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samedi 4 août 2012

Des livres, des livres, des livres !

Je passe un été assez particulier, déjà parce que ce sont les premières vacances que j'ai depuis un an (sauf une semaine à noël), et puis parce que la préparation me prend sinon tout mon temps, au moins toute mon énergie et ma tête. Du coup, il reste malheureusement trop peu de place pour m'enfuir dans des mondes imaginaires : c'est le premier été où je lis si peu. L'an dernier, j'ai été entièrement absorbée par la lecture de la Saga des Forsyte, de John Galsworthy : j'en parlais ici. 2500 pages de pur plaisir. 
Mais cette année, je fais un peu la fine bouche. J'ai lu "Tout ce qui brille" d'Anna Godbersen. Cela se passe en 1929 à New York. Ce premier tome était délicieux (bien que très facile, puisque c'est plutôt un roman jeunesse) mais cela m'a aéré la tête... quelques heures, puisque je l'ai dévoré. 
L'armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen, dont on m'avait vanté l'excellence, m'a déplu au plus haut point : c'est exactement tout ce que je déteste : des phrases toutes faites avec des mots dont on sent qu'ils ont été trouvés dans le dictionnaire des synonymes. Entièrement surfait à mon goût, je comprends qu'il puisse plaire mais je le classe dans le clan des Lévy-Musso-Gavalda. A la soixantième page, j'ai arrêté de me forcer, comprenant que j'avais lu 55 pages de trop. Tant pis !

J'avais très envie de lire des romans se déroulant en Inde, ou bien des romans de voyage (j'avais adoré La Fiancée de Bombay, les Fiancées du Pacifique et Une Odeur de Gingembre : je les recommande tous trois très vivement pour qui aime les voyages, la découverte d'un nouveau pays, le dépassement de soi en tant que femme... tout ça à une autre époque!) mais avec ma nouvelle liseuse électronique, je m'étais dit que je ne m'encombrerai pas et que je trouverais tous les titres que je cherchais (notamment Les enfants de Minuit de Rushdie, le tigre blanc, le seigneur de Bombay, le Dieu des petits riens, Fous de l'Inde etc.) mais bon, comme je l'ai dit ici, je suis un peu déçue du choix restreint de livres thématiques en format numérique. Du coup, vivement mon retour à Paris pour acheter ces livres qui me font vraiment envie et les dévorer avant mon départ !

Et alors ma mère, navrée de mon errance parmi les rayonnages de notre bibliothèque, m'a suggérée une auteur que je ne connaissais pas mais dont j'avais déjà vu les livres chez nous : Nancy Mitford. Couverture 10/18 un peu vieillotte comme j'aime, les pages un peu jaunies et raides renfermant cette odeur si caractéristique de papier vieilli renfermant des milliers de mots qui emportent le lecteur dans la rêverie. Je crois que ma mère n'aurait pu mieux me conseiller à cet instant précis. Nancy Mitford est une auteur anglaise (1904-1973) dont la fratrie est très célèbre : allez jeter un oeil à l'article wikipédia, ça vaut franchement le détour ! Elle a écrit plusieurs romans dont trois mettant en scène les mêmes personnages : la narratrice (qui a 13 ans au début du premier roman) est discrète et raconte la vie tantôt de sa cousine tantôt d'une amie d'enfance, avec donc un regard extérieur et bienveillant sur leurs frasques et leurs fantaisies. Le troisième roman est beaucoup plus centré sur la narratrice, dont le mari est nommé ambassadeur d'Angleterre à Paris. A travers ces trois romans dont j'adore les titres (La poursuite de l'amour, L'amour dans un climat froid, Pas un mot à l'ambassadeur) on (re)découvre les moeurs anglaises de l'entre-deux guerres, puis post-guerre, toujours teintées de touches françaises. L'auteur y a mis beaucoup d'éléments autobiographiques et concernant ses célèbres soeurs. Fanny, la narratrice, est très attachante et drôle. Elle est née des amours folles de "La Trotteuse" et d'un jeune homme riche : Fanny sera laissée aux bons soins de sa tante Emily qui l'élèvera pendant que sa mère ira batifoler aux quatre coins du monde et se mariera une bonne dizaine de fois. Les personnages sont terriblement bien ficelés et si parfaitement dépeints qu'on a l'impression de les avoir en face de soi, les lieux sont décrits avec intelligence : on s'y croirait. Le tout mélangé à une bonne dose d'humour parfaitement anglais, cela donne des heures de plaisir littéraire intense ! C'est exactement tout ce que j'aime !
Un autre roman que je lirai après avoir fini Pas un mot à l'ambassadeur (qui est vraiment tordant), Charivari, l'a brouillée avec ses soeurs très portées par le nazisme : elle y fait une critique acerbe de la bonne société britannique où la montée du fascisme fait rage. 

Des romans à lire, à dévorer, pour changer un peu de genre, d'époque, de moeurs, de modes de vie, de point de vue... 

Et vous, quels romans vous touchent, cet été ?

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mardi 6 mars 2012

Passagère du Silence

Quelle magnifique expression, n'est-ce pas ? C'est le titre d'un livre absolument fabuleux de Fabienne Verdier. Ce livre trônait dans ma bibliothèque depuis presque 5 ans : je l'avais pris à ma mère qui me l'avait conseillé et je n'avais pas encore trouvé LE moment précis où je devais/voulais le lire : ce moment est arrivé la semaine dernière alors que je sortais de mon petit week-end de prostration. Je n'aurais trouvé moment plus propice pour le lire : chaque phrase avait un tel écho en moi que j'en étais émue comme lorsqu'on lit de la poésie dont les mots sont si justes, si bien choisis, qu'ils résonnent en nous et nous émeuvent profondément, faisant jaillir des émotions fourmillantes.

Fabienne Verdier raconte comment, à 19 ans, elle est partie en pleine Chine communiste au début des années 1980, au fin fond du Sichuan, pour apprendre les secrets de la calligraphie antique. Elle nous raconte avec beaucoup d'humilité et de sincérité la façon dont elle a vécu pendant ses "10 ans d'initiation", à travailler jour et nuit, dans des conditions matérielles et d’hygiène terribles. Elle n'a pas simplement appris à peindre comme on le fait en occident. Son maître l'a abreuvée pendant des années, tous les jours, de la culture ancestrale chinoise, de la façon de penser des anciens, d'envisager la vie sous l'angle de la poésie, de la nature, du sens profond des choses. Il lui a appris comment un trait doit saisir la vie, la représenter, la diffuser. Un trait trop réfléchi, pas emprunt de vie, est "mort-né" et alors il faut recommencer, inlassablement... Cette philosophie qu'il lui a enseignée est bouleversante de beauté et fait sens pour moi.
Elle nous raconte sa persévérance, alors qu'on n'a cessé de tenter de la décourager de nombreuses fois. Le travail minutieux, la patience dont elle a du faire preuve en aurait effrayé plus d'un : pendant des mois, elle a du peindre des traits, elle n'a pas eu le droit de faire autre chose avant d'avoir entièrement saisi le mouvement de vie qui devait emplir son trait... je ne vais pas vous raconter tout le roman mais je vous livre quelques passages qui ont retenu mon attention :

"... j'essayais d'entrer en communion avec l'esprit de la peinture, même si je n'avais devant les yeux que de mauvaises reproductions. J'aimais sa phrase 'la mémoire, cette trace furtive, éphémère, nous enseigne doucement, mais sûrement, la saveur de l'immortalité'. J'ai grandi intérieurement à parcourir ces images qui devenaient des entités vivantes."

" 'Il s'agit de suggérer sans jamais montrer les choses, disait le maitre. L'ineffable, en peinture, naît de ce secret : la suggestion. Tu dois parvenir à saisir cet état, entre le dit et le non-dit, entre l'être et le non-être. A un lettré qui avait écrit un poème sur la pensée, son neveu rétorqua : 's'il existe une pensée, un poème ne saurait l'exprimer parfaitement ; s'il n'y a pas de pensée, pourquoi écrire un poème ? - Mon poème se situe justement entre la pensée et l'absence de pensée' répondit le Lettré."

" J'ai compris en arrivant en Chine que mon séjour n'aurait de sens que si je me pliais à un apprentissage rigoureux : si je voulais maîtriser le trait, je devais en effet interpréter les barres horizontales pendant des mois, emprunter la voie des grands peintres. Très vite, je me suis rendue compte en maîtrisant la technique que, pour aller plus loin, je devais m'initier à leur philosophie. Je dois beaucoup à mon maitre qui n'a jamais dissocié la peinture de la pensée chinoise et a tenu à m'enseigner les deux parallèlement. En Chine, je me suis formée à un style de peinture mais peut-être avant tout ai-je formé mon esprit, appris à le gérer pour enfin devenir adulte."


Après son diplôme chinois, elle est revenue en France puis repartie à Pékin comme attachée culturelle. Heureusement qu'elle ne s'est pas attardée à ce poste, car elle n'avait plus le temps de peindre... De retour en France, elle vit désormais de ses œuvres. Curieuse, je suis allée voir son travail sur internet, et ce que j'ai vu m'a coupé le souffle. Il y a des photos d'elle dans Passagère du Silence, lors de son séjour afin qu'on voit son environnement de travail, les maîtres qui l'ont initiée, les lieux des Territoires Interdits qu'elle a visités et dont elle parle... mais pas de photos de son travail. Ce que j'ai vu m'a fascinée. Était-ce parce que j'avais lu ce livre que j'ai ressenti la puissance de ses œuvres, l'énergie fantastique qui s'en dégage ? Difficile à dire. J'en ai parlé à des amis ce WE, pensant que personne ne la connaissait mais si, tout le monde s'est exclamé "Ah mais oui, Fabienne Verdier est incroyable" et quelqu'un m'a dit avoir été soufflé par ses toiles sans même savoir de qui il s'agissait... Peut-être donc que cette énergie vitale est perceptible même si on ne connait pas son histoire.
Ses techniques sont inhabituelles : elle prépare ses fonds de toile pendant des mois, et lorsqu'ils sont secs, elle peint. Si le tableau ne lui convient pas parce qu'il manque de cette force vitale que son maitre lui a enseigné, elle le brûle. Aujourd'hui, elle travaille parfois sur d'immenses format, utilisant des pinceaux géants à la verticale, elle devient elle-même le pinceau, elle danse sur sa toile, lui donnant vie. Je trouve cette femme magique et modélisante, elle est sublime dans sa passion et j'ai hâte de voir ses tableaux en vrai. Elle mérite qu'on lui rende hommage.

"L'inachevé est le principe de ma peinture. Dans le flux du coup de pinceau, c'est le blanc volant au coeur du souffle, c'est le vide qui circule dans le plein du trait et qui laisse advenir la matière." F.Verdier dans Entre ciel et terre
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vendredi 30 décembre 2011

"Tu pèses une tonne salope ! "

Non, ce n'est pas ce que m'a dit mon Prince quand je lui ai sauté dans les bras à la sortie du train à mon retour de vacances de noël en famille. Ce n'est pas digne d'un prince ! C'est LA phrase que je n'avais encore jamais entendue dans Le Père Noël est une Ordure ! Je l'ai revu le 24 décembre pour la énième fois (je vous racontais ici que c'est une tradition familiale incontournable), et dans cette scène hilarante où Madame Musquin est encore coincée dans l’ascenseur et qu'elle a envie "Bah de faire la grosse commission, voilà", comme nous dit Thérèse, et bien lorsque Josette arrive en trombe dans le hall d'entrer, on entend Pierre, en voix off, dire "Tu pèses une tonne salope" à cette satanée Madame Musquin qui s'accroche à lui et exige qu'il la sorte de là alors qu'il a "les lombaires fragiles". Rien que de repenser à cette scène, cela me rappelle toutes les autres et je suis morte de rire en écrivant cet article.

Que mon cerveau n'ait jamais imprimé cette phrase est certes anodin. Mais ce qui me plait dans cette affaire, c'est la preuve, encore une fois, qu'une œuvre, qu'elle soit musicale, visuelle, cinématographique ou littéraire, on n'a jamais fini de la découvrir. Les gens s'étonnent souvent que je lise de nombreuses fois un même livre qui m'a beaucoup touchée ou revoie un film que je connais par cœur : c'est parce que je sais que j'y découvrirai encore des trésors cachés (ma copine Cha a regardé quotidiennement, pendant un an, Titanic et Romeo&Juliet, je ne suis pas si fanatique).
Je me suis mise à lire Proust juste après mon bac, et voilà 4 ans et demi que je n'ai lu que les deux premiers tomes sur Swann, et la moitié de A l'ombre des Jeunes filles en fleur, tout simplement parce que je les ai lu et relus plusieurs fois : chaque fois, je découvre de nouvelles choses, des phrases qui m'avaient parues anodines la première fois prennent tout leur sens à la 2ème, 3ème, 4ème lecture. Des images se forment et enrichissent celles que j'avais créées les fois précédentes. Entre chaque lecture je grandis, et donc ma perception s'affine, se précise, mon attention se porte sur des choses différentes qui ne m'avaient pas forcément alertée jusque là. C'est le cas par exemple aussi de Anne, la Maison aux Pignons verts, qui est une saga en 10 tomes (une blogueuse en parle ici) que j'ai commencée à 11 ans lorsque j'ai été clouée au lit pendant plusieurs semaines à cause d'une grave pneumonie, et que j'ai recommencée plusieurs fois pendant maintenant 11 ans.
Chaque fois, c'est un retour en enfance mais aussi une belle découverte. Je n'ai jamais lu la série en entier, mais chaque fois j'en lis un peu plus et je m'émerveille du pouvoir de métempsychose des lignes que j'ai déjà parcourues six ou dix fois.
Lorsque je sens que je ne veux pas grandir, que j'en ai assez de ma vie de presque-adulte, de mes études, ma mère me dit "Et bien, relis Anne, ça ira mieux". Et en effet, ça va mieux.
Je ne suis pas particulièrement impatiente de connaître la suite, qu'il s'agisse de Proust ou d'Anne, mais de beaucoup d'autres livres, de certains films dont je n'ai jamais vu la suite (Je suis une grande fan du Parrain, j'en connais des répliques par cœur, mais je n'ai jamais vu le troisième volet de la trilogie. Est-ce une hérésie ?) Au contraire, j'aime l'idée que je laisse à la Blanche-de-plus-tard la joie de découvrir la suite, même si pour moi, si je lis la dernière page d'une série de romans, ça ne sera jamais vraiment fini, puisque je pourrai toujours recommencer et découvrir encore et toujours des choses qui m'avaient échappées : la preuve avec Le Père Noël est une Ordure.Il en va de même pour des peintures, que je découvre et redécouvre selon mes sentiments et ma vie intérieure...

Je connais certains morceaux de livres tellement bien qu'ils font partie de moi. Je peux ouvrir Un Amour de Swann à n'importe quelle page, je sais où en est l'histoire, ce qu'il va se passer, je sens que je reconnaitrai instantanément la tournure de la phrase qui va suivre celle que mes yeux parcourent avec ferveur. Et pourtant, j'aime retrouver cela. Je trouve qu'il y a une sorte de magie, de connivence intime avec le livre qui me rassure beaucoup (c'est un peu plus délicat pour un film), c'est également le cs avec certains morceaux de musique. J'ai beau plutôt bien connaitre les Nocturnes de Chopin, il m'est arrivé récemment de découvrir une deuxième petite phrase dans un des morceaux, qui est cachée par la voix principale, et qui pourtant donne tout son sens au morceau. Et ce n'est pas uniquement le cas de la musique classique : j'ai fait une découverte similaire dans une chanson de Vincent Delherm...

Et vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous relisez vos livres, faites-vous des découvertes à chaque fois ou au contraire, quand un livre est terminé, vous sentez que vous le possédez entièrement ? Et pour la musique, et pour les films ?

Source images : weheartit

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mercredi 14 décembre 2011

Les carnets et moi ...

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J'ai toujours vu ma maman avec des carnets. Elle a toujours fait des diaries de nos voyages, et de la vie quotidienne, comme ici. Aujourd'hui, comme certains avec les albums photos, on s'y plonge pour se remémorer des bouts de notre vie, de nos enfances, et les choses qu'elle y a amoureusement collées, décrites ou illustrées sont comme des passerelles vers le souvenir : elles sont "Comme après la métempsychose les pensées d'une existence antérieure".
Alors, très petite, j'ai aussi fait comme elle des carnets de vacances, j'ai tenu des journaux. J'adorais récupérer un tas de choses pour les y coller, et j'avais une boite d'aquarelle que mon père m'avait donnée, à laquelle je tenais beaucoup (et que mon ex m'a prise et n'a jamais voulu me rendre, le salaud !) J'aimais la sensation du papier qui se gondolait sous mon pinceau, les couleurs qui se mélangeaient pour faire de ma page un arc-en-ciel chatoyant et unique au monde.  
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Je sais vaguement où sont ces carnets. Je pourrais les avoir partout où je vis, comme fait ma mère qui, s'il y avait un naufrage, emporterait sa cassette de carnets avant tout. Mais pourtant, je préfère les laisser vagabonder à leur guise d'un caron à l'autre. Ainsi, chaque fois que je retourne dans notre maison, j'adore farfouiller dans mes trésors d'enfant, parce qu'au détour d'un carton, il est bien possible que je tombe nez à nez avec un de ces carnets précieux, et qu'à chaque page tournée, une vague de souvenirs déferle littéralement sur moi. Chaque page me transporte au moment où je l'ai noircie de mots, colorée de dessins ou illustrée de collages.

Le carnet le plus douloureux est uniquement composé de mots. C'est celui que je tenais lorsque, en 5ème, j'étais en pension. J'y étais très malheureuse et je consignais là mes chagrins et ma tristesse, les choses que je vivais. En même temps, j'aimais cette période car ma mère m'envoyait chaque semaine des lettres merveilleuses, où elle nous dessinait et peignait, notre famille, notre vie. C'était magique ! J'en ai perdu quelques unes, mais j'ai les autres, qui me sont très précieuses.

Et après cela, plus rien. Je n'ai plus tenu de carnet de vacances, je ne sais pas pourquoi. L'adolescence est arrivée avec son fardeau de méchancetés, et je me disais que malgré tous les cours de dessin, de poterie ou mes tentatives de réécrire une série du Club des Cinq à 10 ans (oui, dès que j'ai appris à lire, j'ai rêvé d'être écrivain) m'amenaient uniquement à me dire "en fait, je n'ai aucun talent".

J'ai quand même toujours conservé des carnets vierges chez moi, dans mes sacs à main, "au cas où", mais ils restaient obstinément fermés. Les pages que j'écrivais pour me soulager, je les déchirais immédiatement après, car elles n'étaient qu'un défouloir.
Ce besoin d'écrire a tout de même repointé son nez il y a presque un an maintenant, mais je ne voulais pas écrire de façon à devoir relire mes sentiments, mon "vrai moi". Alors j'ai ouvert ce blog. Jusqu'à mon billet sur ma "peur panique d'écrire", impossible de consigner un seul mot sur du papier : je ne m'abreuvais que des mots des autres. Mais en réalité, ce billet a été un vrai déclic. J'ai commencé à écrire mes articles dans mon carnet, puis pour moi, et j'ai aussi commencé à jouer à "Des mots, une histoire" d'Olivia : cela m'a prise un matin et depuis je ne m'arrête plus. Je libère enfin les mots qui, avant, étaient désespérément prisonniers de mon esprit.
Et le plus important, c'est que j'ose me relire, et ça c'est le plus grand pas pour moi.
A noël, j'ai besoin d'un nouveau carnet, et que vais-je faire pendant mes quelques jours de vacances dans la maison de famille ? Farfouiller dans mes souvenirs d'enfance et qui sait, je retrouverai peut-être un de ces carnets, qui renferment mes mondes !

Ce texte est ma participation au concours de Fleurdementhe ici.

Source images : Caroleperle, Weheartit, Petitpan
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jeudi 8 décembre 2011

Une expo-vente à ne pas louper pour les fêtes !

L'Africaine, 40x40, 160€
Vous en avez marre des magasins bondés pendant ces périodes de fêtes, et vous n’avez pas d’idées de cadeaux de noël alors que c’est déjà dans deux semaines ? J’ai une sortie à vous proposer, qui vous ravira l’œil et vous aidera peut-être à trouver de jolis cadeaux, différents de tous ces objets vus et revus, qu’on utilise une fois et qu’on oublie dans un coin.

J’avais dit dans un portrait chinois que si j’étais un tableau, je souhaiterais être une toile de Legilles, un homme hors du commun, qui s’exprime à travers divers arts : le théâtre, le conte, le clown, et surtout la peinture. Il est nourri par des maîtres comme Turner, Monet, Bonnard et Redon, ainsi que par des artistes plus contemporains comme Joan Mitchell, Rothko, Zao Wou Ki, entre autres. Cet artiste autodidacte, à travers ses coups de pinceaux qui nous rappellent l’expressionnisme, nous ouvre les portes du rêve et de l’imaginaire avec ses toiles envoutantes. Elles sont accessibles aux moins éclairés d’entre nous en matière de peinture : il faut juste écouter ce que l’on ressent lorsqu’on est devant.


Automnale, 80x100, 300€
Pour moi, Legilles est un magicien de la couleur, un « peintre d’ondes et de braises ». Tantôt chaudes ou froides, les couleurs semblent éclairer le tableau de l’intérieur, la luminosité qui se dégage est troublante. Il s’inspire parfois de photos qu’il prend au gré de ses balades afin de retraduire, comme il le dit, sa « quête faite de couleurs, de lumières et d’espaces. »

Il se dégage de ses toiles une énergie puissante et magique, nos yeux sont ravis et notre esprit s’envole immédiatement dans le monde du rêve, des émotions et du ressenti profond. Ses toiles n’ont pas de « sens défini » comme on le voit habituellement, au contraire. Lorsque nous allons chez lui, si une toile me parle plus dans un sens que dans l’autre, il la tourne tout simplement ! J’ai appris qu’il fait ça régulièrement d’ailleurs, pour offrir à l’œil un perpétuel renouveau.


Jardin Secret, 40x40, 160€
Le témoignage de Marc Rohner de Art’Prem’s pour un reportage m’a beaucoup touchée :
« À sa rencontre, l'ardente douceur de Legilles est une surprise. De la profondeur des chosesnaît un sentiment qui ondule la surface, déforme la ligne et l’efface. Même extravagant par le ton, il reste juste et sensible. La trame d’une habitude, le tracé d’un sillon, la poursuite d’un objectif, ne sont pas des toiles assez grandes pour envelopper le souffle de vie qui l’anime. Quand le regard de Legilles s’illumine, c’est à la vitesse de l’indéfini. La contraction temporelle produit un big bang d’anamorphoses couleur excentriques. Il récolte et concentre l’illimitée perception dans un univers aux tactiles dimensions.
La similitude entre le fourmillement passionnel de sa peinture et ses expressions et gestes intrinsèques est confondante. Legilles est le pôle magnétique d’où partent ses expéditions picturales, souvent déboussolées. L’idiome de sa peinture est un miroir traversé par cette lumière intime, propre aux amoureux de la vie. »


Hommage, 40x80, 220€
J’aime ses toiles, son univers, ce à quoi cela fait écho en moi lorsque je m’y absorbe. J’en ai des reproductions dans mon bureau, mais je pense réellement m’en offrir bientôt une. Et justement (j’en viens à l’idée que je voulais vous faire partager pour les cadeaux de Noël), j’ai appris qu’il faisait une expo-vente dans son atelier parisien, les 17 et 18 décembre. J’ai été surprise des prix abordables de certaines toiles : 50 euros pour certains petits formats.

Allez-y, les horaires sont serrés, et il n’y en aura pas pour tout le monde !


Voilà toutes les infos :
Pour voir son site : http://www.legilles-peintures.odexpo.com/
Pour le contacter (et trouver l’atelier si vous êtes perdus) : gilboulay@wanadoo.fr , 06.19.69.28.95
L’expo-vente : le 17 décembre de 13h30 à 17h et le 18 décembre de 14h à 17h30
ADRESSE :7 rue Sesto Fiorentino, métro Gallieni
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jeudi 10 novembre 2011

J'ai réalisé un de mes plus grands rêves de petite fille

Quand j'étais petite c'était mon rêve, je me souviens même dire à mon père : "Celui qui m'emmènera voir le ballet du Lac des Cygnes, je l'épouserai". Pourquoi ce ballet plus qu'un autre ? Aucune idée. Je sentais, dans mes tripes, qu'il fallait que je le voie un jour. Et ce jour, c'était dimanche dernier. Cela faisait presque 6 mois que ma soeur et moi avions acheté nos places, et depuis une semaine, je trépignais d'impatience.
J'adore les ballets, j'en parlais un peu ici et là, et du fait que depuis 2 ans, mon week-end de Toussaint était consacré à une petite virée londonienne pour aller voir un ballet au Royal Opera House. Là, il s'agissait du Saint-Saint-Pétersbourg Ballet Theater : je pouvais donc m'attendre à avoir une mise en scène classique, avec décors et costumes comme j'aime. Avec la frénésie qui avait entouré Black Swan l'an dernier, que j'avais détesté, je craignais qu'ils aient voulu faire une adaptation du même acabit de cette oeuvre grandiose.

Mais c'était parfait. Des corps de ballet sublimes : la cour des cygnes blancs était composée de 25 ballerines, présentes toutes ensemble, accompagnant la musique de gestes délicats et doux. Lorsqu'elles se mouvaient toutes en même temp, le bruit que faisaient leurs chaussons ressemblait à s'y méprendre à un bruissement d'ailes. Elles incarnaient la beauté et la finesse d'un cygne : elles étaient presque cygne.
J'aime voir des ballets, parce que l'anatomie de ces corps est incroyable. Ces êtres se sont façonnés des corps contre la nature, les ont meurtris, contraints, des corps de danseurs, c'est affreux "de près". Mais ils sont si beaux lorsqu'ils dansent, si gracieux et harmonieux, souples et limpides comme de l'eau, légers comme le vent, dynamiques et fougueux comme les flammes. Ils s'illuminent et vivent. Et c'est éblouissant de beauté.

L'histoire, vous la connaissez sûrement : la belle Odette, sous l'emprise du méchant sorcier Rotbart, se transforme en cygne blanc le jour, et redevient jeune fille la nuit. Le Prince Sigfried, qui vient d'avoir 18 ans et doit choisir une épouse, la rencontre et en tombe éperdument amoureux. Pour vaincre le maléfice, il doit faire connaître son amour au monde entier. Mais le soir de la grande fête où le Prince doit annoncer son choix, Rotbart vient accompagné de sa fille Odile, qui ressemble à Odette à un tel point que Sigfried la prend pour celle qu'il aime, et il déclare sa flamme à la mauvaise femme : le cygne noir. Lorsqu'il se rend compte de sa méprise, il court sauver sa belle d'une mort certaine, doit se battre avec le ravisseur qu'il parvient à vaincre, pour épouser Odette, délivrée de son sort.

La musique de Tchaïkovski est merveilleuse, elle m'a entraînée pendant trois heures dans de douces rêveries, elle m'habitait, je ne pensais pas au reste du monde, plus rien n'avait d'importance. La harpe, très présente, me faisait imaginer des dryades jouant dans les eaux claires d'un torrent.

C'était magique. Enfin, presque. Sartre disait "L'enfer c'est les autres", et bien je le confirme. Peut-être que les ballets ne devraient pas être si "démocratisés" et "grand public". Peut-être est-ce parce que ce spectacle se déroulait au Palais des Congrès et non dans un opéra ? Mais ces milliers de spectateurs peu attentifs et respectueux m'ont un peu gâché mon plaisir et mon bonheur.
Tout ce qui compte pour eux semblait être d'applaudir, le plus fort possible, le plus longtemps possible, et avant que la musique ne s'arrête.
Dès que les notes faiblissent : tonnerre d'applaudissements. C'était systématique et choquant même si on s'y attendait car tous nos voisins ont leurs mains prêtes à se déchaîner. Et ils ne s'arrêtaient toujours pas, bien que la musique ait repris. Un moment, tout était silencieux, les danseurs attendaient, les musiciens aussi. C'était un silence beau, tranquille, et pourtant, un voisin a grogné "mais qu'est-ce qu'ils attendent, ils se passe quoi, là?!" Merci de gâcher mon silence, monsieur !

Si le compositeur a ménagé un moment de silence précisément à cet endroit-là, c'est pour qu'on en admire toute la profondeur, qu'on puisse reprendre notre souffle, pour qu'on puisse être laissés à la rêverie de la magnificence que l'on vient d'entendre, avant d'être de nouveau emportés dans le tourbillon mélodieux des notes de musique, non? Les danseurs ne sont pas les seuls à apporter de la beauté au spectacle : les musiciens, même au fond de leur fosse d'orchestre, participent grandement à nous faire rêver, mais le public n'en a cure. Pourtant, un ballet n'est pas un seul spectacle visuel, sinon il faut aller voir du muet.

Il y a diverses versions du Lac des cygnes, parfois le cygnes meurt, d'autres fois non. Là, la fin est heureuse, mais la musique est la même, et j'aime beaucoup cette musique de fin...



Source images : Weheartit et Google images, source vidéo : youtube
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dimanche 6 novembre 2011

J'ai une peur panique d'écrire

Voilà qui est bien surprenant, n'est-ce pas ? Je tiens un blog, dans lequel je me plais à écrire des articles, et pourtant, j'ai une angoisse terrible devant un carnet. Et je ne peux imaginer écrire (une histoire) devant un écran. Ecrire sur des sujets tels que ma dernière lecture, une expo que je suis allée voir ou un thé dont je me suis délectée ne me pose pas de problème. Je sais que c'est un moyen d'expression, que je me livre à travers les lignes. Mais j'ai l'impression que les sujets que je traite, beaucoup de blogueuses les traitent déjà, ou pourraient les traiter. Et alors, cela me protège de l'expression de mon vrai moi. Mais peut-être que c'est précisément de cela dont il s'agit ?

J'ai souvent des images qui me passent par la tête, des phrases entières qui se forment et qui vont mourir dans un coin reclus de mon esprit. Ma tête n'est jamais silencieuse : elle invente des histoires, ou bien s'en remémore de nombreuses : il n'est pas rare qu'un paragraphe de Proust se déclame dans ma tête, mot pour mot. Parfois, ces récitations intérieures m'aident à trouver le sommeil. Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir écrire ces choses-là !

Alors je me suis acheté des carnets, choisis avec soin, que j'ai toujours sur moi, pour y livrer mes pensées. Mais depuis un mois que ces carnets sont dans mon sac, j'y ai inscrit plusieurs to-do listes, et j'ai jeté-là quelques idées, j'ai laissé ma pensée s'étendre sur 3 pages que je n'ai jamais osé relire. Que vais-je trouver là ? J'ai le vague souvenir que j'y ai consigné des sentiments forts, mais l'idée de les lire, me retrouver en face de ces mots me terrifie.

J'ai toujours dit que je voulais être écrivain, depuis toute petite. Cette idée d'écrire m'a titilée cet été. Mais j'ai tellement la frousse ! Je ne devrais pas juger mes écrits, je devrais les lire et les accepter avec bienveillance mais je ne peux pas : mon démon intérieur essaye de me rabaisser plus bas que terre, me disant que je suis nulle et incapable. Que ce que je pourrais avoir la prétention d'écrire serait inintéressant, inutile, vain. D'où cela me vient-il ?
J'ai pourtant toujours vu mes parents écrire, des dizaines de carnets s'amoncellent dans les affaires de ma mère. Et puis quand j'étais petite, je faisais toujours des diaries, plein de collages et de dessins. Où est partie cette confiance ? Où donc s'est enfui ce naturel ?

Je discutais de cela vendredi avec un ami de la famille, qui m'a dit ressentir aussi une terreur étonnante. " Ecrire, me disait-il, ce serait prouver au monde à quel point je suis un être banal. C'est d'une prétention absolue, mais c'est cela." Et je me suis retrouvée dans ces paroles. J'ai tellement d'admiration pour ceux qui savent, qui osent, qui ne se posent pas de questions, mais écrivent. Un écrivain justement me disait "ne te pose pas de questions, et écris. Tout ce qui vient. On verra après pour les connaissances historiques nécessaires pour affiner ton histoire."

Je pourrais passer, et me dire que l'écriture, ce n'est pas pour moi, mais l'idée de ne jamais écrire me rend malheureuse, et pas un mot ne sort pour autant. Et je sais que si c'est le cas, mon ombre intérieure se dépêchera de m'épingler, pour me critiquer.

Je dévore les livres ces temps-ci, depuis cet été précisément, peut-être pour oublier que je n'ose pas écrire moi-même, peut-être pour chercher sous la plume d'un autres les mots que, peut-être, je pourrais tracer.


Source image : weheartit
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jeudi 3 novembre 2011

L'Abyssin

Qu’est-ce qui a bien pu me pousser à entrer enfin dans cette ravissante et minuscule librairie derrière chez moi, il y a 6 semaines ? Surtout qu’au moins 8 livres attendaient déjà patiemment d’être lus dans ma bibliothèque, et que je ne peux entrer dans une librairie sans en ressortir nantie d’un nouvel objet qui cache à travers ses pages un monde merveilleux.

Je flânais, redoutant le moment où l’une des 3 libraires viendrait, croyait-elle, à mon secours. Le moment fatidique est arrivé, et plutôt que de défaillir et de ne pas savoir quoi dire, ma demande est sortie d’un trait, sans que je ne l’aie même formulée dans mon esprit : « J’ai adoré Une Odeur de Gingembre et Les Fiancées du Pacifique. Je voudrais lire quelque chose où il y a un grand voyage, à une autre époque, quelque chose qui me fasse rêver. » Ses yeux sont devenus brillants, elle s’est échauffée et m’a dit « Connaissez-vous l’Abyssin ? » Je n’ai même pas compris le mot quand elle l’a prononcé, je me suis demandé de quoi elle parlait. « Je vais vous le chercher, je pense qu’il en reste un dans la remise ». Encore un roman à succès me suis-je dit. Pouah, ras-le bol de ces libraires qui vous refourguent leurs trucs.

Elle est revenue, presque en sautillant, brandissant un pavé de 700 pages : « Vous avez de la chance, il en reste un ! Cela se passe sous le règne de Louis XIV qui envoie en ambassade Jean-Baptiste Poncet, un apothicaire, pour soigner le Négus en Abyssinie. Alors il fait le voyage, rencontre des embûches, ah là là qu’est-ce que j’ai adoré ce livre ! Il m’a transportée, m’a fait voyager, en plus c’est vraiment très bien écrit, j’avoue qu’il a l’air un peu gros mais il vous paraitra trop court, ah, c’est vraiment incroyable… Quelle chance vous avez de le découvrir pour la première fois ! » J’étais scotchée : enfin, une libraire me donnait son avis personnel, et elle était si sincère ! Elle parlait avec la passion des dévoreurs de livres. La couverture qu’elle me montrait en même temps qu’elle s’échauffait aux souvenirs de sa lecture était magnifique, intrigante. Et ce titre ! Je me suis emparée du livre, et j’ai dit « Merci beaucoup. C’est ce qu’il me faut, je le prends. » Je n’ai même pas regardé la 4ème de couverture, j’ai acheté mon livre et suis sortie, presque en courant, le bouquin contre mon cœur. J’avais senti qu’il m’avait appelée à le lire. C’est seulement en arrivant chez moi que j’ai lu le résumé. J’avais déjà oublié ce que m’avait résumé la libraire. Son émoi était la seule chose qui restait vive à mon esprit. Oui, c’était exactement ce qu’il me fallait. De l’aventure, du voyage, de l’amour, au tout début du XVIIIème. Un homme d’origines obscures, qui doit prouver sa bravoure, pour pouvoir espérer épouser celle qui l’aime, lors d’une aventure périlleuse, dans une contrée dangereuse, lointaine et inconnue de tous : l’Abyssinie. Quel nom étonnant, et son roi est « le Négus ». Quel nom magique.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à chevaucher aux côtés de Poncet, manquant presque systématiquement mon arrêt de bus, m’endormant la lumière allumée, épuisée de fatigue, au milieu d’une phrase. Ce livre m’a embarquée dans un autre monde, sur les vagues d’une langue divinement bien maniée, des descriptions si réalistes que je voyais ces paysages exotiques, je ressentais le sable du désert sur ma peau, la chaleur du soleil sur mon visage. C’est un livre qui a tenu sa promesse : il m’a fait rêver. Le finir ne m’a pas rendue triste, car les personnages continuent de vivre dans mon esprit. Et surtout, il y a une suite que je vais bientôt attaquer : Sauver Ispahan. Quel titre prometteur d’aventure, de péripéties, de magie !


Voici mon premier article publié dans le webzine So Busy Girls

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dimanche 16 octobre 2011

"Désolations", ou comment avoir envie de se jeter par la fenêtre à chaque page

C'est rare que je lise un bouquin parce qu'il fait partie de la dernière fournée de la rentrée littéraire. Je crois même que c'est la première fois. C'est d'ailleurs très rare que j'attende avec impatience la sortie d'un livre, cet état fébrile existait lorsque j'aimais encore Marc Lévy.
Là, je suis tombée par hasard sur le Match Littéraire de PriceMinister et je me suis dit : pourquoi pas ? Dans la liste de livres proposés, j'ai retrouvé des livres sur lesquels j'avais déjà lu de nombreuses chroniques de blogs, et j'ai voulu choisir quelque chose qui change de mes lectures habituelles. "Les vaches de Staline" et "Désolations" m'ont semblé les titres les plus inconnus, les plus intrigants. N'étant pas trop d'humeur à me plonger dans l'univers stalinien que je n'ai que trop étudié, j'ai choisi l'autre. Mal m'en a pris.
J'aurais pu arrêter ce livre à la page 3. Mais j'ai voulu continuer, pour la chronique, et puis pour lui donner une chance. La 4ème de couverture dit "Posez ce livre pourrait vous épargner, mais il vous sera impossible d'en arrêter la lecture". J'aurais dû me méfier.

L'image de la vie et de l'amour qui est donnée là donne tout simplement envie d'arrêter de vivre. A quoi bon, se dit-on, si tout est si noir ? Nulle once d'espoir, de lumière, de vie : que des choses plus déprimantes et désolantes à chaque page. De plus, le style de l'auteur change toutes les 6 pages, il entre dans des descriptions souvent longues et inutiles de la construction de la cabane (sujet central du livre), ou encore sur les techniques de pêche en Alaska.

Je vous fait grâce du résumé du bouquin, que vous retrouverez partout si vous le souhaitez.
Les personnages ne sont pas construits, on ne comprends pas pourquoi ils ont un tel mal-être. Ils ont une histoire bien-sûr, qui est décrite en long, et même parfois en large et en travers. Mais ils n'ont aucune consistance. David Vann n'épargne personne : pour tromper leur désespoir, ou pour le rendre encore plus réel, tout est bon : construire une cabane en plein automne sur une île en Alaska, par -25°C, avoir des maux de tête terribles qui scient littéralement le crâne, tromper sa petite-amie, se droguer...
Mais la vie, ce n'est pas ça ! On dirait que ce n'est que tristesse et désolation ! Très bon titre, Monsieur Vann... Mais je n'accepte pas qu'on m'impose une vision si défaitiste, désespérante et mortelle de la vie.
Voilà à quoi sont réduits les personnages :

Gary : "Il aurait dû choisir une femme plus intelligente, mais il avait préféré opter pour quelqu'un de rassurant. Et à cause de cela, sa vie en était bien plus médiocre." Pourquoi dit-il cela ? Pourquoi se plaint-il ? Il a choisi sa femme, choisi sa vie. Rien n'est définitif, il pourrait partir, la quitter, mais il est trop lâche pour ça : " Pourquoi tu ne me frappes pas au visage? - Parce que je t'aime, connard ! Et elle éclata en sanglots. Gary se décala pour lui tourner le dos. La laisser pleurer. Elle finirait peut-être par partir."

Irène : "Irène se sentait exaspérée à l'idée d'avoir du prendre soin de cet homme pendant 30 ans. Le poids de ses plaintes, de son impatience, de ses échecs, et en retour rien qu'un vide." Pourquoi remet-elle soudain son couple en question ? On ne comprends rien de l'élément déclencheur.

Jim : "Monique (...) était la plus belle femme qu'il fréquenterait jamais. Il n'y aurait jamais rien de mieux et il avait pourtant encore la moitié de son existence devant lui. C'était déprimant. Mais Rhoda représentait la sécurité et elle était disponible. Ils achèteraient une bague et ils auraient peut-être même des enfants, et tout cela lui donna une envie pressante de braquer le volant pour se précipiter dans le fossé." Un gars en pleine crise de la quarantaine, qui ne sait ni qui il est, ni ce qu'il veut. Et qui pense que la vie est bientôt finie pour lui : "Il lui restait encore dix bonnes années avant que sa vie ne se dissolve en une époque qu'il ne tenait pas à imaginer."

Rhoda, qui désespère que Jim l'épouse, n'est pas mieux : "Elle se sentait pareil à un mort-vivant, (...) se sentant repoussante et condamnée au célibat permanent. (...) La seule raison qui la poussait à rester était qu'elle n'avait nulle part ailleurs où aller." Une fille paumée, qui a des rêves de princesse mais ne se donne aucun moyen de les réaliser, et reste dans une vie petite, fade et insipide. Et s'en plaint en plus.

 La liste des citations est longue, je vous en fait grâce également. J'ai lu un peu partout que ce livre était absolument attendu par les lecteurs, que cet auteur était un génie, que ce qu'il écrivait était "remuant et magnifique". Remuant ? On s'ennuie et on s'endort presque. Magnifique? On a le même sentiment d'angoisse et de désespoir que quand on entend le "Pierrot Lunaire" de Schoenberg  (regardez ça ici). Et on a même l'impatience de lire des choses pareilles, on veut vite passer à autre chose. Alors je ne dois pas être très sensible à cette littérature. J'ai trouvé ce roman pâle, totalement en surface, et sans aucun intérêt.
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dimanche 9 octobre 2011

Je suis allée voir "Toast"...

... et j'ai compris pourquoi il était si peu diffusé dans les salles parisiennes. Je suis allée le voir dans un tout petit cinéma riquiqui dans le 7ème, qui a un décors complètement japonnais, et complètement ravissant d'ailleurs. Je suis donc très contente en tout cas d'avoir découvert ce cinéma qui passe parfois de vieux films, mais pas seulement.
"Toast", vous n'en avez pas entendu parler ? C'est le dernier film où jouent Helena Bohan Carter et Freddie Highmore. Ca ne vous dit toujours rien ? C'est une histoire tirée du livre autobiographique du plus grand chef angais, Nigel Slater (dont j'ai découvert l'existence hier). Je pense que la presse en a très peu parlé, parce que c'est un film un peu spécial, peut-être que c'est parce que c'est un film anglais donc avec un humour british décalé.
Cela se passe dans les années 1960, le petit Nigel Slater vit avec ses parents, qui sont complètement névrosés avec la nourriture. Ils ne mangent que des boites de conserve, et refusent de prendre le risque de manger quelque chose de frais, comme de la viande ou des légumes. Lorsqu'ils sont en famille, on les voit sans cesse en train de manger. Or, Nigel rêve de manger de bonnes tourtes fraîches, et lorsqu'il convainc sa mère de faire des spaghettis bolognaise (en boite) pour la première fois de leur existence, c'est un drame familial qui fait presque défaillir sa mère lorsqu'elle se retrouve face à ce plat inconnu.
Son père et sa mère sont complètement névrosés, pour tout, ils semblent simuler la vie, mais ils ont l'air déjà morts. C'est d'une tristesse affligeante.
Lorsque la mère de Nigel meurt presque subitement (pour lui, qu'on n'a jamais mis au courant qu'elle était atteinte d'une grave maladie), il se retrouve avec son père, si agressif et indifférent... jusqu'à ce qu'entre en scène "la magnifique, merveilleuse, Ma Madame Mime"*, enfin Mme Potter, incarnée par Helena Bohan Carter,qui va vite essayer de s'emparer du coeur de M. Slater en le gavant d'une nourriture si exquise que cela atténuera un peu la haine de Nigel pour cette horrible bonne-femme.
Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire, au cas où vous voudriez aller le voir. C'est drôle, parce que je ne sais toujours pas si j'ai aimé ou non ce film. Je savais qu'il durait 1h35, c'est peut-être ce qui m'a aidé à tenir tout le long. En tout cas, l'ambiance était super : aux décors des années '60 rien ne manquait : papier peint, tourne disques, vieille TV, électroménager flambant neuf... même la bande son était éraillée et travaillée "pour faire ancien" : le piano semblait désaccordé ! Tous les plats, les gâteaux étaient surprenants, on aurait dit des dessins. On voit les épiceries avec les produits alimentaires de l'époque, les bonbons, les friandises... Tous les personnages étaient intéressants, nombreux étaient très drôles, surtout les enfants, les camarades de Nigel dont l'un se comporte comme un psy conseiller matrimonial, l'autre comme un pervers homosexuel. Beaucoup de clins d'oeil rigolos, qui m'ont vraiment fait passer un bon moment. J'ai pourtant rarement vu un film qui se trainait à ce point en longueur, le début dure 45 minutes à lui tout seul, et l'action est véritablement condensée dans les 20 dernières minutes.
Pourquoi ce film s'appelle "Toast" ? Parce que c'est la seule chose que la maman de Nigel sache faire de ses propres mains, et comme il le dit si bien, on ne peut qu'aimer quelqu'un qui vous fait des toasts tartinés de beurre salé, si craquants sur le bord, qui révèlent un coeur plus moelleux.
Un film peu abouti, dont on a un goût de trop peu, mais qui m'a fait passer un bon moment, et m'a donné envie de manger des toasts en rentrant !

*Cf Merlin l'enchanteur !!
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mardi 27 septembre 2011

J'ai détesté "la guerre est déclarée"

Voilà, c'est dit. Je l'ai vu dimanche, et je n'ai pas aimé. La bande-annonce m'avait fait envie pour son côté léger malgré tout, l'apparente solidité de ce couple dans son malheur, l'amour qui semblait les unir malgré tout. L'idée qu'il s'agissait de l'histoire vécue par Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm rendait cela encore plus touchant, donnait pour moi du crédit à ce film, dont le sujet est délicat. J'avais lu une interview de la réalisatrice, ce qui m'avait encore plus donné envie de le voir.

Deux types de choses ne m'ont pas plu : le fond et la forme (oui, il ne reste alors pas grand chose).
D'abord la forme : beaucoup trop de montages, des musiques peu appropriées (et des silences encore moins appropriés d'ailleurs), une caméra souvent épaule (c'est ce que j'en retiens), une lumière glauquissime, des voix off qui narrent ce qu'il se passe, au présent, comme si on racontait ce que font des marionnettes. Cette voix off qui est parfois celle des acteurs, parfois non. On ne sait pas pourquoi elle est là, on sait encore moins pourquoi elle se tait parfois longtemps.
Et parfois, des images de sang qui coule dans des veines, de cellules, de tumeur, qui rappellent qu'il y a une dimension de maladie dans le film (on s'en serait souvenu sans je crois). Des images gratuites, qui apportent peu, voire rien.
Tout est surjoué, alors qu'il s'agit de bons acteurs. Tout parait faux : répliques, gestes, émotions. Quelle déception !

Et le fond ? Le pire.
J'ai trouvé ce film indécent. Ces deux personnes ont fait ce film "pour Gabriel", leur fils dont il est question dans le film. Ce petit garçon qui a subi d'atroces choses à un âge tellement petit qu'il ne savait même pas parler. Ce geste est beau, je trouve. Mais ce couple qui n'est plus ensemble aujourd'hui a tout de même revécu ces moments qui ont dû être très forts et douloureux, se sont embrassés, ont "joué au papa et à la maman"devant les caméras. Oui, la phrase "c'est tombé sur nous parce qu'on est capables de surmonter ça" n'a plus aucun sens, quand on sait cela.
Des phrases toutes faites "Tu me fais du bien Juliette" ne sont pas justifiées par ce qu'on nous montre : un couple qui se délite, qui ne se parle pas, qui subit. Aucun moment de complicité réelle entre eux, sauf un moment embarrassant, où toute la salle a ri un peu jaune, et heureusement car cela permettait de se sentir moins seule. Ce qui me peine est que l'intention initiale est sans doute très louable, mais je ne peux m'empêcher de penser : se sont-ils servi de cette triste histoire pour en faire du business ? Car au fond, quel est le but de ce film ? Que dira ce petit garçon, quand il sera grand ? Que sa maladie a détruit ses parents, sa famille, que les parents seront "à jamais brisés" (je ne me souviens plus du terme exact employé à la fin).

Je ne peux que féliciter Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, qui se sont replongés dans ces moments qui ont dû être atroces, dans leurs souvenirs communs douloureux, mais au fond pour quoi faire ? N'est-ce pas un peu malsain ?

Ce qui me gêne aujourd'hui est le succès médiatique de ce film. On le dit "porté par la grâce", une "hymne à la joie". Mais quelle joie ? On se sent mal à l'aise tout le long. Dégoûté. A-t-on vu le même film ? Je me demande si le sujet n'est pas "responsable" du succès : on n'ose pas dire que ce n'est pas un très bon film parce que bon, c'est un sujet sensible ? C'est cru et j'en ai conscience, mais pourquoi tout le monde le trouve magistral, en vrai ?

Je reproche la situation de voyeurisme dans laquelle on place le spectateur. On nous rends témoins, mais nous n'avons aucune place dans cette histoire, on se demande ce qu'on fabrique là : c'est leur histoire, elle leur appartient.

Mauvais traitement du sujet, qui en fait, à mes yeux, un mauvais film, à mon très grand regret.

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dimanche 25 septembre 2011

Les traducteurs sont des écrivains

Voila quelques mois que je me fais cette réflexion : lorsqu'on lit un livre étranger en français, on ne lit pas ce qu'a écrit l'auteur. On lit une œuvre du traducteur. Quel artiste méconnu ! Parfois la traduction est un chef d’œuvre, parfois c'est une horreur et on referme le livre avec dégoût en disant "je déteste cet écrivain !" Mais en réalité, s'il s'agit d'un livre étranger, on déteste la traduction (ça m'est récemment arrivé, avec Alabama Song). Parfois, on n'aime pas le sujet ou le traitement, là c'est une autre histoire.
On ne saura jamais réellement ce qu'a écrit Jane Austen si on ne lit pas le texte d'origine : on ne connaitra d'elle que l'interprétation que le traducteur aura faite de la version originale. C'est pourquoi j'aime lire des œuvres anglo-saxonnes dans le texte : chaque mot a été choisi avec soin par l'auteur. Une traduction est une déformation, une interprétation du texte, à mon sens. Mais on ne peut pas toujours lire dans le texte : je ne parle qu'anglais et bredouille quelques mots d'italien et d'espagnol !
John Galsworthy

Je vous disais ici que pendant mes vacances, j'avais entamé une saga familiale sur plusieurs générations : l'Histoire des Forsyte, de John Galsworthy. Deux pavés regroupant les 5 romans et les divers interludes, 2500 pages en tout. Beaucoup trop fastidieux à lire en anglais. Après avoir fini le 1er volume, je m'étais ruée sur le second avec avidité. Mais au bout de quelques pages, grave déception : le ton employé n'était pas le même, où était donc cette ambiance et cette finesse mordante que j'avais tant appréciées ? Je n'ai eu qu'une chose à vérifier : le traducteur n'était pas le même. J'ai essayé de poursuivre : impossible, le texte avait perdu toute saveur ! Le traducteur du roman suivant changerait encore, mais je ne pouvais ni me forcer à lire 300 pages sans plaisir, ni les sauter ! J'ai donc été infidèle aux Forsyte en lisant d'autres livres, en attendant de pouvoir récupérer ce roman seul dans une autre édition, pour pouvoir continuer à lire l'intégrale après. Pleine d'espoir, j'ai vérifié le nom du traducteur : raté ! C'était toujours la même ! Je me suis alors un peu forcée il y a quelques jours à reprendre ce livre, Le Singe Blanc, parce que je voulais absolument connaitre la suite de cette oeuvre magnifique qui dépeint la société anglaise du début du siècle avec une jolie justesse. Et c'est passé tout seul. Je l'ai dévoré, et alors qu'il me restait une trentaine de pages ce matin, j'ai voulu comparer les deux volumes, l'un de poche, l'autre énorme pavé, pour voir s'il y avait des différences. Pourquoi l'un m'avait déçue au bout de 3 pages, et l'autre avait été dévoré en 5 jours?  J'ai été extrêmement surprise : alors qu'il s'agit de la même histoire, et qui plus est de la même traductrice, le texte était entièrement différent ! Il y avait dans l'un des dialogues qui étaient, dans l'autre, deux pages plus loin !

Alors je me le demande, est-ce que les éditeurs modifient beaucoup les textes à leur guise ?
J'ai fait une khâgne option anglais, et des traductions, j'en ai fait beaucoup. J'adorais l'idée que je recréais un texte, je le réinventais, je le ré-écrivais dans ma langue, en l'interprétant bien sûr. Alors je comprends ce que doivent ressentir les traducteurs : ils créent une œuvre de toute pièce, grâce à l’œuvre de quelqu'un d'autre. Une ferveur ardente doit s'emparer d'eux ! Mais cela dénature l’œuvre originale, nous éloigne de l'auteur et de sa pensée. Artistes méconnus, inconnus, mais dont la plume peut décider de notre amour ou notre haine pour un auteur ou un titre. Alors si en plus les éditeurs viennent fourrer leurs nez, la relation auteur-lecteur est perdue !

Source images : Weheartit
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mercredi 21 septembre 2011

Télévision mon Amour

Petite fille, il n'y a eu la télé que très peu de temps à la maison. Je me souviens vaguement que je regardais les Minikeum et La Petite Maison dans la Prairie, mais je n'aimais pas vraiment. Mon grand truc à moi, c'était de regarder des k7 vidéo en boucle. D'abord Babar (c'était même mon tout premier mot, mais ça c'est une autre histoire), puis Beatrix Potter, les Disney, et enfin les films comme Angélique (oui, j'avoue), les Jacques Demy (j'en parlais ici rappelez-vous), tous les films à l'eau de rose, puis tout le reste. Je ne pouvais que rarement être déçue, puisque je les regardais encore et encore ! Et cette habitude m'est restée : on n'était pas reliés aux chaînes à la maison, alors j'ai continué à me gaver de DVD. Je n'ai toujours pas la télé. Et Internet permet d'avoir accès à des programmes très bien, que l'on choisit consciemment de regarder. Le site d'Arte par exemple :  des émissions intelligentes, souvent pertinentes, ouvertes d'esprit, qui apprennent des choses en toute humilité. Enfin ça, c'est mon point de vue.  Mais lorsque je vois par hasard ce qu'il se passe sur les chaînes, au quotidien, ça me rend folle. Le pire, c'est que je sais qu'on peut rester scotché devant des heures. Et on ne nous laisse pas le choix, quand on zappe, on parle toujours de la même chose, et on nous l'impose.
Avant hier, on a regardé le Zapping. Bon moyen de voir un peu ce qu'il se passe dans le monde. Qu'est-ce que j'en ai retenu ? que plus de la moitié est consacrée aux télé réalité et aux émissions idiotes sur des sujets sans fonds, ou encore des jeux télévisés. Le reste ? La crise, les politiques qui se battent pour le pouvoir, les guerres. Ah, j'allais oublier : le sport.
Pourquoi est-ce qu'on nous parle toujours de tout ce qui va mal dans le monde, et quand on parle de ce qui va bien on parle d'une victoire sportive ? Où est-ce qu'on parle de belles choses, où des laides, mais qui nous concernent vraiment ? Des choses de la vie quotidienne réelle ? L'article de Pénélope ce matin a confirmé ce que je me disais à ce propos (allez le voir ici). Je trouve les programmes de télé réalité souvent orduriers, injurieux, décadents (pour le très peu que j'en vois). Et ce qui me chagrine est qu'il s'agit du média qui touche le plus grand nombre de personnes !
Qu'est-ce qui peut bien faire rêver à la télé ? La personne qui a gagné au dernier Euro million ? Les gens qui font Secret Story ? Ou les gens qui racontent leur vie sexuelle dans les Zamours ? Qu'est-ce qui fait vraiment envie dans tout ça ?

Alors moi, l'actualité, je la découvre sur les blogs, parce qu'on parle de la vie en vrai, ou je vais la chercher sur les sites internet qui me donneront l'information que je recherche, sans fioritures, sans injures, sans tout ce trop plein qui me dégoûte.


Ce que je dis est très certainement critiquable, mais c'est ma façon aussi de me protéger, de garder mon énergie à autre chose, de ne pas accepter de me faire polluer. Je me donne le moyen d'avoir accès à des informations que je souhaite avoir, et qu'on ne m'impose pas.Et je me sens bien plus libre.
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dimanche 11 septembre 2011

J'ai (dé)testé pour vous

Vous le savez peut-être, mon voyage en Inde m'a bouleversée. J'ai adoré et détesté, mais surtout, je me suis découverte, et je me suis sentie plus entière.
En m'installant à Paris au début de l'été, j'ai entendu parler de l'expo à Beaubourg " Paris-Delhi-Bombay". Je voulais y aller pour retrouver un peu de ce que j'avais ressenti en Inde, parce que ça commençait à me manquer. J'ai entendu de nombreux avis sur cette exposition, assez divergents.  Et comme je n'aime pas trop lire des critiques avant de voir une expo, un film ou une pièce, j'ai eu l'occasion d'aller me faire ma propre idée de la chose. Le prix du billet -26 ans m'a coûté plus cher que 5 repas à Delhi, donc je me suis dit : ça doit vraiment être de grande qualité si c'est si cher et qu'il ait l'air d'avoir eu un tel buzz.
Je suis entrée dans cet espace très petit, au 6ème étage. Je n'y ai trouvé qu'oeuvres contemporaines parfois abstraites, et quasiment toutes sans aucun lien avec Delhi et Bombay. Il y avait bien quelques séquences vidéos qui passaient, mais on n'en comprenait ni le sens, ni l'intérêt, ni le lien. Et c'est en déambulant parmi ces tableaux et agglomérats d'objets que j'ai compris le concept de cette expo : une association d'artistes français et indien. Et ces artistes indiens, ils viennent de Delhi et Bombay. Donc normal de voir une salle avec des miroirs brisés, ou une ossature d'animal à corne de la forme d'une moto, " c'est de l'art"...
Pour donner un peu de corps à l'expo, je suppose, ils avaient installé tout un panneau de dates d'instants politiques ou sociaux forts, mais si mal fait qu'il fallait, pour suivre un ordre chronologique, retourner au début du panneau et faire sans cesse des allers-retours (Tous les gens qui lisent ce panneau, évidemment, bougent aussi et on se retrouve dans un vrai concert de "pardon, excusez-moi, oups pardon"...). Des choses intéressantes ont été amorcées, mais sont restées embryonnaires, comme la condition féminine en Inde.

J'ai eu le désagréable sentiment d'être flouée, et même filoutée. Je suis partie de cet endroit bruyant et incompréhensible presque en courant. Et les visiteurs que j'ai croisés avaient tous l'air d'avoir la même pulsion de fuite.

L'expo se termine le 19 septembre, il risque d'y avoir un monde fou. Si vous vous dites depuis des semaines que vous devez absolument vous y rendre avant la fin, oubliez votre obsession. Allez plutôt au cinéma.
Si vous êtes allé, qu'en avez-vous pensé ?
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