Affichage des articles dont le libellé est Voyages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Voyages. Afficher tous les articles

mercredi 1 février 2012

Mon voyage quotidien en Asie

Tous les matin, je fais un petit tour en Asie. Non, je ne regarde plus ma super série japonaise trop cool Hana Yori Dango le matin, j'ai vu les 2 saisons au moins 3 fois, et des ados japonais le matin, c'est un peu violent (les japonnais, quand ils se disent des mots d'amour, on dirait qu'ils se crient dessus en se lançant les pires insultes du monde...)
Non, grâce à Lauren et à son blog superbe, je voyage au Cambodge, au Laos, en Thaïlande, au Vietnam. Avec son amoureux, elle est partie pour faire un tour du monde (j'en rêve !) et elle nous partage quotidiennement les magnifiques photos qu'elle prend : des paysages, des instants de vie. Ce sont comme des moments qu'elle nous offre, des atmosphères, des sensations. J'aime faire ce voyage dans l'espace tous les matins, avant de prendre mon bus dans la grisaille parisienne de cet hiver horriblement froid, me disant qu'à l'autre bout de la terre, le ciel est bleu, le soleil caresse et réchauffe les visages des pêcheurs de Mui Ne et de Phu Quoc, des enfants de Paksong et Champasak, des marchands de Phong Dien... Des noms exotiques, des gens beaux dans leur simplicité, des lieux magiques comme La Source des fées (les images sont magiques, j'en ai eu des larmes aux yeux, allez voir!), Hoi An, et tant d'autres encore. On voit des choses insolites, comme un mini cimetière au milieu d'une rizière, des arrosoirs géants pour les champs, des paysages totalement différents qui pourtant appartiennent au même pays, à la même région.
J'aime ces couleurs, on a presque l'impression de sentir l'air ambiant, parfois chaud, parfois humide... Un voyage de tous mes sens, même si mon corps reste bien ancré au coeur de Paris !

Je vous suggère d'y jeter un oeil, je pense que les photos et les aventure de ces "Two Traveling Birds" valent le détour et ne vous laisseront pas indifférents... On a l'impression d'être à leurs côtés dans ce périple magique, sur un petit coin du siège de leur scooter, sur un bout de banc des petits bateaux de pêche, sur un transat face à l'immensité de la mer...

Merci Lauren d'avoir permis que je parle de ton blog, que je puisse partager quelques unes de tes nombreuses photos qui me transportent tous les jours. Quand quelque chose nous fait du bien et nous rend simplement heureux, il faut le dire, non ?

(le choix des images a été très difficile tellement je les trouve toutes superbes, j'en aurais emprunté 150, mais le but est de vous donner envie d'aller toutes les voir... Merci Lauren ! )




Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 27 novembre 2011

J'ai oublié une partie de moi en Inde

Musique obsédante. Inde, Inde, Inde. Musique rassurante. Inde, Inde, Inde. Musique terrifiante.
Pas un jour ne passe sans que j'y pense. Que je m'y imagine. Que je ne revive les instants perdus, et pourtant vécus avec tant de difficultés. Avant de le découvrir, ce pays me paraissait être un mystère. Lorsque j'y suis allé, c'était un enfer, et maintenant que je n'y suis plus, c'est un Nirvana.. Serait-ce encore un sale tour de mon esprit, qui tourne les évènements de façon à dire "oh, ce n'était pas si terrible que ça " alors que là-bas, tout n'est que pauvreté, désolation et saleté ?
On m'avait prévenue : l'Inde est comme une poubelle géante. Oui, je l'ai constaté : les rues sont des dépotoirs puants. Et pourtant. Pourtant, là-bas, les préoccupations ne sont pas à l'hygiène excessive, mais elles sont de l'ordre du vital. Oubli du superflu : l'essentiel au coeur de l'important. Oui, là-bas, les gens sont pénibles parce qu'ils vous accostent dans la rue, veulent tout savoir de vous, sont curieux parfois de façon gênante pour nous occidentaux guindés. Et pourtant. Il doit y avoir des méchants comme partout, mais là-bas, je n'étais plus un visage parmi tant d'autres, une ombre errante parmi les ombres. Les gens sont humains, ils veulent rendre service, se sentir utiles et individuels. Enfin, je pense.
Là-bas, une heure après mon atterrissage, passée la bouffée de chaleur des 40°C à 7h30 du matin, passés les premiers émois d'être arrivée et d'avoir retrouvé mon amie, j'étais toute neuve. En une demi-journée, j'étais habituée à ce que je voyais autour de moi, des choses inimaginables ici, ou nulle part ailleurs en Occident. J'étais neuve de tout : tout est si différent que la comparaison avec le connu est impossible et impensable. Inutile. J'ai dépassé mes limites, je me suis découverte capable de beaucoup de choses, moi qui étant enfant avais peur de sortir seule dans la rue d'un quartier familial, j'ai fait des choses que je n'aurais jamais faites en France. L'Inde est un pays dangereux, terrible. Sans pitié. Et pourtant. On dirait le chaos sur terre et pourtant les lieux sont si beaux. C'est le pays des contrastes : un temple magnifique mais qui, de plus près, est jonché d'ordures dans les coins les plus improbables. C'est un pays qu'on aime et qu'on déteste, qui est attirant et repoussant, beau et répugnant.
Lorsque je me suis décidée à y aller, j'ai refusé de me cultiver sur l'Inde, sans bien savoir pourquoi. Je ne voulais avoir aucun repère, ne voir aucune photo, je ne voulais rien connaitre des lieux, des religions, des cultures, des légendes. Je connaissais géographiquement les grandes étapes de notre voyage : Delhi, Calcutta, Darjeeling, Katmandou, et une réserve naturelle quelque part au Népal. Le reste : je ne savais pas. J'y allais les yeux fermés et l'esprit grand ouvert, prête à accueillir. On m'avait raconté, 15 jours avant mon départ, que je ne devrais pas aller à Calcutta car des cadavres jonchaient les rues. J'ai refusé de vérifier. Et Calcutta s'est avéré être une ville des plus construites et civilisées des endroits que nous avons fréquentés. Même mon guide du routard, je ne l'ai pas ouvert. J'ai uniquement fait faire mon visa et les vaccins nécessaires, acheté mes billets, et j'ai attendu de rêver.
Sur place, tout n'était que cauchemar, comme je l'ai relaté dans de nombreux articles sur mon périple. Et pourtant, cet état de présence à soi et au monde me manque.

Maintenant, le besoin de me nourrir de l'histoire de ce pays se fait en moi. J'ai besoin de ne pas vivre uniquement dans mes photos et mes souvenirs embellis, mais de mieux savoir, mieux comprendre, mieux connaître.
Je regarde donc des films, comme Gandhi (que je vous recommande chaudement) et La route des Indes, je lis des livres comme "L'Inde en héritage" et "Histoire de mes assassins", et je suis des blogs, notamment celui de Chouyo, qui s'est installée à Bombay il y a 3 ans. A la lecture de ses billets, je me sens vivre auprès d'elle ces évènements qu'elle nous raconte si bien.
Je brûle d'y retourner. Je ne ressentirai peut-être plus jamais ça en y allant à nouveau, mais quelque chose en moi s'est passé là-bas. Un déclic, une découverte, une mise à nu. Et j'ai laissé une part de moi auprès de tous ces visages, tous ces paysages, tous ces voyages.

Source images : Blanche De Castille, droits réservés
Rendez-vous sur Hellocoton !

mercredi 10 août 2011

Episode 15 : Closed Nepal

Pour notre dernière journée au Népal avant de repartir le lendemain matin à Delhi, nous avions décidé d'aller un peu marcher dans la montagne (nous n'étions pas équipées pour faire du trekking). Nous nous sommes donc levées tôt et avons dû marcher jusqu'à la gare routière de Kathmandu : près de 45 min. Arrivées là, le choc : presque aucun bus. Où étaient les dizaines de bus vus la veille ? On a beau demander aux trois chauffeurs présents, tous nous répondent en riant qu'ils ne savent pas, et semblent baragouiner quelque chose d'où se dégagent les mots "Closed Nepal". Un chauffeur de taxi nous a vite repérées et ne nous a plus lâchées. Il a essayé de nous attirer vers son taxi, Chat et moi voyions notre sortie dans la montagne plombée. Chat cherchait une solution pour visiter autre chose mais il n'y avait plus grand chose à faire dans Kathmandu, et l'idée de rester bouquiner à l'hôtel était tentante mais c'était vraiment dommage de gaspiller un jour, surtout celui de la grande promenade en montagne. Je commençais à m'énerver à cause du chauffeur pressant et de la perspective du gâchis de cette dernière journée népalaise. Chat a été plus patiente. Finalement, nous avons décidé de payer le taxi pour aller là où nous avions prévu, à Nagarkot. Le chauffeur était aux anges, et une fois montées dans le taxi, il nous dit en anglais : "Bon, vous avez bien compris, en fait c'est Closed Nepal aujourd'hui, donc comme c'est dangereux de conduire, et bien la course est à 2500rp et pas 1500rp. " Là, mon sang ne fait qu'un tour. Non seulement, on doit prendre un taxi (environ 15 fois plus cher que le bus), mais en plus on nous roule dans la farine sous des prétextes vaseux ?! On a essayé de lui dire qu'il avait annoncé 1500 et que ça serait 1500 et pas une roupie de plus. Il n'a rien voulu entendre : je suis descendue du taxi. Non mais oh ! Il nous a rappelées en promettant que ça ne serait que 1500rp. Mais pendant toute l'heure du trajet, il nous l'a fait payer, et nous avons failli aller dans le fossé plusieurs fois. Il a même essayé, lorsqu'il nous a déposées à Nagarkot, de demander plus. Passons.

Nagarkot est un village situé à 2200m d'altitude : le plus haut point de la vallée de Kathmandu. Il parait qu'on peut y voir l'Everest. Comme à Darjeeling (voir épisode 8 ici) où il parait qu'on aurait dû voir l’Himalaya. Bien que nous ayons passé la journée à plisser les yeux, on n'a rien vu. Ce village nous a beaucoup impressionnées car il y avait bien 40 hôtels et de nombreux restaurants, tous tournés vers l'Everest (enfin, là où il parait qu'il est), mais il n'y avait pas un chat. Un village fantôme. Le Lonely Planet suggérait d'aller visiter le temple de Kali, au point culminant du village. Nous avons demandé plusieurs fois, car il n'y avait aucune indication nulle part, et il fallait gravir des routes raides. Peu de gens savaient ce qu'on cherchait. Ce temple est si planqué qu'il nous a fallu grimper presque avec les mains pour l'atteindre.
Lorsque nous l'avons trouvé, encore une bonne surprise : une petite maisonnette rouge de 4m², avec des détritus et des paquets de chips vides à l'intérieur. Pourquoi le Lonely Planet nous a indiqué cela, c'est un mystère. Nous nous sommes promenées dans ce triste village désert bourré de contradictions, d'échoppes et d'hôtels alors qu'il n'y avait pas un chat ni un rat. Peut-être étions-nous encore dans un village comme dans le Voyage de Chihiro ? (voir ici) Nous avons cherché longtemps un  endroit conseillé pour prendre un Chaï et déjeuner, histoire de nous donner des forces pour la looongue marche qui nous attendait (12km en fait, pour atteindre Changu Narayan, village avec un superbe Dubar Square paraissait-il).
Il y avait un Tea House qui avait l'air super. Nous y avons bu un très bon Chaï et avons lu tranquillement jusqu'à avoir bien faim pour commander un bon repas. La carte était géniale : tout faisait envie. Au moment de commander, l'homme nous dit qu'il ferme. Quoi ?! Seule explication : "Closed Nepal". Ne pouvait-il pas nous le dire lorsqu'on lui a dit qu'on déjeunerait ? On était alors affamées et on a dû chercher un autre restaurant qui n'avait pas l'air trop sale (rien d'autre n'était conseillé dans tout le village). On a fini par jeter notre dévolu sur un boui-boui collant mais sans insectes (question d'altitude, sans doute). Nous avons dû attendre une heure (je n'exagère pas) pour manger, pourtant nous avions commandé des choses très simples : riz avec une viande en sauce quelconque. La cuisinière était-elle allée tuer le poulet pour nous ?
Je pense que de tout mon voyage, ce repas a été le moins bon. Ce sont des choses qui arrivent ! Nous avons fini par nous décider à partir. Je n'avais envie que d'une chose : un Bounty. Alors nous en avons cherché dans toutes les échoppes, pour en trouver à prix d'or dans la dernière du village, avant de prendre la route. Je crois avoir savouré cette gourmandise sur 2km, et Chat a englouti le sien. Chacun sa façon d'apprécier, en tout cas nous étions bien heureuses.



Cette balade était magnifique, nous croisions quelques fois des fermes et des maisonnées. Nous avons vu des troupeaux, des rizières en escaliers, des paysans qui travaillaient dans la montagne. Nous avons croisé également des enfants qui jouaient, sortant de nulle part. Nous marchions un peu à l'aveuglette car personne ne comprenait "Changu Narayan" et il n'y avait aucune indication. Le bouquin nous indiquait 12km, mais on les a franchement dépassés. Quand les passants comprenaient ce qu'on cherchait, on nous disait " One hour" mais au bout d'une heure, toujours pas de temple ! On n'en pouvait plus, et le terrain n'était pas forcément plat mais souvent escarpé et en pentes montantes rudes. Les lieux étaient superbes, mais on n'avait presque plus d'eau, et on était surtout épuisées. Nous avons fait une grosse vingtaine de kilomètres (quand on n'a pas l'habitude, c'est un peu dur), pour arriver, enfin, au lieu promis. Mais on l'a fait ! Il commençait à faire un peu nuit quand nous sommes arrivées à l'entrée de ce petit village médiéval qui semblait fortifié (j'avoue que dans ma fatigue, j'ai surtout pensé à comment nous allions rentrer à Kathmandu). On était obligés de payer 100 roupies par personne pour entrer.

La jeune fille qui tenait le comptoir nous a demandé d'où on venait, comment on était venues, où on allait. Questions classiques. Elle et son amie ont été surprise d'apprendre tout le chemin qu'on avait fait à pied, et elle nous ont demandé si on voulait qu'elles nous conseille un hôtel où dormir. Heu...non, on rentre à Kathmandu ce soir, on a notre avion demain pour Delhi et on part à 7h de notre hôtel.
Nous avons eu droit à des rires et puis, plus sérieusement, à des " Closed Nepal " à tout bout de champ. On a essayé de se faire expliquer ce qu'il pouvait bien se passer aujourd'hui pour que le pays soit en si grosse grève. Deux trois badauds venaient se joindre à la conversation, ou plutôt à la moquerie de ces deux blanches échevelées qui ne comprennent rien.
On nous a expliqué qu'on n'aurait ni bus (on s'y attendait) ni taxi pour rentrer à Kathmandu ce soir. Un homme nous a dit qu'un de ses amis pouvait venir nous chercher en taxi mais il exigeait 3500 roupies. On a refusé, mais ils ont tous continué à nous pousser à accepter. Chat et moi avons commencé à sérieusement nous énerver, car ces gens essayaient de nous extorquer de l'argent, la nuit tombait, et nous étions à 10km de Bahktapur (voir ici) la ville la plus proche. Ils nous disaient "Bahktapur, impossible". Chat leur disait "Possible, I can walk!!". Ils n'ont trouvé qu'à se moquer sans chercher à réellement nous aider. Je me suis mise de côté, car j'étais si exténuée que j'aurais hurlé ou éclaté en sanglots. Ou les deux.


Nous avons tout de même payé et sommes allées voir le Dubar Square. J'ai essayé de me calmer en observant inlassablement chacun des quelques petits temples. Lorsque vraiment j'en ai eu marre, incapable de me concentrer et surtout d'apprécier cet endroit pour lequel nous avions eu une journée difficile, j'ai voulu rejoindre Chat. Introuvable. Des petites filles n'arrêtaient pas de me suivre et de me parler en me faisant des signes, mais dès que j'essayais de leur demander quoi que ce soit elles se moquaient. J'ai cherché Chat tranquillement puis avec de plus en plus d'angoisse. Elle n'était plus à Dubar Square. J'ai commencé à la chercher dans ce village inconnu, suivie des jumelles, et des artisans me disaient "your friend, here" sur mon passage. Je paniquais vraiment : je n'avais pas de téléphone où la joindre, elle avait le bouquin avec toutes les indications, j'avais tout notre argent. Et enfin je l'ai retrouvée. Elle était paniquée aussi, elle me cherchait. Mais je m'étais mise très en colère qu'elle parte sans moi (satanés nerfs : en fait, elle pensait que j'étais partie).



Lorsqu'on est sorties du village, ça a été le comble. J'ai compris que le taxi ne viendrait jamais, qu'il n'avait finalement pas été appelé. J'étais furieuse, et Chat et moi sommes parties à pied, fâchées à cause de la fatigue,  en direction de Bahktapur. Un jeune garçon en moto nous a vues, nous a demandé où nous allions et s'est un peu moqué de nous en l'apprenant, mais il nous a dit "get up, I take you to Bahktapur". Et nous voilà, à trois, sur la moto, traversant la campagne népalaise au coucher du soleil. Idyllique !
Ce charmant népalais nous a déposées à la porte d'un taxi qui nous a ramenées à l'hôtel en très peu de temps, et nous avons pu nous délasser de cette journée mouvementée devant un bon repas, en bouquinant et jouant au Bagh Chal (voir ici).




Au dessert, nous voulions quelque chose pour nous remonter le moral : du chocolat. On a commandé un brownie pour 2, et on nous a servi un immense bout sec comme de la pierre, une sorte de brique marron. Alors j'ai demandé un verre de lait (en priant pour qu'il ne soit pas infâme ou tourné, ou jaunâtre comme ici), et le serveur est venu me redemander 2 fois si je voulais un verre de lait, il me prenait pour une folle. Les 3 serveurs nous ont épiées pour essayer de comprendre ce qu'on faisait de ce verre de lait. C'était juste pour tremper le brownie, mais on a été prises pour des  demeurées. Ce qui nous a bien fait marrer !
Le lendemain, nous quittions le Népal pour retourner dans la fournaise indienne. Je vous raconterai un de ces jours l'aéroport, ça aussi c'est rigolo.
Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 6 août 2011

Episode 14 : Kathmandu partie 3 : Bahktapur, ambassade et autres joyeusetés

Le lendemain de la visite de Kathmandu était un lundi. Il me fallait absolument aller à l'ambassade indienne pour obtenir un droit de re-rentrer sur le territoire depuis le Népal. A 6 jours du départ pour la France depuis Delhi, j'avais pris un petit risque. Sur le chemin, dans des petites rues, nous avons constaté avec dégoût que nous étions passées par le quartier des "bouchers" : chaque échoppe vendait de la viande souvent verdâtre ou violette, plus ou moins sanguinolente, posée quasiment sur le sol (en réalité, sur des estrades en carrelage où les vendeurs étaient assis, mais c'était aussi sale que le sol). Les émanations étaient assez atroces, en tout cas dans mon souvenir, elles le sont !
Arrivées à l'ambassade après avoir marché près d'une heure sous un soleil de plomb à à peine 9h du matin, nous pensions être en avance, mais des dizaines de voyageurs étaient déjà là. C'était bien sympa car des jeunes hippies Israéliens jouaient de la guitare et chantaient ; ils avaient l'air habitués à la longue attente des ambassades.  Heureusement qu'on avait pris nos bouquins, car il a fallu près de 2h pour que je puisse avoir le droit de donner mon formulaire et payer. Il était près de 11h, il fallait revenir à 17h récupérer mon passeport. Chat n'avait pas besoin de ce tampon puisqu'elle avait un autre genre de visa indien que le mien.

Nous avions décidé d'aller à Bahktapur, une ville médiévale de la vallée de Kathmandu. Nous avons pris le bus (où je me suis violemment cognée au plafond, et où j'ai eu la grande joie d'avoir les genoux complètement enfoncés dans le dos du pauvre passager devant moi pendant 1h : quelle idée de faire des bus si petits !) et bien que nous ayons bien dit où nous allions au jeune contrôleur (là-bas, il y a toujours un homme à la portière des bus et des trams pour crier la direction du bus : les arrêts ne sont pas toujours bien indiqués, et il n'y a pas toujours de numéros aux bus, et pour faire payer les tickets, renseigner, assister le conducteur), il ne nous a pas du tout dit où nous arrêter et nous nous sommes retrouvées dans un coin perdu de Bahktapur, à l'opposée du centre historique. Nous avions très faim et soif, et on a marché de façon hasardeuse (puisque personne ne comprenait ce qu'on cherchait). Nous avons croisé des paysans qui battaient le blé, j'ai trouvé ça très beau. On ne voit pas ça chez nous. Nous avons traversé la ville complètement vide : on aurait dit une ville fantôme ! Enfin, nous sommes arrivées au Dubar Square (je parlais du Dubar Square de Kathmandu ici).

On s'est empressées de trouver un lieu où manger, et nous avons encore trouvé un ravissant restaurant caché, au milieu d'un jardin ombragé et joli. Les népalais sont très forts pour ça. Notre repas a été presque entièrement gâché par un curieux qui parlait français et voulait absolument nous convaincre de le prendre comme guide. Nous en débarrasser a été vraiment un combat !
Avant de visiter Dubar Square, nous avons pris un Kulfi maison (glace à la confiture de lait, qu'on peut trouver en France dans les très très bon restos indiens, avec des pistaches et plein de bouts de choses délicieuses dont les saveurs vous emplissent la bouche tout en vous désaltérant. Je craignais d'être malade après ça, puisqu'il devait bien y avoir de l'eau dans cette glace, mais je me suis dit : pour un vrai Kulfi, je prends le risque...aucun mot d'estomac à l'horizon!!) absolument divin et avons fait le tour de Dubar Square, en entrant dans quelques temples. En 1h à peine c'était plié, et nous avons voulu, avant de repartir, faire un tour du village ancien. En sortant de Dubar, nous sommes descendus vers un petit lieu de culte adossé à un arbre centenaire (millénaire ?) magnifique, et où des ballots de paille étaient entassés. Un artisan vendait des toiles tissées, et nous avons découvert avec horreur que de véritables cheveux avaient été utilisés pour faire les cheveux des personnages. Je n'ai pas de photos malheureusement !
Nous avons voulu rentrer de nouveau à Dubar Square pour rejoindre l'arrêt de bus pour Kathmandu ; et on nous a réclamé de payer ! Si l'on entre par un côté, on ne paye pas, mais de l'autre si. Étonnant, non ? Donc nous avons fait 3 fois le tour du village pour détourner Dubar Square, un vrai dédale !

Nous sommes retournées rapidement à Kathmandu pour aller chercher mon passeport (nous avons encore attendu 1h). Comme nous étions bien en avance, nous avons dégoté un petit restaurant à côté de l'ambassade, pour aller déguster un bon Chaï. De retour à l'ambassade, j'ai été ravie de constater une chose. En Inde, aux comptoirs (des gares, des restaurants etc.), les gens se massent en criant, ceux qui sont servis sont ceux qui ont le bras le plus long, la voix la plus forte, et la plus grande capacité à pousser les autres. A l'ambassade, les gens se sont tous mis en file indienne devant les deux comptoirs lorsqu'on nous a tous appelés pour récupérer nos papiers. Un peu de civilité, quel bonheur !



Au retour de l'ambassade, j'ai croisé un mouton très rigolo attaché à une chaîne sur un terrain de foot pendant que des enfants jouaient. Mon amie Hégémonie veut un mouton depuis 2 ans, alors j'avais pris cette photo pour elle, mais je la remets ici !






Cette journée a été un peu difficile à cause de la chaleur, de l'attente interminable à l'ambassade, des enquiquineurs de Bahktapur, de tout le transport en bus, mais une chose est sûre, en rentrant à l'hôtel le soir, nous pensions que nous avions eu notre lot népalais de fatigues. On ne savait pas encore ce qui nous attendait le lendemain ...
Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 1 août 2011

Episode 13 : Kathmandu partie 2

Rappelez-vous de l'arrivée à Kathmandu : une frénésie d'achat nous avait envahies. On avait trouvé un hôtel super chouette et il était temps, le lendemain, de visiter cette fameuse ville. Le Lonely Planet nous conseillait de consacrer une journée entière à Dubar Square, lieu dans la ville, entièrement consacré aux temples. Comme là-bas il n'y a aucune indication de nom de rues et que les gens soit ne connaissent pas, soit ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre ce qu'on leur demande, ou bien ils veulent vraiment nous aider mais se trompent et se contredisent dans leurs indications, on a mis une bonne heure à trouver ce lieu de culte. Mais ce n'était pas perdu puisque nous avons ainsi pu nous promener dans des rues (parfois si glauques que nous n'y serions jamais allées volontairement). Ce qu'il y a de génial à Kathmandu, c'est qu'il y a, outre les bouquinistes, plein de disquaires qui mettent des chants tibétains assez fort pour qu'on en soit ennivrés depuis la rue... on a donc acheté des disques ! 
A notre arrivée, l'endroit pullulait de touristes flanqués de guides qui se faisaient expliquer pendant des heures l'histoire des temples et de cet endroit mystérieux. Nous n'avons pas voulu prendre de guide car il faisait déjà très chaud, et à moins d'avoir un très bon guide, on se désintéresse vite, malheureusement. Dubar Square est une place carrée, entourée d'anciens palais, où l'on trouve des dizaines de temples, tous dédiés à des divinités différentes, et qui ont chacun leur histoire propre. L'architecture de ces temples est d'inspiration très chinoise je trouve, ce qui tranche beaucoup avec l'Inde. Je me suis crue dans Tintin - Le Lotus Bleu. J'ai été très surprise de voir que les pigeons venaient, par centaines, que sur le parvis et sur le toit d'un seul des temples. Je ne sais pas quelle énergie les attirait là, mais ils n'étaient nulle part ailleurs. Un moine bouddhiste était perché là, se recueillait-il ? Et comme partout, l'endroit était sale, des gens dormaient partout, sur les marches des temples.

J'ai vu un Chaman incroyablement microscopique, j'avais l'impression d'être une géante à côté ! Au bout d'à peine 1h30 nous avions fait 3 fois le tour, comment étions-nous supposées rester là une journée entière ? Le Lonely Planet est parfois surprenant. Il s'est mis à doucher lorsque nous cherchions un restaurant où déjeuner : nous nous sommes réfugiées dans le réduit d'un bouquiniste où nous avons trouvé notre bonheur : j'ai acheté un Arsène Lupin : Les Huit coups de l'horloge, en français !

Nous avons décidé ensuite de nous rendre au Monkey Temple (où nous devions aussi aller pour une journée : nous avons bien fait de ne consacrer qu'une après-midi à ça). Nous y sommes allées à pied, sous un canniar infernal. Le temple est accroché en haut d'une colline, et est entouré de jardins et d'un petit village.
Des singes, par dizaines (ou centaines ?) se promènent en liberté, et chippent tout ce qu'ils trouvent. On a beaucoup ri en voyant des bébés se battre pour une bouteille d'eau. On peut atteindre le temple par de longues marches (ce qu'on a fait sans le savoir) et par une volée de marche si abruptes qu'on doit se tenir à la rambarde pour ne pas tomber. Grâce à l'altitude, on a une vue imprenable sur la vallée de Kathmandu, c'était magique.


Sur la place, on pouvait voir des vendeurs de tout, des sculpteurs en train de graver et sculpter, des enfants jouer et des singes gesticuler partout (on a eu un peu peur quand on a entendu une bagarre singesque, parce que c'est gros ces bêtes-là, imaginez si ça vous saute dessus ?!).
Le fond d'une fontaine des miracles était tapissé de pièces, et il y avait de la musique tibétaine en fond. En redescendant vers la vallée (par l'escalier de la mort), nous avons été attirées par des joueurs d'une sorte de jeu d'échec. Des badauds regardaient, alors nous avons fait de même. Nous avons appris qu'il s'agissait-là du jeu national népalais, le Bagh Chal. C'est un jeu de stratégie qui oppose 20 chèvres à 4 tigres. Les tigres doivent manger les chèvres, et les chèvres doivent encercler les tigres tout en évitant de se faire croquer. L'un des joueurs était un sculpteur qui vendait des créations, dont des Bagh Chal. Chat a voulu regarder la nouvelle partie pour comprendre, mais on lui a proposé de jouer, pour intégrer plus facilement les règles ! (Serait-ce une technique de vente ?) En tout cas nous avons bien ri, des dizaines de gens se regroupaient autour de nous, et nous sommes reparties, contentes, chacune avec notre jeu. On y a d'ailleurs joué chaque fois qu'on a pu, pour découvrir toutes les techniques possibles : dans les trains, en attendant d'être servies au resto, à l'hôtel... On est rentrées épuisées de cette journée, qui n'était qu'un faible avant-goût de ce que nous allions vivre, deux jours plus tard, dans la montagne...


J'ai une petite anecdote à vous raconter aussi. En Inde (et certainement au Népal d'ailleurs), l'homosexualité est interdite par la loi. Mais les hommes, qu'ils aient 5, 15, 30 ou 70 ans, se tiennent très souvent par la main ou le bras, et sont très proches. Étonnant, non ?
Rendez-vous sur Hellocoton !