dimanche 19 juin 2011

Episode 8 : Darjeeling, le paradis du thé

Adieu Calcutta, bonjour Darjeeling ! Mais quelle épreuve pour y arriver ! Nous avons pris un train de nuit pendant 13h, pensant arriver tôt le lendemain à Darjeeling pour profiter des 48h sur place. Manque de chance, on a découvert juste avant de prendre le train qu'il ne nous emmènerait qu'à Siliguri, une ville frontalière du Népal, à 82km de Darjeeling. Jusque-là pas de soucis majeur. Mais Darjeeling est à plus de 2000m d'altitude. Et pour y arriver, 3 solutions : prendre une jeep partagée pendant 4h, un bus pendant 5h, ou le Toy train, véritable train à vapeur, pendant 8h ! Nous aurions sans doute mis autant de temps à pied.
On a finalement pris une jeep car le train, que nous voulions prendre en nous disant que le voyage serait sympa, ne passait même plus à Siliguri, il fallait rejoindre une autre ville. Sur la route (très dangereuse, avec des tournants très serrés sans barrières protégeant les voitures de tomber dans le ravin), j'ai été étonnée du nombre d'écoliers en uniforme, qui marchaient depuis on ne sait quel village vers on ne sait quel autre.
La montée vers cette ville perchée sur la montagne était presque fantastique : il y avait un brouillard très épais, donc on ne voyait pas les paysages mais on découvrait l'environnement à chaque instant, et on pouvait voir, accrochées à la colline, des ravissantes petites maisons de toutes les couleurs. Je me croyais dans Le Voyage de Chihiro, vous voyez?
Ce qu'on voyait de l’Himalaya...

Enfin arrivées, après un voyage brusque et mouillé (oui, il pleuvait), nous avons du trouver un hôtel : on s'est faites refoulées plusieurs fois car ils ne voulaient pas qu'on ne reste qu'une nuit ! Après s'être trimbalé nos sacs de routard dans des pentes impressionnantes, dans des escaliers aux centaines de marches, nous avons enfin trouvé un petit hôtel charmant, avec vue sur l’Himalaya. Enfin, il parait. Car il y avait tellement de brouillard qu'on ne voyait rien à 10m, on ne pouvait qu'imaginer les montagnes en face.
Ce qu'on AURAIT DU voir
Les habitants de Darjeeling sont très beaux je trouve, un mélange de népalais et de chinois. Les gens que nous avons rencontrés étaient gentils pour la plupart, et personne ne nous a embêtées à nous poser des questions sans intérêt.
Cela nous a fait un bien fou d'être dans un climat bien plus frais, j'étais en pantalon et en polaire, et on respirait très bien grâce à l'altitude. On comprends pourquoi les colons britanniques de Calcutta, au 19ème siècle, prenaient leurs quartiers d'été ici pour échapper aux grosses chaleurs !
Le temple japonais
Nous nous sommes pas mal promenées dans cette ville pleine de forêts (et de détritus partout). Malheureusement, il y a énormément de pollution à cause des centaines de jeeps et de camions qui approvisionnent la ville depuis la vallée. L'ambiance était vraiment spéciale avec tout ce brouillard, c'était très énigmatique. J'ai adoré, et j'ai pris plein de photos sur les jeux de brouillard. Le 17 mai, jour de la fête célébrant Buddha, nous sommes allées au temple japonais où il y avait une cérémonie en son honneur. Des gens chantaient et jouaient de la musique, et chacun pouvait apporter des offrandes (j'ai été très amusée de voir que les offrandes se composaient principalement de paquets de gâteaux et de chips !!)

Nous avons assisté également à une magnifique procession dans toute la ville, mais nous sommes arrivées un peu tard. Le soir, lassées par le voyage et la longue marche, nous avons dîné à l'hôtel, dans une charmante pièce qui faisait un peu chalet de montagne en bois. Nous avions envie de chocolat, mais on ne se faisait pas trop d'illusions. Nous avons commandé un Chocolate Pudding et on nous a servi une sorte de chocolat italien, très épais et brûlant, c'était un pur délice. Goûtez-y si vous y allez ! Ça nous a un peu réconciliée avec la vie ce soir-là, car nous étions exténuées, et surtout déçues d'avoir fait tout ce chemin pour ne rien voir des sommets, alors que nous étions, parait-il, dans l'un des plus beaux endroits du monde !
Le lendemain, nous voulions aller à Tiger Hill à 4h du matin pour voir le soleil se lever sur les monts enneigés et faire une randonnée de quelques heures pour redescendre vers Darjeeling et voir des temples bouddhistes. Mais il faisait tellement froid et brumeux, la pluie battait si fort que nous nous sommes recouchées sans demander notre reste.
La plantation de thé
Nous sommes allées visiter la plantation de thé principale de Darjeeling (nous avons marché 2h pour y arriver, c'était tout près mais tellement compliqué qu'on s'est perdues plusieurs fois, le Lonely Planet est tombé dans un trou d'évacuation d'eau sale, on est passées par des petits chemins dans les jardins des gens...). On nous a fait visiter l'usine, en nous expliquant tout le processus de cueillette, séchage, maturation ...
Les femmes à la cueillette
C'était passionnant ! Nous avons vu des femmes faire la cueillette, et on nous a appris a reconnaître les différentes feuilles de thé qui composent le thé de 1ère classe, 2ème et 3ème. J'étais étonnée d'apprendre qu'entre la cueillette et l'ensachage, il ne se passait que 36h ! Moi qui croyais qu'on mettait des mois à faire du thé, que nenni. Puis nous sommes allées faire une dégustation de thé (la veille aussi bien sûr) pour nous acheter du thé Darjeeling directement à la source ! C'était excellent, et nous sommes ressorties du salon de thé et d'une boutique très célèbre avec à peu près 1,5kg de thé chacune, en sachant qu'on n'avait déjà plus de place dans nos sacs, et qu'il restait 12 jours de voyage. Mais on ne pouvait pas en acheter moins, nous les grandes buveuses de thé !
C'est à Darjeeling que mon obsession d'acheter un tapis est née. Vous aurez la suite de l'histoire dans un autre chapitre, mais qu'est-ce que j'ai pu casser les pieds de Chat avec cette histoire de tapis ! Comme si les 9kg que j'avais sur le dos ne me suffisaient pas !
J'ai passé un bon moment à Darjeeling, mais c'était dur de se retrouver sous des averses soudaines qui nous trempaient jusqu'aux os, de boire du thé qui avait parfois un goût trop fumé pour moi (je déteste) et de supporter le lait écaillé jaunâtre qu'on me servait dans des pots d'une saleté repoussante pour mon thé (je ne l'ai pas bu rassurez-vous). Mais malgré tout, le mauvais temps et le brouillard, les douches au seau et à l'eau glacée, le froid, c'était chouette, j'en ai un bon souvenir car on se serait cru au ski sans la neige (je n'aime pas le ski ni la neige, donc c'était la montagne l'hiver sans ces inconvénients ! )
Nous sommes reparties pour Siliguri en jeep le 2ème jour, afin de trouver un hôtel et repartir à l'aube pour le Népal, à bord du bus de la Mort... A suivre
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 12 juin 2011

Episode 7 : Calcutta partie 3


Dernier opus sur Calcutta.
Comme je vous l'avais dit, nous sommes allées visiter le Marble Palace, un Palais de Marbre magnifique, où ont été rassemblées des centaines d'oeuvres d'art : sculptures, peintures, tapis, objets, meubles. Le palais, entouré d'un grand jardin luxuriant, était extérieurement bien mis en valeur. Nous avons suivi un guide car il était non seulement interdit de prendre des photos (cette photo a été trouvée sur internet...), de toucher bien sûr, et les accès sont très limités. Nous nous attendions à ce que le guide nous explique des choses, et pensions que cette visite allait être passionnante. Nous avions mis près d'une heure à arriver là, alors nous étions impatientes. Et bien la visite a duré 8 minutes top-chrono. Le guide fonçait tête baissée, en nous désignant de temps à autre un objet et en grognant le nom ou le titre, qui était marqué dessous. J'ai pourtant tenté de poser des questions mais je me suis aperçu qu'il ne parlait pratiquement pas anglais. Tout était décevant : les lieux étaient magnifiques, mais très mal mis en valeur, tout était poussiéreux, les tapis persans étaient roulés dans les coins, de nombreux meubles étaient recouverts de tissus déchirés et sales. Aucun volet n'était ouvert, et il y avait peu de lumières : on n'a quasiment rien distingué d'une toile de Rubens (!) qui était presque entièrement dans l'ombre. Le patrimoine national est tellement protégé qu'on ne peut pas en profiter et que cela s'abîme dans la poussière. Dommage. On a demandé l'autorisation pour se promener dans le jardin, et on nous l'a accordé. Et là, énorme surprise : des animaux étaient mis en cage, et il y avait des baraques de bidonville dans un coin du jardin, avec des monceaux d'ordures de temps à autre. Des gens vivaient là alors que nous avons dû demander une autorisation de visite la veille, et que c'était un jour comme les autres. Pourtant il n'y avait vraiment pas foule, on n'était pas non plus à une expo du Grand Palais : il n'y avait qu'une famille indienne qui visitait ! Nous sommes donc reparties en direction du marché aux fleurs. Anecdote désagréable : entre-temps, en essayant tant bien que mal de prendre une photo du Marble Palace à travers les grilles depuis la rue, j'ai mis le pieds dans une flaque très profonde d'un mélange ignoble de je-ne-sais-quoi, ce qui m'a répugnée et dégoûtée pour la journée car j'avais une sandale ouverte. C'est la dernière fois que j'ai mis ces chaussures neuves, que j'ai transporté pendant les 15 jours suivants sur mon dos, et que j'ai mises à la poubelle avant-hier. Fausse excuse : elles me faisaient mal aux pieds.
Après une très longue marche périlleuse car pleine de routes à traverser (là-bas, traverser signifie presque se jeter sous les voitures en espérant ne pas se faire écraser car personne ne s'arrête), nous sommes enfin arrivées au marché aux fleurs. Nous avons enfin vu où étaient les femmes, qu'on voit très peu dans les rues. C'était un véritable foisonnement de couleurs de tissus et de fleurs de toutes sortes. Il y avait d'énormes ballots, que les gens portent sur leur tête, étalés partout, dévoilant des centaines de colliers de fleurs. Malgré toute cette cascade fleurie, l'odeur ambiante était strictement aussi pestilentielle qu'ailleurs.

Dernière visite de la journée : le quartier des sculpteurs. Sans doute mon meilleur souvenir de Calcutta (si l'on omet le super thé au café Flury's). C'est un quartier fait de petites maisons souvent peintes à la chaux, avec de la paille en guise de toit, ceintes par des petites rues sinueuses en terre battue. Là vivent et travaillent des artisans qui fabriquent des statues, souvent de divinités, à longueur de journée et un peu à la chaîne. Ils se complètent tous : certains font l'armature en paille, d'autres la recouvrent d'argile qu'ils sculptent, d'autres les peignent et enfin certains fabriquent et placent les accessoires (colliers, masques...). Il se dégageait une paix incroyable de cet endroit, une douceur et un silence très appréciables. C'est un endroit à ne pas manquer si vous allez un jour à Calcutta. On trouve des statues partout, dans tous les stades de leur fabrication, qui sont entreposées à chaque coin de rue, contre chaque atelier. Magique.
Le lendemain, nous avons visité un parc avec des nénuphars géants magnifiques, et le plus grand banian du monde, qui faisait plusieurs centaines de mètres de diamètre : impressionnant !

Banian 
Nous n'avons fait que nous promener le dernier jour, et avons été surprise de constater que presque tous les magasins étaient fermés : on était dimanche! Qui eut cru que Calcutta était une ville si chrétienne?
J'ai encore des milliers de choses que je voudrais vous raconter, mais il faut que je passe à l'étape suivante pour ne pas trop vous lasser ! Alors prochain épisode : Darjeeling, l'empire du thé!
Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 11 juin 2011

Episode 6 : Calcutta partie 2


Après vous avoir dépeint Calcutta dans les (très) grandes lignes, je voulais vous raconter plus en détails ce que nous y avons fait. Rien n’a été de tout repos en tout cas !
Le 2ème jour, nous avons voulu aller au Victoria Memorial (construit en l’honneur de la Reine Victoria). Le Routard nous conseillait d’y aller en passant par le Maiden Park, parfait endroit pour « y trainer ses guêtres » selon le guide. Que nous étions ravie de pouvoir aller se promener dans un parc par cette chaleur ! Nous sommes donc arrivées au fameux parc… ou plutôt dirai-je l’immense étendue d’herbe desséchée jouxtée par un cours d’eau jonché d’ordures, où paissaient des chèvres, se désaltéraient des chevaux squelettiques, et où se prélassaient femmes hommes et enfants. Un homme à cheval nous a repérées de loin et nous a rejointes au trot pour nous proposer un tour de cheval (à même la croupe). Ce pauvre cheval était si maigre qu’on l’aurait sans doute brisé. Nous avons décliné bien sûr et avons entamé notre traversée du désert : on voyait le Memorial au loin, mais la chaleur était telle qu’on aurait dit un mirage. Il n’y avait personne d’autre que nous dans cette étendue, sauf un camp de militaires qui nous scrutaient de façon peu rassurante. 
Nous avons été suivies par 3 enfants pendant un bon bout de temps, jusqu’à ce qu'ils s'en aillent tellement nous marchions vite. Ivres de chaleur, soulagées et le coeur battant, nous avons réussi à atteindre le monument. C’est une magnifique bâtisse entourée de superbes jardins (plus ou moins ombragés) un peu à la française. Nous avons été prises en photos par des dizaines de gens, et c’était très amusant car certains voulaient tellement être sur des photos avec nous qu’ils n’hésitaient pas à se greffer au dernier moment dans le cadre, avec des indiens qu’ils ne connaissaient pas, pour être sur une photo qui était prise par des inconnus ! Après une visite où nous avons surtout profité des salles climatisées, nous sommes allées à Saint-Paul’s Cathedral, un endroit incroyable. Le bâtiment (d’architecture gothique ?) était d’un blanc immaculé, et l’intérieur était très beau et bien conservé. Il y avait des dizaines de ventilateurs très bas qui semblaient tomber du ciel comme de gros oiseaux blancs dans la salle principale : on aurait dit la grande salle de Poudlard avec ses lustres.

Puis, nous avons pris un repos bien mérité dans le resto le plus occidentalisé et le plus climatisé que nous ayons pu trouver. Quel délassement ! Reprenant notre courage, nous sommes ressorties dans la fournaise pour aller à B.D.D. Bagh, le quartier des marchés. C’est le quartier le plus construit je pense, avec d’immenses publicités partout, et surtout des vendeurs de milliers de choses partout dans les rues. J’ai acheté mes premières pashminas à ce moment-là (ça ne s’est guère arrêté par la suite). Nous avons décidé de prendre un pousse-pousse mais l’idée nous rendait très mal à l’aise. En plus, les hommes qui tirent les pousse-pousse sont très mal payés (alors que c’est le transport le plus épuisant par rapport à un taxi ou un auto-rickshaw), ils sont en pagnes et souvent pieds-nus. 

Nous avons été choquées que pour une telle course cela ne coute que 50 roupies (moins d’1€). Nous lui avons donné beaucoup plus, car la chaleur était telle qu’il méritait bien cela !
Nous sommes allées demander l'autorisation à la maison du tourisme pour aller visiter le Marble Palace le lendemain (je vous raconterai cette aventure- dans le prochain article) et nous étions tellement crevées, il faisait déjà nuit à peine rentrées à l'hôtel qui était dans une rue glauque et où on se perdait systématiquement une demi-heure en en partant et en y revenant, qu'on a décidé de ne pas passer une heure à chercher un resto correct dans le coin : nouveau pousse-pousse pour aller au McDo : c'était à expérimenter ! Un an que je n'avais pas mis les pieds dans un fast-food ! C'était drôle de voir l'adaptation des produits aux coutumes du pays, de constater que c'est un restaurant de classe supérieure, et qu'il n'y a quasiment pas de choix de tailles, de menus, de boissons. C'était parfait après la journée harassante qu'on avait eue ! Nous y avons d'ailleurs passé pas mal de temps, pour éviter le moment où nous allions devoir être dans la chambre, Chat, moi et le Rat coincé dans la clim.

Rendez-vous sur Hellocoton !

jeudi 9 juin 2011

Aller simple pour Paris

Et bien voilà, ça devait arriver. J'ai terminé mes cours aujourd'hui, c'était mon dernier jour pour toujours dans mon école de Toulouse. Maintenant, je vais commencer un super stage, et ne reprendre ma dernière année que dans un an, à l'étranger. Et demain matin très tôt, je prends un train en Aller Simple pour Paris. Je n'avais jamais pris d'aller simple. Je quitte donc ma petite ville rose définitivement. J'aurai passé deux années géniales qui m'auront fait évoluer, découvrir plein de choses, rencontrer plein de gens incroyables, déterminer ce que je veux dans la vie, et surtout ce que je refuse catégoriquement (tant dans mes relations avec les autres que dans l'univers professionnel).  Je crois que j'ai beaucoup grandi en 2 ans, et je suis contente de la tournure que prend ma vie. J'ai la précieuse chance d'être libre et de faire des choix indépendamment de quiconque, ce qui n'est pas le cas de tout le monde comme je le constate parfois à regrets dans mon entourage. La Blanche qui quitte Toulouse est plus forte et plus confiante que la petite khâgneuse qui y avait emménagé il y a deux ans.
Je suis un peu triste de partir car c'est un chapitre qui se termine, mais je suis terriblement excitée par ce qui m'attend ! Je vais être plus proche de ma famille, de mon Prince, de ma meilleure amie. Je vais pouvoir manger plus souvent des macarons à la Rose chez Ladurée, goûter à tous les cupcakes de chez Berko, aller à l'opéra et voir toutes les expos de la prochaine saison ! Mais le plus important, c'est que je vais ENFIN faire quelque chose qui me plait et me passionne, pouvoir travailler et que cela ait un sens. Je n'en peux plus de faire des études où règnent désordre, incohérences et ennui.
Je suis donc très heureuse à l'idée du prochain chapitre, même si d'ici-là, je vais devoir encore transporter des valises de mon déménagement dans le train (non, je n'ai pas fini, j'avais encore des valises disséminées dans plusieurs foyers toulousains depuis 1 mois), et trouver un appartement. Mais j'ai entièrement confiance, car c'est une nouvelle aventure !

Rendez-vous sur Hellocoton !

mardi 7 juin 2011

Episode 5 : Calcutta partie 1

L'air n'est pas le plus sain qu'on puisse trouver
Impossible de ne faire qu'un seul article sur Calcutta, car on y a passé 4 jours, et il y a trop à dire. C'est un endroit fascinant.
J'ai toujours trouvé que Paris est une ville très fatigante. Ça, c'était avant de connaitre Calcutta. Il y a dans cette ville une activité folle à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Voilà ce qu'on m'avait dit de Calcutta: "C'est terrible, très pauvre, les gens meurent dans la rue, c'est affreux". Je craignais donc un peu d'y aller, ayant guère d'attirance pour le morbide. Et bien je vous détrompe tout de suite : Calcutta est sans doute la plus moderne des villes indiennes que j'ai vues.  Il y a de grandes avenues, avec des feux et des panneaux de signalisation (ce qui est totalement inexistant à Delhi apparemment).  Il y a bien sûr des quartiers plus pauvres et délabrés que d'autres, mais dans l'ensemble j'ai été surprise car c'est très construit. Comme ailleurs, on voit des kilomètres de fils électriques qui traînent partout, et pendouillent sur les trottoirs (il faut donc faire attention à ne pas s'en prendre un en pleine figure!)

Désolée, je ne vous épargne pas
On n'échappe pas non plus à l'odeur et la saleté par contre, ni aux montagnes d'ordures, qui sont les mêmes que l'on se trouve en Inde ou au Népal. Mais Calcutta a ses caractéristiques propres:  déjà, c'est une ville très communiste: il y a des affiches, tags et autres dessins de propagande un peu partout (ce qui surprend la première fois).
C'est aussi le seul endroit en Inde où l'on voit encore des pousse-pousse dans la rue. De plus, c'est une ville terriblement exotique, rien à voir avec Delhi : la végétation est luxuriante, avec des banians et des palmiers à tous les coins de rue. Je ne suis jamais allée en Amérique Latine, mais c'est comme ça que je me suis toujours figuré São Paulo ; donc le climat a été une agréable surprise bien qu'il ait fait très, très chaud, et très humide. Tellement que cela rendait tous les déplacements, les balades et les visites  pénibles.

Des pousse-pousse
Après les 24h de train, nous n'attendions qu'une chose : pouvoir aller se laver et prendre un bon petit déjeuner! Mais déjà, nous avons dû nous battre pour avoir un taxi à la gare, puis nous battre pour avoir un hôtel : il y avait un monde fou partout. Nous avons réussi à avoir une chambre dans un des meilleurs hôtels recommandés par le Lonely Planet qui ne nous quittait pas. On s'est même offert une chambre avec clim, mais qu'on regrettera par la suite comme vous le comprendrez.

Nous avons découvert (j'ai honte de ne pas avoir su ça jusque là) que Mère Thérèsa avait oeuvré près de 60 ans à Calcutta! Après une bonne balade et la visite d'un musée dans un beau bâtiment colonial bien conservé, nous sommes donc allées visiter le Mother Teresa Sarani dans un quartier glauque, peu  recommandable. Le lieu lui-même n'était ni accueillant ni chaleureux. Nous avons discuté avec un homme qui nous a raconté qu'il avait bénéficié de la protection de Mère Thérèsa et qu'elle l'avait beaucoup aidé. Il nous a d'ailleurs suivi longtemps pour que nous fassions des dons et allions rendre hommage à sa tombe. J'ai été surprise du culte qu'on lui voue là-bas, il y a même tout un commerce qui s'est développé autour d'elle! Comme la nuit tombait, nous sommes vite parties pour ne pas trop traîner là. La nuit, en Inde, ce n'est guère rassurant pour deux jeunes filles seules, dès que les magasins ferment et que les femmes commencent à rentrer, mieux vaut ne pas prendre trop de risques. Après un bon repas, nous nous sommes (encore) perdues pour retrouver l'hôtel, et nous avons pu enfin nous coucher et avoir une très bonne nuit de sommeil (de 10h!) mais nous avons été réveillées par un bruit étrange. Nous avons découvert avec horreur qu'une chose (vivante) était coincée dans la clim et grattait pour s'en sortir! Était-ce un pigeons, un rat, un rat-pigeon? Impossible de le déterminer. Nous avons donc vécu 4 jours avec des cafards (la routine quoi) et quelque chose qui agonisait dans la clim, tout près du lit, et passait nos précieuses nuits à gratter. L'hôtel a refusé de nous croire. Bienvenue à Calcutta!


Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 6 juin 2011

Nouvelle du jour : je suis un doudou!

Je me dois de faire une petite pause dans la série des aventures indiennes pour vous raconter ce qu'il m'est arrivé cette nuit.
Depuis mon retour d'Inde, je suis chez mon amie Hégémonie à Toulouse pour quelques jours de cours et une soutenance que j'ai eue lundi dernier (oui, après un mois de vacances c'est un peu dur). Hier soir, je suis rentrée de l'escapade à la mer avec mon Prince et j'ai retrouvé Hégémonie dans sa charmante maisonnette toulousaine. Une maisonnette mignonnette mais toute petite, donc nous dormons à 2 dans un grand lit.
En plein milieu de la nuit, collée contre le mur, je me suis réveillée en me demandant ce qu'il se passait. Il y avait un bruit étrange et comme une présence proche. Hégémonie ne me ferait jamais d'avances, ça non. Mais j'étais intriguée. Quelque chose s'agrippait à mon col. Et là j'ai compris : j'étais prise pour un doudou! Suçant son pouce comme ça lui arrive parfois, elle s'agrippait à mon tee-shirt et le triturait, comme les doigts d'un bébé avec son doudou. J'étais dans une posture délicate : fallait-il la (re)pousser et ainsi rejeter cet élan d'affection, ou la laisser faire et devenir un doudou vivant officiel?

Qu'auriez-vous fait à ma place?

Source images Weheartit

Rendez-vous sur Hellocoton !

Episode 4 : Quand vous rêvez de la SNCF pendant 24H

24h de train, en Inde, c'est commun parait-il. Chat m'avait raconté ses excellentes expériences en train, des rencontres formidables, et que ses meilleurs souvenirs d'Inde sont certainement ces voyages-là. Donc 24h ne me faisaient pas trop peur, j'avais hâte de vivre ça à mon tour.
En arrivant à la gare, très tôt le matin, j'ai été surprise d'y voir une foule dormir. Pas des gens sans abris : la plupart étaient des familles complètes, avec leurs multiples bagages, qui dormaient à même le sol de la gare et des quais, pour attendre leur train. Vous imaginez l'ambiance particulière.

Nous étions en classe "sleeper" : un bon compromis pour les longs voyages, les budgets moyens et un relatif confort (je n'ose imaginer les autres classes...). Ce sont des wagons ventilés, avec des box de 8 couchettes, dont certaines sont amovibles pour s'asseoir en journée et s'allonger le soir. Assez ingénieux.

Nos couchettes étant à plusieurs box d'intervalle, nous sommes restées au même endroit pour être ensemble. Il y avait tellement de monde que nous avons dû rester assises à 2 sur la couchette (en hauteur), avec un plafond bas (qui ne permettait pas de se tenir normalement assises) pendant à peu près 15h. Impossible de faire autrement, car il y avait 20 autres personnes dans le box. Au lieu de 6.
J'ai pu constater que les gens sont capables de s'entasser littéralement, sans broncher. Si on leur demande de se pousser, ils se poussent. Nous avons vu avec horreur 4 hommes qui ne se connaissaient pas qui ont partagé une couchette en hauteur pendant plusieurs heures. Bouches bées, nous avons vu des femmes et des hommes s'allonger par terre en plein milieu du passage, pour une petite sieste, ne se souciant guère des gens qui leur marchaient dessus en passant.

Puis, quand ça s'est un peu calmé et que les passagers ont cessé de gigoter partout, pour agrémenter un peu le voyage et nous empêcher de nous reposer, nous avons eu la joie de constater que l'occupant de la couchette voisine avait une valise sur laquelle grouillaient des cafards. Il en a infesté le wagon. Chat étant terrorisée, je suis restée des heures en position d'alerte, une chaussure à la main, à tuer systématiquement toute bestiole qui oserait s'aventurer dans notre périmètre.
Le soir, les gens ont commencé à éteindre les lumières (hé ho, il y en a qui lisent ici!!) donc il a fallu se rendre à l'évidence, on allait devoir se préparer à dormir. Chat est partie à sa couchette, me laissant là. Un horrible sentiment d'abandon m'a envahie, et a vite laissé la place à une sorte de terreur angoissée : j'allais devoir dormir là, avec ces insectes grouillants, dans cet endroit dégoûtant, sur une couchette en plastique trop dure, ne sachant pas s'il y avait des risques pour que je me fasse embêter ou voler mes affaires pendant la nuit. J'avoue que j'ai eu ma 1ère crise de larme. J'ai pensé à la douceur des trains de la SNCF, puis j'ai essayé de me calmer, de relativiser : de toute façon je n'avais pas le choix! J'ai "dormi" en me tordant le cou, complètement engoncée dans mon sac à viande (trop court, car oui je suis aussi trop grande pour ça) dans lequel j'avais mis tout ce qui dépassait : chaussures, sac, écharpe, pull et autres choses encombrantes, et il n'y avait plus guère de place pour moi. Finalement j'ai dû dormir 2h, jusqu'à être réveillée par les cris des vendeurs de Chaï. C'en était fini de l'angoisse nocturne, et l'aube signifiait qu'on allait  bientôt arriver à Calcutta!

Anecdote amusante : les indiens jettent tous leurs détritus par les fenêtres, alors quand on nous a vues en train de mettre consciencieusement tous nos déchets dans un petit sac plastique, je ne vous raconte pas les regards intrigués et curieux auxquels nous avons eu droit!
Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 3 juin 2011

Episode 3 : Delhi

Voici donc le moment d'entrer dans le vif du sujet, ou plus précisément dans les péripéties de l'Aventure !
Après mes 12H de vol, je suis donc arrivée à Delhi. J'avoue que je m'attendais à un aéroport sale et plein de monde, je pensais que je devrais me mettre à l'entrée du tapis roulant et me précipiter pour récupérer mon sac, si je ne voulais pas me le faire piquer. Préjugés quand vous nous tenez ! Je me suis retrouvée dans un aéroport presque immaculé, avec très peu de monde (j'ai appris plus tard à mes dépends qu'on ne pouvait entrer dans l'aéroport que sous certaines conditions...ce qui m'a valu une crise de larme, vous saurez tout dans un prochain article). En sortant de l'aéroport, j'ai immédiatement été submergée par une vague de chaleur, on se serait cru dans un four. Le jour était levé depuis longtemps, le soleil semblait déjà haut (bien qu'il ne soit que 7H du matin). Et j'ai vu Chat qui m'attendait là. Quelle joie de la retrouver ! Nous avons pris un taxi, et direction New Delhi! Nous sommes allées prendre un petit déj sur une terrasse au 6ème étage. Comme je refusais fermement d'être malade (et je ne l'ai pas été de toutes mes vacances), j'ai été très prudente au début du séjour, donc pas question de manger ou boire quoi que ce soit de louche. Je me suis décidée à ne prendre qu'un lassi à la banane. C'était très bon et je voulais le savourer, mais grossière erreur : il faisait tellement chaud que le lait tournait à vue d'oeil !

Nous avons pris mon tout premier auto-rickshaw, pour aller voir Quwwat ul-Islâm, la première mosquée en Inde, construite vers 1200. C'est là qu'il y a le plus haut minaret  en briques du monde, ce qui était assez impressionnant! Il est d'ailleurs inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. C'était un endroit énigmatique, avec de grandes pelouses et des ruines parfois très bien conservées. 
Puis nous sommes allées à Old Delhi en métro (il y a des wagons réservés aux femmes pour qu'elles ne se fassent pas importuner par les hommes). Nous avons mangé un Butter-Chicken absolument extraordinaire (poulet en sauce avec du riz et du naan), dans un boui-boui si peu reluisant que j'ai nettoyé 3 fois le goulot de ma canette de Coca avant d'oser boire. Repues, nous avons payé un cycle-rickshaw pour une visite du Old Market de Old Delhi : c'était incroyable, des rues entières consacrées aux étoffes, d'autres aux épices, aux perles, aux viandes, aux fruits... Il y avait une telle animation, je ne savais plus où poser les yeux! Nous nous sommes même retrouvées dans les embouteillages de Chandni Chowk, la plus célèbre rue de la ville, celle qu'on voit dans tous les reportages. Un tout petit peu cliché? C'était super car notre chauffeur nous a emmenée sur des toits surplombant une bonne partie de Old Delhi. Nous avons un peu eu peur quand on a vu où il nous emmenait, tellement le lieu était délabré et sale, mais ça n'était qu'une frayeur passagère, il voulait seulement être gentil et nous faire plaisir en nous montrant une jolie vue.

Nous sommes rentrées tôt car départ à 5H le lendemain pour la gare, direction Calcutta. J'ai passé une nuit atroce à cause de la chaleur, la chambre n'avait pas de fenêtre, le ventilateur me desséchait la gorge et notre bouteille d'eau est devenue très chaude en quelques heures. Mais je savais que je pourrai me reposer le lendemain, car 24H de train nous attendaient. Mais je me trompais... A suivre.
Rendez-vous sur Hellocoton !

mercredi 1 juin 2011

Episode 2 : Atterrissage dans un autre monde

Je suis dans un tel déphasage que je n'arrive pas à écrire. Je ne sais pas par où commencer, pourtant j'ai des millions de choses à raconter. Mais depuis mon retour, je me délecte tellement de petites choses que je retrouve, qu'il est difficile de me replonger dans l'Aventure en entier. J'ai l'impression d'être revenue d'un monde lointain et différent, d'une autre planète. Une planète où on se fiche de dormir à côté d'un cafard gros comme une barre de céréales ; où l'on fait ses besoins juste là, parce qu'on en a envie, devant tout le monde sur un monceau d'ordures, en relevant son pagne et en s'accroupissant ; où le lait qu'on me donne pour mon thé est un vague lait de chèvre coupé avec de l'eau et d'une couleur douteuse dans un pot crasseux.
Tout est différent. La relation au corps, à la nourriture, à l'environnement, aux autres. Je me suis sentie comme un Alien, déjà parce que nous étions deux "blanches", on nous regardait en nous dévisageant comme des bêtes étranges. A croire qu'ils n'avaient jamais vu d'Occidentaux de leur vie, pourtant nous sommes allées dans des endroits plutôt touristiques. En plus, rien n'était à ma taille. Je ne suis pas une géante (1m70) mais les indiens et les népalais sont de petite stature pour la plupart, alors je me suis un peu sentie disproportionnée : les tables étaient trop basses, il n'y avait pas de place pour mes jambes dans les bus (quand on a 13h de bus, c'est un peu gênant), et je me cognais souvent la tête. Même Chat, qui est un petit bout, était plus grande que bien des femmes et des hommes.
 Leur mode de vie est très communautaire, même quand ils ne se connaissent pas ils se parlent comme s'ils étaient des amis d'enfance, ils dorment à 3 inconnus sur la même couchette de train sans rechigner. Dans un certain sens, c'est bien plus agréable que notre individualisme extrême et notre horreur du contact avec les autres. On nous a beaucoup accostées, pour nous demander d'où on venait, depuis quand on était là, où on irait ensuite. Très sympa, mais cela allait toujours trop loin : ils voulaient notre adresse en France (?), faisaient les rabatteurs pour toucher une commission si nous allions dans tel hôtel, tel resto, telle boutique. Le plus rigolo, c'est qu'ils sont incroyablement curieux. Si vous cherchez quelque chose sur votre plan ou que vous regardez une photo sur votre appareil, soyez certain que quelqu'un regarde par dessus votre épaule. Si vous demandez votre chemin ou que vous négociez le prix d'une course en rickshaw, une nuée de gens vous encercleront, juste pour écouter même s'ils ne comprennent pas, et pour savoir où vous allez. Les chauffeurs se disaient systématiquement où ils nous emmenaient, juste par curiosité. En plus, ils adoraient nous prendre en photo : notre tête est certainement dans les photos de centaines de gens. Le plus impressionnant est de constater que l'Inde (ce qui est moins vrai pour le Népal), est un monde d'hommes. On voit très peu de femmes. Cela m'a marquée.
C'est une autre culture, et bien que cela soit très différent de ce dont nous avons l'habitude, c'est passionnant de voir le mode de vie d'autres populations, d'autres gens. Et d'accepter de renoncer à des choses pour apprendre à vivre différemment.


Une des premières choses que j'ai faite en arrivant en France samedi a été de boire un thé "Marco Polo" de chez Mariage, avec du bon lait. Quel délice. Depuis hier, je suis à la mer avec mon Prince Charmant, et j'ai acheté des fruits et des légumes par paniers entiers : qu'est-ce que ça m'a manqué! (oui, je n'ai pris aucun risque là-bas, résultat je n'ai pas été malade!) Je prend donc le temps de profiter de ce que j'aime avant de vous donner plus de détails, mais promis, ça viendra bientôt!
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 29 mai 2011

Episode 1 : De retour!

On dit souvent que l'Inde, soit on aime soit on déteste. Je ne suis pas du tout d'accord! Je pense que l'Inde, on l'aime ET on la déteste. Mon Aventure était incroyable : géniale et cauchemardesque à la fois! Certaines situations étaient un véritable enfer, mais quelle chance de vivre tout ça! Je disais dans un précédent article ce que j'attendais de ce voyage : "Se libérer du connu c'est mourir, et alors on vit". En ce qui me concerne, je crois que cela signifie que je vais pouvoir désormais vivre ma vie (connue) de façon beaucoup plus sereine, avec moins d'exigences, en appréciant mieux chaque instant. Nous avons dû vivre dans des conditions tellement lointaines de ce dont on a l'habitude, que les standards (d'hygiène, d'installations, de nourriture etc.) ont dû être revus très à la baisse. J'ai réalisé, tous les jours, à quel point j'ai la chance d'avoir une vie si libre. Un homme nous en a fait la remarque dans un train : une indienne ne se déplace pas seule, elle n'est pas libre et nous avons de la chance de faire un tel voyage. Diverses choses se sont révélées très précieuses car je ne les avais plus près de moi : certaines personnes, certaines choses à manger ou boire, certains éléments de confort. Je pense que ce voyage fou m'a changée, car j'ai dépassé de nombreuses limites : je sais désormais que je suis capable de dormir  par terre, toute seule dans un aéroport glacial, de me doucher à l'eau froide, dans une salle de bain où se promènent des cafards, de voir une souris passer dans un resto et de trouver ça normal... Je pense qu'une telle expérience est très importante pour apprécier encore plus les choses qu'on croit acquises. 
J'ai adoré ce voyage improbable, je ris déjà de choses qui, sur le moment, nous ont fait pleurer tellement on n'en pouvait plus. Tout était si différent de ce qu'on connait: prendre le métro, ou acheter un ticket est, là-bas, une véritable aventure! Entre le Népal et l'Inde du Nord, il y a beaucoup de différences culturelles, alors imaginez le fossé avec nous...
Je ne me suis jamais sentie si étrangère, car tout le monde dévisageait ces deux blanches comme si nous avions un bras qui nous poussait au milieux de la figure! Et en même temps, je ne me suis pas sentie en territoire inconnu, j'ai immédiatement eu l'impression d'avoir toujours connu un tel environnement. Chat m'avait prévenue que je risquais d'être choquée par la misère, la pauvreté, la saleté et les odeurs, mais étrangement j'ai été étonnée, mais pas choquée ni horrifiée, j'ai tout accueilli en brut. L'Inde et le Népal sont des pays de contraires : repoussants et attirants, beaux et laids, complexe et simple.

J'ai tellement de choses à dire, de situations rocambolesques à raconter! Je ne sais même pas par où commencer! En attendant les prochains épisodes, voila un petit aperçu :

- 18 jours
- 2 pays
- 12 lieux
- 8 hôtels
- 48h de train
- 23h de bus
- 15h de taxi

A suivre...
Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 6 mai 2011

Je suis venue te dire que je m'en vais

Ça devait arriver. C'était prévu d'avance. L'Aventure commence. Elle avait déjà un peu commencé quand Chat m'a dit qu'elle partait étudier là-bas. Puis l'Aventure a fait un pas de plus le 30 janvier, quand j'ai acheté mes billets d'avion pour y aller. Mais là, elle a fait un grand saut et je suis en plein dedans : mon sac de routard est presque prêt, mon bob un peu ridicule me fait de l'oeil et m'attend impatiemment.
A la demande de Mamzelle carnet0,  je vais me projeter encore plus dans l'Aventure pour vous entraîner un peu en Inde et au Népal avec moi.
Pour mon sac, j'ai reçu de précieux conseils de KristalClear, qui prépare elle-même son voyage en Indonésie. J'ai aussi pu commencer à rêver grâce à aZZed et son récit de voyage thaïlandais, et à Chouyo, qui s'est installée à Bombay. Et pour moi, le GRAND DEPART, c'est dans 3 jours (Déjà ?! )
L'Aventure n'en serait pas une, si je connaissais le planning par coeur, d'ailleurs ça ne serait pas drôle. Mais je connais les grandes étapes du périple. Le reste, je le laisse aux bons soins de Chat, et de l'Inconnu. Là est toute la magie.
Arrivée à Delhi très, très tôt, Chat viendra me chercher (On ne s'est pas vues depuis le 1er janvier, et elle m'a manqué !) pour une première journée dans la ville. Et dès le lendemain, en route pour Calcutta. C'est très rapide pour s'y rendre...seulement 24H de train! Après quelques jours sur place, prochaine étape : Darjeeling, ville du Bengale! Peut-être verrons-nous des tigres ? Mais surtout, mes papilles frétillent d'avance de plaisir à l'idée d'aller dans cet endroit sacré du thé. Oui, je suis une adepte du thé, un peu comme MagicAlice, et je ne jure que par cela.

La suite ? Traversée de la frontière népalaise, pour rejoindre Katmandu, petit à petit, peut-être en s'arrêtant un peu dans des fermes de l’Himalaya, qui sait ? D'ailleurs, le 17 mai aura lieu une grande fête bouddhiste : Buddha Purnima, qui célèbre la naissance, l'éveil et la mort de Buddha. Où serons-nous ce jour-là ?
Enfin, nous avons prévu d'aller dans une réserve népalaise pour voir des éléphants (il parait qu'on peut se baigner avec eux, n'est-ce pas absolument incroyable ?! ) Le reste, et bien, il viendra à nous!

Me voila donc en train de finir de boucler mes affaires toulousaines, de récurer mon appartement que j'abandonne, de finaliser mes petits achats indispensables, de profiter de mon Prince, et lundi, mesdames et messieurs, attachez bien vos ceintures pour se préparer au décollage. L'Aventure commence.
Source images : Weheartit
Rendez-vous sur Hellocoton !

mercredi 4 mai 2011

Légèreté

Qui eut cru que la nudité et le vide d'un appartement pourraient apporter tant de bien-être, de calme, de délassement? Certainement pas moi! J'ai toujours aimé les pièces qui regorgent de tissus, de bouquins, de couvertures et autres fauteuils. Les pièces chaleureuses,  comme des "cocons". Mais là, je vis avec le nécessaire, le soleil rentre, brut et chaud, et illumine la pièce comme jamais.

J'ai l'impression de me débarrasser de ma mue, de faire peau neuve. Je suis prête pour de nouveaux défis, de nouveaux challenges. Avant ça, j'ai besoin d'une phase de transition. Du calme, de la sagesse, de l'inconnu et de l'intemporalité, encore. Quelle incroyable chance j'ai de pouvoir partir, j'en ai conscience! C'est exactement ce dont j'ai besoin, au bon moment. Et quelle excellente nouvelle : je m'envole pour l'Inde dans 5 jours!
Source image: Weheartit
Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 2 mai 2011

Débauche, Gloire et Beauté

Voilà en 3 mots un résumé de mon week-end. J’avais promis de raconter pourquoi je me devais de quitter mon coin de paradis à peine 48h après mon arrivée. Et bien vous allez comprendre où j’étais depuis 3 jours.

La débauche ? J’étais sur une île avec un peu moins de 1000 étudiants. Fête, alcool à flot, musique électro et que sais-je, non-stop et très, très fort. Donc je vous laisse imaginer le champ de possibilités d’activités qui s’offrait alors. C’est pour cet aspect-là que je redoutais ce WE depuis des semaines, car ce n’est pas exactement l’univers où je me sens le plus à l’aise.

La beauté ? Parce que nous étions sur une ravissante île au large de la côte varoise : l’Ile des Embiez. Le soleil était au beau fixe (j’ai encore pris un vilain coup de soleil), il y avait un tas de petites criques toutes plus jolies les unes que les autres, avec du sable blanc, des rochers de basalte et des parterres sauvages de plantes grasses fleuries. L’eau était fraîche mais pure (enfin, on en avait l’impression) et les chemins invitaient à des promenades agréables en pleine nature. Le panorama étais à couper le souffle, avec des très belles couleurs et une lumière magique.

Et enfin, la gloire ? Alors, il va falloir reprendre depuis le début, parce que je n’ai toujours pas expliqué ce que je faisais là. Je ne l’ai peut-être pas encore dit, mais je suis dans une Junior-Entreprise (kézako ? Allez voir ici !) depuis 2 ans, et mon mandat se termine dans quelques semaines. Le mouvement des J.E représente environ 2 000 étudiants en France, des énormes partenaires, plus de 150 structures. Et tous les 6 mois, nous avons des congrès. Donc j’étais au congrès national d’Eté, sur cette île de rêve. Au programme (outre la débauche et la beauté), des formations, rencontres et échanges avec d’autres Juniors, des entreprises etc. Mais surtout, c’est le moment de remise des prix divers pour lesquels nous pouvons participer tous les ans. Outre le label entrepreneur que nous avons gagné (une grande 1ère pour nous !) parmi les 5 labels, nous avons gagné le Prix d’Excellence, la plus haute qualification du mouvement. Nous sommes donc propulsés au sommet, en ayant des concurrents de très haut niveau, alors nous étions 30 places plus loin il y a à peine deux ans. 
Un beau cadeau de départ pour l’équipe. 

Un Week-end dont je me souviendrai longtemps en tout cas! 
Source images: Weheartit
Rendez-vous sur Hellocoton !