’inspirent ces odieux personnages. Mais mon arme unique ce sont les mots, alors je vais essayer de l’utiliser pour vous en parler. J’en avais un peu parlé ici déjà.
J’ai grandi dans une maison à la campagne, dans un tout petit village où la 1ère boulangerie était à 4km, donc les voisins, on les entendait peu. Tout ce qui parvenait à nos oreilles, c’était le chant du coq le matin, les cloches de l’église en face, les parties de thé de la charmante vieille dame d’à-côté de temps à autre en été. Sinon, impossible de me souvenir d’un seul voisin méchant, odieux, bruyant, idiot, sale, irrespectueux. A croire que ces gens, à la campagne, ça n’existe pas. Nous vivions dans la quiétude et le silence, sans se rendre compte du trésor que nous avions là. Puis nous avons découvert les joies de vivre dans un appartement parisien. Et nous avons découvert les voisins, cette race jusque-là quasi inconnue. Des bébés qui pleurent, des enfants qui crient et tapent des pieds, des parents excédés qui hurlent sur leur odieuse progéniture… Lorsque j’ai quitté la vie familiale pour vivre seule ma vie d’étudiante dans le sud, j’ai découvert les joies encore plus intenses de la résidence étudiante. J’ai eu droit aux ébats quotidiens de mon voisin de gauche, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, à croire qu’il n’avait rien d’autre à faire  ce garçon, le voisin de droite qui mettait du rap comme s’il voulait revivre les vibrations sonores d’un concert, les fêtes tous les soirs de la semaine dans l’immeuble, jusqu’à 5h du matin… Bref, en prépa, j’ai appris à vivre avec des Boules Quiès continuellement. Chaque voisin que j’ai eu par la suite a été exécrable à sa manière : le sado-maso torturant sa partenaire au dessus, celui qui passait l’aspirateur très tôt le matin, celui qui permettait à tout l’immeuble d’entendre les infos du JT de 20h, ce couple qui se criait dessus à longueur de temps, ce bébé qui pleurait continuellement… Tous ces bruits me rendaient folle ! 
Et encore, tout ça, ça passe… je ne pensais pas en arriver là où je suis aujourd’hui. Je ne pensais pas vouloir un jour que ces êtres détestables se cassent le cou dans l’escalier, qu’ils meurent tous de la peste ou d’empoisonnement. Les sales voisins, lorsqu’ils montent l’escalier, on dirait qu’ils portent toute la misère du monde sur leurs épaules, et font boum boum boum à chaque marche (ceux qui font ça, soit 100% des gens de mon immeuble, et qui habitent le 5ème, je voudrais les égorger quand ils passent mon étage). Lorsque les sales voisins descendent, c’est pire car ils le font souvent en courant, et alors on a l’impression qu’un tremblement de terre se prépare. Je ne pensais pas qu’un jour j’aurais à sortir 4 fois par semaine, souvent en plein milieu de la nuit, pour demander à ces gens d’arrêter d’hurler sur le pallier, de baisser la musique parce qu’on n’est que mardi soir, qu’il est 4h et que je n’en peux plus d’être réveillée 10 fois par nuit à cause d’eux. Les Boules Quiès me direz-vous. Elles ne couvrent pas tout le bruit. Les voisins sont une race bizarre, on dirait qu’ils passent leur vie à faire la fête, inviter 20 personnes, monter et descendre les escaliers. C’est à croire qu’ils n’ont pas d’horaires de travail, pas besoin de sommeil, pas besoin de calme. Les voisines, elles font du bruit avec leurs talons parce qu’elles ne savent pas monter en n’utilisant que le devant du pied, elles parlent fort dans leur téléphone, elles mettent 3 minutes 27 à trouver leurs clés et, donc, elles font un boucan du diable en déballant l’intégralité de leur sac à main sur le sol. Les voisines, elles ont la sale manie d’oublier des affaires et de remonter 3 fois les chercher. Les voisines, elles ont aussi des énormes trousseaux de clé qui font beaucoup de bruit quand elles ouvrent leur porte. Et souvent, celles-là, elles ont deux ou trois verrous.
Derrière la façade d’un joli immeuble, il y a toujours des voisins. Un voisin, c’est carrément odieux, parce que ça ne sait pas qu’une porte peut se fermer sans être claquée violemment, qu’on ne déménage pas le dimanche à 7h du matin. Parce que quand ça déménage, un voisin, c’est toujours au mauvais moment : soit on dort, soit on lit, soit on médite. Un voisin qui déménage, ça hurle dans l’escalier, ça laisse les caisses devant votre porte, mais surtout ça croit qu’un canapé a quatre pattes et peut descendre tout seul les 4 étages, sans dommages.
Il y a aussi les voisins qui cuisinent beaucoup de viande avec de la margarine, et là, tous aux abris car ça sent pendant 3 jours. Il y a ceux qui fument dans la cage d’escalier, juste avant que vous ne sortiez (ils le font exprès c’est certain) et dont la fumée vous donne envie de vomir alors que votre journée commence à peine. Il y a ceux qui sentent mauvais, qui sont horribles quand on doit les croiser aux boites aux lettres, il y a les immondes qui ont des appartements qui sentent tellement fort le chien ou la cuisine que vous ne pouvez passer devant sans mettre votre écharpe sur le visage, et qui font empester l’étage pendant plusieurs jours dès qu’ils ouvrent leur porte. Et les chiens. Parlons-en. Un voisin qui se respecte a forcément un sale cabot qui va abboyer à longueur de temps, pour rien. Ces chiens qui se prennent pour des loups en pleine nuit et qui hurlent à la mort.
Il y a aussi les ragots et les surveillances que les voisins exercent : certains volent le courriers, d’autres regardent par l’œil de bœuf qui passe dans le couloir, d’autres encore, collent leur oreille contre un mur ou une porte… Des voisins, ça ne sympatise pas. En fait ça ne dit jamais bonjour si vous ne le dites pas en premier. Personne ne connaît la tête de son voisin de palier, pourtant nos intérieurs sont a quelques centimètres l’un de l’autre. Le voisin ami, c’est une légende. Ce sont des gens qui existent pour vous pourrir la vie, continuellement.
Je pourrais continuer des heures… ah, chers voisins, que je vous hais ! Venez donc tâter de mon couteau, je saurai vous recevoir proprement. 
Certaines nuits, je me dis que je vais arrêter de me battre, et mettre une bombe dans l’immeuble. Mais les voisins sont partout, alors je me dis aussi qu’il vaudrait mieux pour mon salut que j’aille élever des lamas au Pérou. Là-bas, les portes ne claquent pas : il n’y en a pas.


Cet article a été écrit dans le cadre du Webzine So busy Girls : retrouvez-le ici !

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jeudi 5 janvier 2012

L'enfer, c'est les autres


Même si Sartre est un ponte de la philosophie du XXème siècle, il n’y a franchement pas besoin d’être un grand penseur pour se rendre compte que franchement, l’enfer, c’est les autres. Où qu’on aille, quoi que nous fassions, où que nous allions, il y aura toujours quelqu’un pour souiller un lieu, polluer notre ouïe ou notre odorat, volontairement ou non. En pleine nature, dans la montagne népalaise, j’ai vu des sachets de chips Lays qui jonchaient le sol et s’amassaient dans les buissons, c’est pour vous dire !
Ca ne vous parle pas ? Lorsque vous êtes au cinéma ou dans le train (bref, un lieu d’où on ne peut pas s’évader facilement), et que vous avez envie d’hurler tellement l’haleine de votre voisin est fétide lorsqu’il ouvre la bouche par exemple. Ca m’est arrivé l’autre jour : 4h de TGV à côté d’un homme qui m’a presque donné envie d’utiliser le marteau brise-vitre pour me jeter du train. Tenir mon foulard sur la moitié de mon visage aurait paru suspect et déplacé, alors j’ai souffert le martyr en silence. Le pire ? Il avait marché dans une crotte de chien, mais, à la limite, c’était accessoire. Coincée contre la vitre, je ne pouvais même pas aller m’asseoir ailleurs car le train était comble.  
Une petite graine s’est insinuée en moi il y a quelques temps, depuis ce jour où j’ai compris : ma mère me demandait quelle phrase me caractériserait le mieux dans ma relation aux autres et j’ai répondu « tout ce que je veux, c’est qu’on me fiche la paix, j’irais élever des lamas sur une montagne si c’est ce qu’il faut pour avoir la tranquillité d’esprit et de corps à laquelle j’aspire » (drôle de la part de quelqu’un dont on disait, à 6 ans : « Quand Blanche arrive, c’est la fin de toute paix »).
Et peu à peu, cette graine a germé et je me rend compte à quel point les autres n’existent que pour nous pourrir la vie, la faire devenir un enfer. Si je vais dans un magasin, je n’ai PAS ENVIE que la vendeuse me saute dessus pour savoir si j’ai besoin d’aide : NON MERCI ; d’ailleurs, pour la peine, je ne vais même pas regarder ce que vous avez en rayon ma bonne dame, vous avez enfreint mon espace intime et je m’en vais. Lorsqu’en vacances je prends la voiture pour aller acheter une brioche parce que je ne peux pas y aller à pied et que la dernière aura été achetée juste devant mes yeux, et qu’en revenant un satané touriste a pris ma place de parking alors qu’il n’a rien à fiche ici parce qu’il y a des parkings spéciaux pour ces gens, « Ca m’fout en l’air ça m’fout en rogne » comme chante Rose dans Chez Moi.
Lorsque vous hélez un taxi et qu’une vieille dame vous fait des yeux de cocker pour le prendre à votre place et que vous devez attendre le prochain parce que vous êtes trop bonne, et bien cela me fait vraiment penser que l’enfer c’est les autres.
Mais l’enfer c’est aussi le regard des autres ! Pourquoi est-ce que quelqu’un a le culot de juger notre façon d’être ? Pourquoi devons-nous nous cantonner à être tout bien comme il faut ?!
Alors la graine a envie de devenir une plante maintenant, et me pousse à vouloir écrire sur toutes ces choses qui nous pourrissent insidieusement notre quotidien. Une petite chronique de « L’enfer c’est les autres » s’impose !

* Bien entendu, je sais que je suis aussi « les autres » pour tous les autres, donc je suis l’enfer de quelqu’un ! Ne vous choquez pas en tout cas, j’essaye de développer mon sens de l’humour !
Source images : Weheartit

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